III Guillaume Delpy de Saint Geyrac

Image mise en avant : Fichier Bossu de la BNF : fiche d’appartenance maçonnique de Guillaume Delpy de Saint Geyrac

Officier du régiment de Beaujolais.

Il est né le 31 mai 1714 à Périgueux, Saint-Front.

        « son parrain : Jacques de Labrousse écuyer, vérificateur pour le diocèse de Sarlat, subdélégué de l’Intendant de Bordeaux a tenu à sa place Jacques Delpy seigneur de Saint Geyrac ,receveur des tailles de Périgueux.(son grand-père)
sa marraine : Magdeleine Lacoste épouse du Seigneur de Saint Geyrac ( sa grand-mère) et a tenu à sa place Anne de Salleton dame Delpy de la Roche. »

Il se marie avec Marguerite Hélène de MOSNIER, fille de Jean de MOSNIER et de Marie CHILHAUD DES FIEUX, le samedi 6 mars 1745 à Bordeaux (33000) – Sainte Croix.

Guillaume est noté dans la promesse de mariage enregistrée le 4 mars 1745 « seigneur de Saint Geyrac coseigneur de Rouffignac »

 Sur l’acte de mariage on peut remarquer la présence de « Jean de Chillaud des Fieux chevalier seigneur comte de Soumensac conseiller au Parlement de Bordeaux »

Marguerite est veuve d’Ardoin de Ségur Montal (assez difficile à déchiffrer). Elle est fille de Jean de Mosnier conseiller au parlement de Bordeaux  X en 1710 avec Marie de Chilhaud des Fieux .

Marie est la fille de Jean de Chilhaud des Fieux, chevalier (°1660), seigneur de Parenchères et de Marie-Esther Richard (ou Pichard).

La famille de Chilhaud des Fieux et le château de Gorce

C’est une famille ancienne du Périgord, anoblie en 1584, maintenue en 1666 et en 1698. Les membres portent les titres de comte, baron, seigneur de….et surtout habitent le château de Gorsse (Gorce) dans la paroisse de Sainte Eulalie de Puyguilhem aujourd’hui Sainte Eulalie d’Eymet. Le château n’existe plus.

En 1877 Léo Drouyn écrit   un  essai généalogique sur la famille de Puch, famille dans laquelle la fille de Guillaume et de Madeleine entrera par mariage le 13/11/1771 justement dans la chapelle du château de Gorce.  Il écrit même que Jacqueline Delpy de Saint Geyrac était «  la fille adoptive de  Jean Front (j’ai aussi trouvé Fronton) de Chilhaud  comte de Soumensac » ! Probablement celui présent au mariage de ses parents

Dans «  Périgord des nobles Bourgeois au XVIIIème » de Gontran du Mas des Bourboux,  on peut lire :

« Delpy de Saint Geyrac, renonciation à la bourgeoisie de Périgueux le 29 juillet 1735 ; SR 1775« 

 SR = service du roi. Il était militaire C’est peut-être une indication qui nous permet de  dire qu’il était dans le deuxième régiment de Beaujolais de 1768 à 1791.

Guillaume Delpy de Saint Geyrac et la Révolution

Le XVIIIème siècle que Guillaume traversa presque entièrement puisqu’il naquit en 1714 et mourut en 1792, est  appelé siècle des lumières.

Ce fut un siècle de grande curiosité scientifique. Sous l’influence des écrits des philosophes Montesquieu, Rousseau, Voltaire, des idées nouvelles se répandirent parmi la noblesse « éclairée » et la bourgeoisie. A  Périgueux se développèrent à partir de 1761 plusieurs loges maçonniques. De 1781 à 1789 on en comptait trois.

Guillaume Delpy de Saint Geyrac fit partie de ‘l’Anglaise de l’Amitié » et figure dans le tableau en 1774. On y apprend qu’il s’est retiré sur ses terres.

En 1782, afin de rassembler les anciens militaires périgourdins et les officiers il fonda avec d’autres nobles officiers  la loge du « Point de Réunion ». Il figure dans le tableau accompagnant la demande de constitution de la loge : « Guillaume Delpy de Saint Geyrac, ancien officier du régiment de Beaujolais, affilié à la loge  «l’ Anglaise de l’Amitié » »

Cette loge aura beaucoup de mal à s’installer puis à fonctionner. Elle cessera toute activité en 1786.  Et notre Delpy aussi !

