Les transformations de la société 1789-1815

Image mise en avant : déclaration des droits de l’homme et du citoyen

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Sous la monarchie, le Roi de droit divin exerce un pouvoir absolu sur ses sujets. La société est représentée par trois ordres qui sont complémentaires. Pour faire simple on peut les classer ainsi : 1 Le clergé avec ses moines qui prient, 2 la noblesse avec ses chevaliers qui combattent, 3 Le tiers état avec ses paysans qui travaillent.

L’appartenance au Clergé et à la Noblesse est soumise à des rites : ordination pour l’un, adoubement pour l’autre. Ces deux ordres ont des fonctions de service public onéreuses : culte, état civil, écoles, hôpitaux pour le Clergé et fonctions régaliennes de défense, justice, haute administration pour la Noblesse.

80% de la population appartient au Tiers état. Cet ordre occupe des activités économiques lucratives, il paie les impôts pour l’entretien des deux premiers.  Ces français vivent dans un village, un hameau ou un bourg. Plus de la moitié sont des paysans et les autres ruraux des artisans, des commerçants, des petits notables.

Communauté, paroisse, seigneurie, ces trois mots conditionnent la vie des habitants jusqu’en 1789. .La communauté villageoise est l’ensemble des familles exploitant des biens privés et des biens communaux. La Paroisse est une circonscription religieuse. La seigneurie est à la fois le domaine et la juridiction du seigneur. Communauté de villageois, paroisse , seigneuries se confondent et parfois il est bien difficile de les séparer les unes des autres.

La Révolution change fondamentalement la Société française. La seigneurie disparaît. La paroisse ne devient plus qu’une assemblée de fidèles. La communauté et la paroisse se transforment en commune avec son administration et son territoire qui reste approximativement celui de la paroisse Elle s’inscrit dans un nouveau découpage territorial. 

Une France nouvelle apparaît dont les bases servent encore de référence à notre société actuelle.

La Nation souveraine

Les transformations économiques et sociales

Les transformations culturelles et religieuses

Les modes de déplacement années 40

Mle Henriette Deschamps remplaçait M. Paris, instituteur à Saint-Geyrac, mobilisé en septembre 1939 puis prisonnier de guerre en Allemagne. Elle venait à pied à l’école de Saint-Geyrac tous les jours depuis la Morandie (commune de Saint-Pierre de Chignac) où elle résidait (témoignage de Mme Bertine Guine). La marche à pied était alors davantage pratiquée qu’aujourd’hui !

Le vélo aussi !

Pour fêter la fin de l’année scolaire 1943-1944, l’instituteur, M. Cousty, organise un pique-nique avec les écoliers de fin d’étude. On reconnaît, de gauche à droite: Bertine Andrieux, Ginette Sarrette, Albert Garrigue, Jean Beaupuy, Gérard Guine, Maurice Caley (mort le 16 août 1944 d’un accident avec une bombe), Janot Bord.

Photo privée 1944

Le 7 février 1940, le conseil municipal et le maire, M. Plazanet, s’alarmaient de l’absence du maréchal ferrant à Saint-Geyrac. Mobilisé, ce dernier ne pouvait plus assurer le ferrage des chevaux et boeufs de trait, indispensables pour les travaux agricoles.

Devant sa boulangerie, M. Elie Reynet et sa famille, le boulanger de Saint-Geyrac dans les années 20

L’attelage ci-dessous, reconstitué lors de la fête des battages en 2013 à Saint-Geyrac, n’était pas une image du passé pendant la guerre.

Dans le même temps, des moyens de déplacement plus modernes se développent progressivement, non sans problèmes.

Par décision administrative, l’autobus de la ligne Montignac- Périgueux ne fait plus escale dans le bourg de Saint-Geyrac. L’itinéraire a été modifié; l’autobus fait dorénavant escale à la gare de la Gélie. Le conseil municipal réagit très vivement. Voici un extrait du compte-rendu du conseil municipal du 8 décembre 1939.

Pour consulter le document manuscrit original, cliquer ici.

Trois mois plus tard, aucune réponse n’est parvenue à la mairie de Saint-Geyrac. A nouveau, le conseil municipal renouvelle sa demande de maintien de la ligne d’autobus Montignac-Périgueux via le bourg de Saint-Geyrac. Cliquer ici pour lire un extrait du compte-rendu transcrit du conseil municipal du 24 mars 1940; cliquer ici pour consulter le texte manuscrit original.

Le 10 mai 1940, l’armée allemande attaque; un mois plus tard, l’armée française est défaite. C’est la fin de la IIIe république; Pétain s’octroie les pleins pouvoirs. Il n’est plus question pour le conseil municipal de Saint-Geyrac de protester.

