le 13 novembre 1771 Sainte Eulalie de Puyguilhem (d’Eymet)
« L’an 1771 le 13 novembre après l’obtention d’un ban dans l’église de Massugas du diocèse de Bazas ,de St Front de Périgueux et de Sainte Eulalie du diocèse de Sarlat, messire Pierre Henry Dupuch chevalier et coseigneur de la noble maison de Cambes, chevalier de l’ordre royal militaire de St Louis de la paroisse de Massugas diocèse de Bazas et ancien capitaine au régiment royal de cavalerie, fils naturel et légitime de messire Jacques Dupüs vivant chevalier seigneur de la maison noble de Pailhas et autres lieux, chevalier de l’ordre royal et militaire de St Louis et lieutenant colonel d’infanterie, et de Dame Anne Rabar habitant de la maison noble de Pailhas paroisse de Massugas du diocèse de Bazas d’une part
Demoiselle Jacqueline Delpy de St Geyrac fille naturelle et légitime de Messire GuillaumeDelpy, chevalier, Seigneur de St Geyrac ….Lagelie et autres lieux et dame Marie Hélène de Monier, habitant de la noble maison de Gorce (Gorsse) paroisse de Sainte Eulalie ( d’Eymet), juridiction de Gorsse d’autre part,
Vus les dispenses des deux bans accordées par Monseigneur l’évêque de Bazas en date du 25 septembre de la même année et celle accordée par l’évêque de Périgueux en date du 4 de ce mois dispense et permissions de célébrer le présent mariage dans la chapelle du château de Gorsse, accordée par Monseigneur l’évêque de Sarlat en date du 5 du présent mois et autre cérémonie suivant l’usage du diocèse ,Messire François Delpy de St Geyrac, prêtre, docteur de Sorbonne chanoine Archidiacre de l’église cathédrale de Périgueux, vicaire général et officiel du diocèse de Périgueux et abbé commendataire de l’abbaye royale de St Cibar diocèse d’Angoulème , a imposé la bénédiction nuptiale aux parties cy dessus énoncées-en présence de Alexandre Jaques Dupuch chevalier frère ainé dudit Seigneur époux et Seigneur des maisons nobles de Paillas et de ….. habitant ladite maison noble de Paillas, paroisse de Massugas en Bazadais
de messire César Victor Dupuch chevalier de l’ordre royal militaire de St Louis ancien capitaine du régiment de ……
de messire Joseph Victor Dupuch chevalier major d’infanterie chevalier de l’ordre Royal et militaire de St Louis, frère dudit seigneur époux
de messire Guillaume Delpy seigneur de Saint Geyrac…… et Lagelie père de ladite épouse Dame Dupuch
de messire Jean de Chillaud chevalier seigneur comte de Soumensac et de Gorce y habitant
de messire François Delpy de St Geyrac chevalier lieutenant au régiment de Béarn infanterie, frère de la dame épouse
les quels dits seigneurs et dame ont signe avec nous l’abbé de St Geyrac .
suivent les signatures : L’abbé de Saint Geyrac pour avoir fait le mariage, Delpy de Saint Geyrac épouse, De Puch, De Puch, Chillaud de Soumensac »
Image mise en avant : opposition de Jacqueline au mariage de sa fille AD 5 U61
Elle est née le 21 avril 1775 à Sainte-Eulalie-d’Eymet (Dordogne). Elle est décédée le 25 novembre 1843 à Lacropte (Dordogne), à l’âge de 68 ans.
Elle est la fille légitime de Pierre Henry, âgé de 47 ans, et de Jacqueline, âgée de 29 ans.
Voici la transcription de son acte de naissance : « Le 21 avril 1775 est née à Gorse présente paroisse Marie Hélène Françoise Elisabet Marthe De Puch de Pailhas fille naturelle et légitime de messire Pierre Henry De Puch chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis et de Dame Jacqueline Delpy de Saint Geyrac habitant le château de Gorse.