Malgré son caractère humaniste cette noblesse n’acceptait que du bout des lèvres l’idéal des philosophes et faire partie de la franc-maçonnerie ne signifiait pas qu’on acceptait  toutes ses valeurs à commencer par celles d’égalité et  de république.

Au cours de l’automne 1789 et jusqu’en 1790 les campagnes vécurent des états de révolte en témoigne ce qu’il se passa à Saint Geyrac le 2 février 1790 jour de la Chandeleur.

La Sénéchaussée et le présidial de Périgueux sont saisis de la requête suivante : «  partie publique contre des habitants accusés de transporter des armes  chez différents particuliers, les mettant à contribution avec attroupement et menace d’incendie. 

Voici le témoignage de  Paignon et  Martin, les deux brigadiers de la maréchaussée  effectuant une tournée dans les parages de Saint Pierre de Chignac : « ayant appris par la voye publique….qu’il y avait dans la paroisse de Saint Geyrac, un attroupement de gens armés…nous nous sommes  transportés dans la paroisse de Saint Geyrac et chemin faisant, nous avons rencontré 3 ou 4 particuliers  armés de bâtons »  qui s’y dirigeaient

Que s’est-il donc passé …

Le vendredi  précédant la Chandeleur, 400 habitants de Plazac et Fleurac, armés de fusils, sabres et épées  réunis à Rouffignac décidèrent pour le dimanche suivant de se rendre à Saint Geyrac, pour savoir si « tout était en règle et les girouettes à bas ».Le « commandant de la milice bourgeoise » prévint le curé et  donna des consignes : « n’insulter personne ,n’entrer dans aucune maison »

Le groupe « 500 à 600 personnes » et le commandant arrivant au bourg, se trouvèrent en présence de Monsieur Lavidalie et du juge de Saint Geyrac, qui les dirigèrent dans un pré  sans doute au-delà  notre lavoir qui n’était qu’une source marécageuse,  où les attendaient  « 2 barriques sur une charrette et plusieurs tourtes ».

Les consignes furent respectées d’autant que les girouettes du château étaient « à bas ».Les contestataires se retirèrent  après avoir constaté « devant la porte de l’église, un arbre ….baptisé mai de joy .La simme est faite en forme de potence, en y ayant attaché deux mesures de blé, la razoire, un sac, un  écriteau et une plume avec cette inscription ; « quittance finale des rentes », ainsi que la girouette de Monsieur de Saint Gérat ». On invita les habitants de Saint  Geyrac à venir à Milhac.

Paignon et Martin se dirigèrent  alors vers Montferrier pour rendre visite à Guillaume Delpy de Saint Geyrac. Il le trouvère abattu et inquiet. Il se détendit quand les deux hommes l’assurèrent qu’ils n’avaient vu personne et qu’ils avaient constaté seulement la présence d’un  mai de joy décoré. Monsieur de Saint Geyrac leur expliqua qu’il avait préféré «  descendre sa girouette et renvoyer ses mesures et une barrique de vin vieux  à la première demande qui lui avait été faite de tout  que de s’exposer  à voir son château au pillage. »

Sur le chemin du retour  Paignon et Martin entendirent le tocsin  sonner dans les paroisses voisines.

Le 25 ou le 26 février on revient à Saint Geyrac !!

            « 600 personnes, une avant-garde d’environ 8 hommes dont 4 menuisiers leur hache sur l’épaule, tous de Rouffignac se présentèrent devant l’église pour voir si tout était dans l’ordre indiqué. Tout était en règle, il n’y avait pas de girouette sur les châteaux et maisons nobles. Le may était conforme à leur ordonnance .Comme Monsieur de Lavidalie1 et Monsieur de Saint Geyrac  qui était descendu de Montferrier  avaient fait mener sur la prairie 2 pièces de vin, que le curé avait fait apporter du pain » la troupe mangea. Le chef rendit visite au curé, et dîna avec lui, pour le rassurer.

1 François Reynaud Sieur de La Vidalie, Sieur de Giverzat

            Guillaume Delpy de Saint-Geyrac  avait raison de s’inquiéter de ce mouvement égalitaire car il  dura bien jusqu’au cours de l’été 1793. Il cessa  quand la Convention décréta l’abolition totale, sans indemnité, des droits féodaux.