Son parrain a été Jean Gentilh domestique à Gorse
Sa marraine Marthe Laperche fille de chambre de madame de Puch habitant au château
Le parrain et la marraine n’ont signé pour ne savoir«
Voici les parrains et marraines des autres enfants
Guilhaume né en 1772
Parrain : Guilhaume Delpy chevalier seigneur de Saint Geyrac représenté par Messire Jean Chillaud comte de Soumensac ancien conseiller au parlement de Bordeaux
marraine : Dame Anne de Rabar représentée par Jeanne Talbot De Puch
Jacques Alexandre né en 1773
Parrain : Messire Jacques Alexandre De Puch de Pailhas ancien capitaine au régiment royal de cavalerie, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis
Marraine : Madame de Mosnier de Saint Geyrac
Victor César né en 1776
Parrain Messire Victor César De Puch, de Bergerac
Marraine : Jeanne Meyssès de Labrousse
Elle se marie avec Stéphane (Michel ) LANTOLPHE le 29 mai 1798 à Sainte-Eulalie-d’Eymet (Dordogne).
Le futur âgé de 29 ans est fils de Georges et de Marie Amelin, natif du bourg de Ransdel en Bavière, résidant dans la commune de Sainte Eulalie, canton d’Eymet depuis environ 18 mois.
Seul le père de Marie -Thérèse sera présent et les témoins des gens presque tous âgés, sans titres, « de la Commune de Soumensac département du Lot et Garonne«
Marie Thérèse a 23 ans. Cette union prend fin au bout de 8 ans et 3 mois avec un divorce, le 5 septembre 1806 à Périgueux. Ce divorce sera signifié à la mairie de Saint Geyrac et enregistré
le 12 mars 1807par Pierre Brassat Meynot, le Maire de l’époque.
Marie Thérèse vient de bénéficier de la loi sur le divorce, instaurée le 20 septembre 1792, modifiée en 1804 par le code civil.
Elle souhaite se remarier avec Léonard Brachet agriculteur à Rouffignac et ancien menuisier employé au château de Montferrier.
Léonard Brachet est né le 27 juin 1776 à Rouffignac et s’est marié en premières noces, en 1806, avec Jeanne Teyssandier (1783/1809). De cette union naît Jeanne le 15 mars 1807 à Saint Geyrac. L’acte de naissance nous précise que son père est menuisier à Montferrier. Sa femme décède le 27 septembre 1809 « à Montferrier dans la maison de madame Depuch ». Elle était sans doute la domestique des De Puch
Jacqueline De Puch s’oppose de toutes les façons possibles au remariage de sa fille….
Sous l’ancien régime les enfants de moins de 25 ans étaient obligés d’obtenir le consentement de leurs parents pour se marier. Les majeurs devaient demander leur conseil mais en cas de refus ils pouvaient passer outre.
Avec le code civil (1804), la majorité matrimoniale était fixée à 25 ans pour les garçons et 21 pour les filles. Au-delà on pouvait se marier sans autorisation parentale mais on était tenu de demander le conseil par un acte établi devant notaire pour adresser à leurs parents une « sommation respectueuse ».
Marie Thérèse a plus de 30 ans, elle s’est soumise à la sommation respectueuse le 5 décembre 1810 et l’acte est recevable. Jacqueline insiste et ne justifie son opposition que par « des considérations de convenances que le tribunal réfutera et précisera « que la loi n’indique pas comme motifs suffisants. »
Le tribunal tranche et donne l’autorisation au mariage.
pas de succès pour Jacqueline !
Marie Thérèse peut donc se marier avec Léonard BRACHET (1776‑1856), fils de Pierre (Antoine) BRACHET et de Marie BUISSON (BOUYSSOU) le 21 février 1811 à Saint-Geyrac (Dordogne). Léonard a 34 ans, il est veuf depuis 2 ans et 1 mois, et Marie -Thérèse a 35 ans.
Il est né le 12 septembre 1811 à Saint-Geyrac (Dordogne). Il est décédé le 14 novembre 1891 au Bugue (Dordogne), à l’âge de 80 ans.
Il est le fils légitime de Léonard, âgé de 35 ans, et de Marie Thérèse, âgée de 36 ans.
Marié sur le tard avec Marie ROUGIER, il meurt sans descendance.
b) Jeanne BRACHET.
Elle est née le 29 avril 1813 à Saint-Geyrac (Dordogne). Elle est décédée le 22 décembre suivant à Lauzelie ( Saint Geyrac ) où elle devait être en nourrice, à l’âge de 7 mois.
On n’entendra plus parler de Marie-Thérèse !
Sur les arbres généalogiques de Jacqueline trouvés sur Internet elle a complètement disparu, seuls figurent les trois fils.
Y a-t-il un lien avec ce divorce et ce remariage?
Devant son entêtement à persister dans son projet et la célébration du mariage en 1811, sa mère a très bien pu essayer de la déshériter, supprimer dot ou tout soutien éventuel. Les lois sur l’héritage ayant aussi changé avec le code civil elle a dû chercher toutes les possibilités pour faire disparaître toutes traces du couple Brachet-De Puch et de son petit-fils Georges.
Déshérité et bannir ses enfants la famille De Puch sait faire. Joseph Victor dernier frère de Pierre Henry né après la mort de son père en fit l’expérience. Il fit un mariage qui déplut à sa mère ; elle le déshérita autant qu’elle put et lui interdit sa résidence. S’il ne finit pas dans la misère c’est qu’il put se retirer chez son beau- père au château de Montbreton !
Pas étonnant que Jacqueline fit subir le même sort à sa fille !
Pendant des années aucune trace de Marie Thérèse et de ses descendants ni à La Douze, ni à Rouffignac !….jusqu’en 2020 !
Je localise George à l’aide de Généanet !
Voici son ace de décès.
Acte de décès de Georges
…Il correspond à celui de George, aucun autre Brachet n’étant né dans notre Commune à cette époque…On remarque que les parents ne sont pas renseignés…
D’autres recherches sur Généanet précise le lieu où je peux enfin trouver Marie Thérèse. Elle était tout simplement à Lacropte…
Nous y trouvons son acte de décès en date du 25 novembre 1843. Comme pour son fils les parents n’apparaissent pas
Léonard décède le 23 septembre 1856 à Lacropte et on a laissé un blanc pour le nom de sa femme… tout est fait pour fuir.
Voici les actes de décès de Marie Thérèse et de Léonard
Acte de décès de Marie Thérèse
Acte de décès de Léonard
Comme partout, les dénombrements de la population ne commencent qu’en 1836. A Lacropte, en 1836, nous les trouvons au village de Ronlet. George a perdu son prénom au profit de Charles, plus tard on trouvera Pierre, mais c’est lui car il n’y a eu que lui et sa sœur décédée très jeune à Saint Geyrac. Léonard y exerce son métier de menuisier.
En 1846, bien sûr Marie Thérèse décédée en 1843 n’est pas mentionnée, mais le père et le fils inscrit George sont toujours là. Léonard est noté agriculteur puis en 1851 cultivateur propriétaire et George scieur de long. On les trouve jusqu’au dénombrement de 1856, puis Léonard décède.
Georges apparaît dans des dénombrements différents :
Le Bugue en 1872
Au village de Lagarde il réside avec sa femme Marie « Rosier » âgée de 50 ans . Il a 66 ans et exerce toujours son métier de scieur de long.
Le 23 septembre 1874 Jean Perrier, 26 ans, cultivateur fils de Marie, épouse Noémie Verdon, 24 ans, servante, enfant de l’assistance. Jean est domicilié avec sa mère.
Le 8 août 1876 un fils leur naît au Bugue. Ils sont cultivateurs à la Bessade. C’est après la naissance de cet enfant qu’on les retrouve à Sarlat.
Sarlat en 1876
Georges a 72 ans, il y exerce sa profession de scieur de long et vit avec sa femme Marie Rougier. Il y a également Jean, et sa femme Noémie Verdun et son fils Jean âgé de 4 mois ..
On en déduit que Georges s’est marié entre 1856 et 1872, mais on ne sait pas où, rien à Sarlat, rien à Lacropte, rien à Saint Pierre, rien au Bugue …
Le Bugue en 1891
Il est avec sa femme. Il y décède la même année.
Qui est Marie Rougier la femme de George ?
Elle est née à Saint Pierre de Chignac le 17/02/1820 de Eymard « Rozier » et de Jeanne Decout. On trouve toute la famille sur le dénombrement de 1836, Eymard est propriétaire, et a 5 enfants : Elisabeth 24 ans, Jean 19 ans, Marie 16 ans, Jean 6 ans et Jean 3 ans.
Marie épouse en premières noces le 08/09/1844 à Saint Pierre, Jean Périer né le 26 avril 1814 à Badefols sur Dordogne, canton de Cadouin domicilié à Lacropte. Il y vit avec son père (veuf depuis 1838) et ils exercent tous les deux le métier de feuillardier.
De ce mariage naîtront trois enfants Jean (1845/1870), Jean (1847/1922), Etienne (1854/ ?).
Jean Perier (Perrier) décède à 42 ans aux Taupinies, commune de Saint Pierre de Chignac le 26 juin 1856.