Guillaume Delpy mourut le 13 novembre 1792 à Saint-Geyrac, à l’âge de 78 ans.

   • « « Le 13 novembre 1792 a été enterré le Citoyen Guillaume Delpy de Saint Geyrac par Terme curé de Milhac » »peut-on lire sur le registre d’état civil.

les enfants de Guillaume

  1. Jacqueline DELPY de SAINT GEYRAC, qui suit en IV

2) Marie DELPY de SAINT GEYRAC.

Elle est née en 1747 à Saint-Geyrac (Dordogne). Elle est décédée le même jour dans la même localité, à l’âge de moins d’un an.

    3) François DELPY de SAINT GEYRAC, militaire au régiment d’Agenois.

Il est né le 26 septembre 1749 à Périgueux, Saint-Front. Il est décédé le 3 novembre 1779 à Saint Domingue, à l’âge de 30 ans.

Dans l’acte de mariage de Jacqueline Delpy de Saint Geyrac sa sœur, en 1771, il est témoin et inscrit « chevalier, lieutenant au régiment de Béarn, infanterie ».

En 1779 lors de son décès il est « lieutenant au régiment d’Agenois ».

Ce régiment d’infanterie  d’Agenois fut créé en 1776  à partir de deux bataillons du Régiment de Béarn.

Voici l’acte de décès de François dans la ville du Cap sur l’île  de Saint Domingue.

ANOM, état civil de Saint Domingue, le Cap 1779

« Le trois novembre mil sept cent soixante et dix-neuf a été inhumé au cimetière de cette paroisse le corps de Messire François Delpy de Saint Geyrac lieutenant au Régiment d’Agenois décédé aujourd’huy, âgé d’environ trente ans né à Périgueux muni des sacrements de l’église ont été témoins…. » suivent plusieurs signatures.

Saint Domingue fut  une colonie française de 1626 à 1804, date à laquelle elle devint indépendante sous le nom d’Haïti.

 En 1779 (nous sommes sous Louis XVI)  c’était  une colonie où stationnaient d’importants régiments dont celui de François Delpy de Saint Geyrac. Le but de cette concentration était de soutenir la guerre de l’Indépendance de l’Amérique.

 L’année 1779 fut particulièrement active. Le 15 août un contingent part du Cap sous les ordres du Comte Charles Henri Théodat d’Estaing (sa signature est en haut à gauche de l’acte de décès).

Le 12 septembre débarquement en Géorgie  aux environs de Savannah.

Du 24 septembre au 9 octobre 1779, le contingent fait le siège de Savannah qui se solde par une défaite.

François Delpy y a-t-il participé, est-il décédé des suites de ses blessures à son retour au Cap ?

Parmi les signatures on peut aussi distinguer  « De Püs », orthographe de De Puch que j’ai souvent trouvée, notamment dans l’acte de mariage de Jacqueline la sœur de François avec Pierre Henry de Puch. Est-ce un membre de cette grande et vieille famille De Puch ?

       

        4) Jacques DELPY de SAINT GEYRAC, Chanoine en la Cathédrale Saint Front de Périgueux.

        Jacques DELPY de SAINT GEYRAC voit le jour le mardi 15 décembre 1750 à Périgueux – Saint-Front.  Il quitte le diocèse de Périgueux et devient, dans l’Hérault, vicaire général du diocèse de Saint Pons  et abbé commendataire de Saint Chinian .  La Révolution le dépossède de ses revenus.  Réfractaire on le retrouve exilé en 1794 en Espagne. C’est lui qui perdra l’hôtel particulier de Périgueux.  En 1811, un document des Archives de la Dordogne nous apprend qu’il est aumônier de son altesse la princesse Borghèse et qu’il habite à Paris 53 rue du Bac. Jacques DELPY de SAINT GEYRAC est décédé le jeudi 4 mai 1826, à l’âge de 75 ans, à Paris (75000) – 53 rue du Bac.  Ses obsèques furent célébrées le surlendemain en l’église paroissiale de Saint Thomas d’Aquin.

     5) François DELPY de SAINT GEYRAC.

Il est né en 1755 à Périgueux, Saint-Front.

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