Image mise en avant : signatures au bas de l’acte de naissance de Jacqueline, archives paroissiales de Saint Front.
Pour plus de détails cliquez sur les liens en bleu.
Jacqueline DELPY de SAINT GEYRAC est née le mercredi 2 mars 1746 à Périgueux – Saint-Front.
En 1877 Léo Drouyn écrit un essai généalogique sur la famille de Puch où il signale que Jacqueline Delpy de Saint Geyrac est » la fille adoptive de Jean Front de Chilhaudcomte deSoumensac« .
JeanChilhaud des Fieux a épousé Marie Benoite de Mosnier, la sœur de la mère de Jacqueline Delpy de Saint Geyrac. Il est l’héritier d’une tante, une des trois sœurs Bacalan, sous condition d’une descendance. Pour conserver l’héritage Bacalan Jean Chilhaud des Fieux, sans descendance, adopte sa nièce.
Elle se marie avec Pierre Henry DE PUCH SEIGNEUR de LA MOTTE de CAMBES (1727‑1803), écuyer, fils de Jacques FORT de PUCH de PAILHAS, CHEVALIER, SEIGNEUR de PAILHAS, LA MOTTE de CAMBES, de GENSAC (1692‑) et d’Anne de RABAR.
Le mariage a lieu le le mercredi 13 novembre 1771 à Sainte-Eulalie-d’Eymet (24500). C’est l’oncle de Jacqueline, François abbé de Saint Cybar qui les unit dans la chapelle du château de Gorse paroisse de Sainte Eulalie de Puyguilhem devenue Commune de Sainte Eulalie d’Eymet. Il y a un contrat de mariage passé le 12 novembre 1771 devant Maitre Boissière.
En mars 1789 Pierre Henry De Puch comte de Soumensac figura à l’Assemblée de la noblesse de la sénéchaussée de l’Agenais, puis il ne siégea plus et fut remplacé par François de Cours seigneur de Malromé.
La famille De Puch
(Du Püs, de Püs, du Puch, Depuch, Dupuch)
Par commodité on gardera De Puch
C’est une des plus anciennes familles de la Province de Guyenne. De nombreuses maisons nobles lui ont appartenu depuis le XIIIème et elle a participé à de nombreux évènements .Elle a tissé des alliances par ses mariages, avec une bonne partie de la noblesse.
Jacqueline épouse Pierre Henry De Puch qui est un des derniers membres de la famille historique. Il serait le chef de la branche De Puch de Gorse. Son mariage avec Jacqueline lui permettra d’ajouter de Gorse et comte de Soumensac grâce à l’adoption de sa femme.
Pierre Henry De Puch, comte de Soumensac, écuyer seigneur de Pailhas, co-seigneur de la maison noble de Barrau, la Motte de Cambes, la Tour de Fargues, la Loubenne, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis, fut capitaine au régiment royal de cavalerie.
Il est né le 17 septembre 1727 à Massugas (diocèse de Bazas) et a eu pour parrain Pierre Rabar écuyer et pour marraine Henriette Judith De Puch. Il est décédé le 8 floréal an XI ( 28 avril 1803) au château de Gorce. Son acte de décès nous indique qu’il est militaire âgé de 77 ans.
Jacqueline et la Révolutionou le vent de la guillotine…
A la Révolution l’hôtel particulier de Périgueux sera confisqué et vendu par la nation le 9 messidor an II (27 juin 1794) à Antoine Germillac, officier de santé (comme Léonard Gaillard Lacombe qui acheta le château en 1813)
La prison à Bordeaux
Est-ce pour cette raison que Jacqueline, son mari et leur fille furent accusés de « fanatisme » et arrêtés sur ordre du Comité de Sainte Foy ? Le régime de la terreur instauré par Robespierre est bien installé depuis 1793.
Avaient ils manifesté leur réprobation à cet acte de vente avec trop de force et sans se méfier des conséquences ? Furent ils dénoncés par des « Sans-culotte » au Comité de Bergerac qui transmit à Sainte Foy la Grande ?
Ils furent transférés à Bordeaux et écroués aux Orphelines le 10 thermidor an II (25 juillet 1794)
La fin de la Terreur leur sera profitable et ils seront remis en liberté le 26 frimaire an III (16 décembre 1794) par ordre du conventionnel Pardoux Bordas.
le 28 juillet 1794 chute de Robespierre. Nous sommes sous la législature de la Convention. Pardoux Bordas est député et il en est le secrétaire depuis le 29 juin, particulièrement actif sur les questions des finances et des biens des émigrés. Un décret du 19 novembre de la même année l’envoya en mission en Charente en Gironde et en Dordogne. Il quitta Paris le 21 novembre 1794 et rentra le 26 mars 1795. En Gironde et en Dordogne il réorganisa les tribunaux.
Il n’y a pas eu de procès comme pour Joseph Lacoste-Lagélie qui comparut pour avoir tenu des propos contre-révolutionnaires le 15 vendémiaire an III .Accusé à tort le Tribunal l’acquitte et lui rend sa liberté . Jugement du premier ventôse an II découvert dans « la gazette des nouveaux tribunaux de janvier à mai 1795, tome XII, section tribunal révolutionnaire ». Joseph Lacoste-Lagélie sera le Maire de Saint Félix de Reilhac.
Pas de trace d’un procès pour Jacqueline et sa famille.
On imagine leur détention, leurs craintes …..quand on sait que 6 députés sur 12 de la Gironde seront exécutés : 5 le 31 octobre 1793, 1 le 21 décembre de la même année (les députés guillotinés n’ont pas été remplacés).
Pardoux Bordas Franc-Maçon actif est peut-être intervenu en mémoire du père de Jacqueline ?
Le 18 ventôse an X (9 mars 1802) désignation de Jean Elie Albucher Laguerie habitant de La Douze pour estimer les biens. Le 21 ventôse an X (12 mars 1802) estimation des biens.
Après de sérieux démêlés avec sa fille elle vendra le château en 1813. Jacqueline Delpy de Saint Geyrac veuve Dupuch est décédée en 1827, à l’âge de 80 ans.
Leurs enfants sont tous née au Château de Gorce
1) Guillaume Jean Anne Jeanne (Antoine) DE PUCH
Il est né le 27 août 1772 à Sainte-Eulalie-d’Eymet (Dordogne).
Le père est noté : ancien capitaine au régiment royal de cavalerie, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint Louis.
parrain : messire Guillaume Delpy, chevalier, seigneur de Saint Geyrac représenté par Jean de Chilhaud comte de Soumensac, ancien Conseiller au parlement de Bordeaux marraine : Dame Anne de Rabar représentée par Jeanne Talbot de Puch
Il se marie avec une demoiselle de MAGARDAN.
2) Jacques Alexandre DE PUCH de GENSAC, auteur de la BRANCHE AINÉE
Image mise en avant : Fichier Bossu de la BNF : fiche d’appartenance maçonnique de Guillaume Delpy de Saint Geyrac
Officier du régiment de Beaujolais.
Il est né le 31 mai 1714 à Périgueux, Saint-Front.
« son parrain : Jacques de Labrousse écuyer, vérificateur pour le diocèse de Sarlat, subdélégué de l’Intendant de Bordeaux a tenu à sa place Jacques Delpy seigneur de Saint Geyrac ,receveur des tailles de Périgueux.(son grand-père) sa marraine : Magdeleine Lacoste épouse du Seigneur de Saint Geyrac ( sa grand-mère) et a tenu à sa place Anne de Salleton dame Delpy de la Roche. »
Il se marie avec Marguerite Hélène de MOSNIER, fille de Jean de MOSNIER et de Marie CHILHAUD DES FIEUX, le samedi 6 mars 1745 à Bordeaux (33000) – Sainte Croix.
Guillaume est noté dans la promesse de mariage enregistrée le 4 mars 1745 « seigneur de Saint Geyrac coseigneur de Rouffignac »
Sur l’acte de mariage on peut remarquer la présence de « Jean de Chillaud des Fieux chevalier seigneur comte de Soumensac conseiller au Parlement de Bordeaux »
Marguerite est veuve d’Ardoin de Ségur Montal (assez difficile à déchiffrer). Elle est fille de Jean de Mosnier conseiller au parlement de Bordeaux X en 1710 avec Marie de Chilhaud des Fieux .
Marie est la fille de Jean de Chilhaud des Fieux, chevalier (°1660), seigneur de Parenchères et de Marie-Esther Richard (ou Pichard).
C’est une famille ancienne du Périgord, anoblie en 1584, maintenue en 1666 et en 1698. Les membres portent les titres de comte, baron, seigneur de….et surtout habitent le château de Gorsse (Gorce) dans la paroisse de Sainte Eulalie de Puyguilhem aujourd’hui Sainte Eulalie d’Eymet. Le château n’existe plus.
En 1877 Léo Drouyn écrit un essai généalogique sur la famille de Puch, famille dans laquelle la fille de Guillaume et de Madeleine entrera par mariage le 13/11/1771 justement dans la chapelle du château de Gorce. Il écrit même que Jacqueline Delpy de Saint Geyrac était « la fille adoptive de Jean Front (j’ai aussi trouvé Fronton) de Chilhaud comte de Soumensac » ! Probablement celui présent au mariage de ses parents
Dans « Périgord des nobles Bourgeois au XVIIIème » de Gontran du Mas des Bourboux, on peut lire :
« Delpy de Saint Geyrac, renonciation à la bourgeoisie de Périgueux le 29 juillet 1735 ; SR 1775«
SR = service du roi. Il était militaire C’est peut-être une indication qui nous permet de dire qu’il était dans le deuxième régiment de Beaujolais de 1768 à 1791.
Guillaume Delpy de Saint Geyrac et la Révolution
Le XVIIIème siècle que Guillaume traversa presque entièrement puisqu’il naquit en 1714 et mourut en 1792, est appelé siècle des lumières.
Ce fut un siècle de grande curiosité scientifique. Sous l’influence des écrits des philosophes Montesquieu, Rousseau, Voltaire, des idées nouvelles se répandirent parmi la noblesse « éclairée » et la bourgeoisie. A Périgueux se développèrent à partir de 1761 plusieurs loges maçonniques. De 1781 à 1789 on en comptait trois.
Guillaume Delpy de Saint Geyrac fit partie de ‘l’Anglaise de l’Amitié » et figure dans le tableau en 1774. On y apprend qu’il s’est retiré sur ses terres.
En 1782, afin de rassembler les anciens militaires périgourdins et les officiers il fonda avec d’autres nobles officiers la loge du « Point de Réunion ». Il figure dans le tableau accompagnant la demande de constitution de la loge : « Guillaume Delpy de Saint Geyrac, ancien officier du régiment de Beaujolais, affilié à la loge «l’ Anglaise de l’Amitié » »
Cette loge aura beaucoup de mal à s’installer puis à fonctionner. Elle cessera toute activité en 1786. Et notre Delpy aussi !
Malgré son caractère humaniste cette noblesse n’acceptait que du bout des lèvres l’idéal des philosophes et faire partie de la franc-maçonnerie ne signifiait pas qu’on acceptait toutes ses valeurs à commencer par celles d’égalité et de république.
Au cours de l’automne 1789 et jusqu’en 1790 les campagnes vécurent des états de révolte en témoigne ce qu’il se passa à Saint Geyrac le 2 février 1790 jour de la Chandeleur.
La Sénéchaussée et le présidial de Périgueux sont saisis de la requête suivante : « partie publique contre des habitants accusés de transporter des armes chez différents particuliers, les mettant à contribution avec attroupement et menace d’incendie.
Voici le témoignage de Paignon et Martin, les deux brigadiers de la maréchaussée effectuant une tournée dans les parages de Saint Pierre de Chignac : « ayant appris par la voye publique….qu’il y avait dans la paroisse de Saint Geyrac, un attroupement de gens armés…nous nous sommes transportés dans la paroisse de Saint Geyrac et chemin faisant, nous avons rencontré 3 ou 4 particuliers armés de bâtons » qui s’y dirigeaient
Que s’est-il donc passé …
Le vendredi précédant la Chandeleur, 400 habitants de Plazac et Fleurac, armés de fusils, sabres et épées réunis à Rouffignac décidèrent pour le dimanche suivant de se rendre à Saint Geyrac, pour savoir si « tout était en règle et les girouettes à bas ».Le « commandant de la milice bourgeoise » prévint le curé et donna des consignes : « n’insulter personne ,n’entrer dans aucune maison »
Le groupe « 500 à 600 personnes » et le commandant arrivant au bourg, se trouvèrent en présence de Monsieur Lavidalie et du juge de Saint Geyrac, qui les dirigèrent dans un pré sans doute au-delà notre lavoir qui n’était qu’une source marécageuse, où les attendaient « 2 barriques sur une charrette et plusieurs tourtes ».
Les consignes furent respectées d’autant que les girouettes du château étaient « à bas ».Les contestataires se retirèrent après avoir constaté « devant laporte de l’église, unarbre ….baptisé mai de joy .La simme est faite en forme de potence, en y ayant attaché deux mesures de blé, la razoire, un sac, un écriteau et une plume avec cette inscription ; « quittance finale des rentes », ainsi que la girouette de Monsieur de Saint Gérat ». On invita les habitants de Saint Geyrac à venir à Milhac.
Paignon et Martin se dirigèrent alors vers Montferrier pour rendre visite à Guillaume Delpy de Saint Geyrac. Il le trouvère abattu et inquiet. Il se détendit quand les deux hommes l’assurèrent qu’ils n’avaient vu personne et qu’ils avaient constaté seulement la présence d’un mai de joy décoré. Monsieur de Saint Geyrac leur expliqua qu’il avait préféré « descendre sa girouette et renvoyer ses mesures et une barrique de vin vieux à la première demande qui lui avait été faite de tout que de s’exposer à voir son château au pillage. »
Sur le chemin du retour Paignon et Martin entendirent le tocsin sonner dans les paroisses voisines.
Le 25 ou le 26 février on revient à Saint Geyrac !!
« 600 personnes, une avant-garde d’environ 8 hommes dont 4 menuisiers leur hache sur l’épaule, tous de Rouffignac se présentèrent devant l’église pour voir si tout était dans l’ordre indiqué. Tout était en règle, il n’y avait pas de girouette sur les châteaux et maisons nobles. Le may était conforme à leur ordonnance .CommeMonsieur de Lavidalie1 et Monsieur de Saint Geyrac qui était descendu de Montferrier avaient fait mener sur la prairie 2 pièces de vin, que le curé avait fait apporter du pain » la troupe mangea. Le chef rendit visite au curé, et dîna avec lui, pour le rassurer.
Guillaume Delpy de Saint-Geyrac avait raison de s’inquiéter de ce mouvement égalitaire car il dura bien jusqu’au cours de l’été 1793. Il cessa quand la Convention décréta l’abolition totale, sans indemnité, des droits féodaux.
Guillaume Delpy mourut le 13 novembre 1792 à Saint-Geyrac, à l’âge de 78 ans.
• « « Le 13 novembre 1792 a été enterré le Citoyen Guillaume Delpy de Saint Geyrac parTerme curé de Milhac » »peut-on lire sur le registre d’état civil.
les enfants de Guillaume
Jacqueline DELPY de SAINT GEYRAC, qui suit en IV
2) Marie DELPY de SAINT GEYRAC.
Elle est née en 1747 à Saint-Geyrac (Dordogne). Elle est décédée le même jour dans la même localité, à l’âge de moins d’un an.
3) François DELPY de SAINT GEYRAC, militaire au régiment d’Agenois.
Il est né le 26 septembre 1749 à Périgueux, Saint-Front. Il est décédé le 3 novembre 1779 à Saint Domingue, à l’âge de 30 ans.
Dans l’acte de mariage de Jacqueline Delpy de Saint Geyrac sa sœur, en 1771, il est témoin et inscrit « chevalier, lieutenant au régiment de Béarn, infanterie ».
En 1779 lors de son décès il est « lieutenant au régiment d’Agenois ».
Ce régiment d’infanterie d’Agenois fut créé en 1776 à partir de deux bataillons du Régiment de Béarn.
Voici l’acte de décès de François dans la ville du Cap sur l’île de Saint Domingue.
ANOM, état civil de Saint Domingue, le Cap 1779
« Le trois novembre mil sept cent soixante et dix-neuf a été inhumé au cimetière de cette paroisse le corps de Messire François Delpy de Saint Geyrac lieutenant au Régiment d’Agenois décédé aujourd’huy, âgé d’environ trente ans né à Périgueux muni des sacrements de l’église ont été témoins…. » suivent plusieurs signatures.
Saint Domingue fut une colonie française de 1626 à 1804, date à laquelle elle devint indépendante sous le nom d’Haïti.
En 1779 (nous sommes sous Louis XVI) c’était une colonie où stationnaient d’importants régiments dont celui de François Delpy de Saint Geyrac. Le but de cette concentration était de soutenir la guerre de l’Indépendance de l’Amérique.
L’année 1779 fut particulièrement active. Le 15 août un contingent part du Cap sous les ordres du Comte Charles Henri Théodat d’Estaing (sa signature est en haut à gauche de l’acte de décès).
Le 12 septembre débarquement en Géorgie aux environs de Savannah.
Du 24 septembre au 9 octobre 1779, le contingent fait le siège de Savannah qui se solde par une défaite.
François Delpy y a-t-il participé, est-il décédé des suites de ses blessures à son retour au Cap ?
Parmi les signatures on peut aussi distinguer « De Püs », orthographe de De Puch que j’ai souvent trouvée, notamment dans l’acte de mariage de Jacqueline la sœur de François avec Pierre Henry de Puch. Est-ce un membre de cette grande et vieille famille De Puch ?
4) Jacques DELPY de SAINT GEYRAC, Chanoine en la Cathédrale Saint Front de Périgueux.
Jacques DELPY de SAINT GEYRAC voit le jour le mardi 15 décembre 1750 à Périgueux – Saint-Front. Il quitte le diocèse de Périgueux et devient, dans l’Hérault, vicaire général du diocèse de Saint Pons et abbé commendataire de Saint Chinian . La Révolution le dépossède de ses revenus. Réfractaire on le retrouve exilé en 1794 en Espagne. C’est lui qui perdra l’hôtel particulier de Périgueux. En 1811, un document des Archives de la Dordogne nous apprend qu’il est aumônier de son altesse la princesse Borghèse et qu’il habite à Paris 53 rue du Bac. Jacques DELPY de SAINT GEYRAC est décédé le jeudi 4 mai 1826, à l’âge de 75 ans, à Paris (75000) – 53 rue du Bac. Ses obsèques furent célébrées le surlendemain en l’église paroissiale de Saint Thomas d’Aquin.
Photo mise en avant: fenêtre à meneaux (Mme Galinat)
Ecole n°1
La partie Dougnac
Pour la partie Dougnac, voici son histoire rapidement : Marie Montauriol veuve Dougnac meurt à Saint Geyrac le 10 septembre 1898 et c’est son fils Léonard né le 22 juillet 1852 à Saint-Geyrac qui hérite. Cette partie de la belle et grande maison sera vendue par un descendant Paul Dougnac dans les années 1935-36 à André Auzy notre dernier Maréchal ferrant. Elle appartiendra ensuite à un couple d’anglais, les Steddon. Mr Steddon décèdera subitement et la maison sera vendue à un membre de la famille d’un habitant de notre commune.
André Auzy (1902-1979) en 1975
Ci-dessus : La maison actuelle, la partie qui appartenait à Marie est en travaux. Sur la façade le partage est apparent : c’est la gouttière.
La fenêtre à meneaux
Profitons-en pour parler de l’architecture des maisons de notre bourg, celle que nous avons actuellement s’est constituée entre la 2ème moitié du XVIIIème et le début du XXème (1750-1930). Les constructions dans le bourg, murs et toits ne peuvent pas avoir beaucoup plus de deux siècles.
Une fenêtre à meneaux date du XVIème siècle ; c’était souvent un remploi provenant de la démolition d’un château et posée après la révolution.
En revanche cette maison serait plus vieille, elle aurait probablement été la résidence du représentant du seigneur de La Douze dans la paroisse. Les fenêtres à meneaux, la mention de la porte cochère, l’épaisseur des murs dans la cour de Madame Monzie, tendraient à nous faire pencher pour cette idée. Il nous faut trouver la confirmation dans des documents !
Voici l’intérieur en 2015. On remarque à gauche le siège permettant d’observer tranquillement ce qui se passe dehors il conforte l’idée d’une maison très ancienne. Il devait y en avoir une autre sur la façade « Monribot ». Elle a été brisée et bouchée. Aujourd’hui les nouveaux propriétaires ont rendu la vie à celle de Marie Dougnac.
La voici avec ses vitraux.
Voici rapidement l’histoire de la partie Monribot.
Bertrand (dit Jean) Monribot décèdera le 12 mars 1897 à Saint Geyrac. C’est son fils Pierre °1849 époux de Marie Dupuy qui garde la propriété. Ils auront plusieurs enfants dont Justin °1886 et Marthe °1889.
Marthe épousera Jean Narci ditNarcisse Queyroy en 1911 et partira vivre à Milhac. Elle sera veuve de Guerre en 1915 et rentrera début 1916 à Saint Geyrac chez son père avec deux enfants. Au décès de son père elle héritera et laissera à son tour la propriété à son décès en 1933 à sa seule fille vivante Blanche. Blanche célibataire décèdera en 1991 sans héritiers directs. La propriété reviendra à une descendante de Justin.