La gare de la Gélie est située sur la commune de La Douze, en limite avec Saint-Geyrac. Centre d’activités économiques, elle a été aussi un moyen de déplacement apprécié, en particulier vers la Préfecture c’est à dire vers Périgueux. Josette Galinat a réalisé un dossier très intéressant sur cette gare: cliquer ici.

Traction Citroën 1940

Pendant la guerre, les véhicules automobiles sont peu nombreux à Saint-Geyrac. Ils sont recensés et leur circulation est encadrée, contrôlée, règlementée. Cliquer ici pour consulter une autorisation de circuler, avec les consignes strictes qui s’y rattachent. Ci-dessous, une transcription de certaines de ces recommandations.

Des bons de sortie « omnibus » sont délivrés; ils doivent être motivés par écrit : cliquer ici.

Commentaire par J.Duvaleix:

Pourquoi autant de formalités administratives contraignantes pour se déplacer?

  • la pénurie d’essence est l’explication officielle;
  • en ce début d’année 1944, les actions armées de la Résistance se multiplient. Pour s’y opposer, les autorités de Vichy mettent en place un contrôle bureaucratique de la circulation.
  • le terme générique OMNIBUS (entre guillemets) regroupe en fait les automobiles, les autobus et pourquoi pas les véhicules hippomobiles. De fait, tout déplacement est suspect.

La Révolution de 1789

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Avant 1789, administrativement, le Périgord dans les limites  de l’actuel département de la Dordogne  dépendait de la généralité de Bordeaux, elle-même divisée  en quatre subdélégations :s Périgueux  la nôtre, Sarlat, Bergerac et Libourne

C’est dans ce cadre que la province payait ses impôts au roi.

Pour la gabelle (impôt  indirect sur le sel)  elle  faisait partie des provinces « redîmées ». Ce mot vient du latin redimerer = racheter. Les provinces du sud-ouest ne paient plus l’impôt sur le sel depuis le milieu du XVIème siècle en échange d’un versement au roi d’une importante somme globale.

Pour la justice, elle dépendait du Parlement de Bordeaux.

Voici ce que dit le Marquis de Fayolle (1765-1840) grand propriétaire terrien à Tocane Saint Apre à propos du Périgord : « De la mauvaise culture qui est établie, dérive la pauvreté de ses habitants et l’état inculte d’une grande partie de son territoire…..Les arts et métiers sont encore dans l’enfance. » 

Les différentes importations concernent la production nécessaire à la consommation des habitants et l’exportation est bien faible.

Les routes sont en mauvais état.

L’instruction ? Peu de cultivateurs savent lire. Ils parlent le « patois », mélange de gaulois, de latin et de quelques mots anglais héritage d’Aliénor.

Nourriture : des châtaignes un partie de l’année, du pain de seigle et du maïs.

Maladies : dysenterie, fluxion de poitrine, fièvre ardente. 

A l’été de l’année 1788   des averses de grêle et des orages dévastèrent le Périgord  et à nouveau le spectre de la famine hanta les habitants.

 L’hiver 88-89 fut le plus rigoureux du siècle !!!

Dès le printemps 1789, on dut faire face à des affamés. Des émeutes éclatèrent ici et là contre les spéculateurs qui favorisèrent «  la grande paou » (grande peur). Le roi fut contraint  de prendre des mesures rapides et convoqua les Etat généraux. Des dates furent arrêtées :

8 août  1788  arrêt du Conseil convoquant les états généraux pour 1789

24 janvier 1789 règlement royal organisant la procédure électorale

La vie quotidienne pendant la guerre

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Avant la guerre de 1939-1945, Saint-Geyrac est une commune rurale pauvre. Le recensement de la population en 1936 indique que 91 « chefs de famille » sont inscrits comme cultivateurs. Avec les personnes vivant au foyer (époux ou épouses, enfants, parents , beaux-parents), cela représente 340 personnes sur les 437 habitants de la commune. 78% de la population saint-geyracoise vit alors directement de l’agriculture.

L’économie agricole locale est une économie d’autosubsistance: on consomme ce que l’on produit. Beaucoup de paysans ont été mobilisés en septembre 1939; certains ont été faits prisonniers. Les travaux des champs sont délaissés par manque de bras. L’économie agricole locale est donc désorganisée.

En 1939 et au début de 1940, la priorité nationale est donnée à l’équipement et au ravitaillement de l’armée française. Après la défaite de juin 1940, la convention d’armistice précise: « les frais d’entretien des troupes allemandes en territoire français incombent au gouvernement français« . Outre les réquisitions pour l’armée d’occupation, l’afflux des réfugiés dans la région, augmente les besoins en denrées alimentaires nouvelles.

Les paysans de Saint-Geyrac peuvent-ils répondre à ces exigences? Y a t’il eu malgré tout des ponctions, des réquisitions, sur les productions locales? Si oui, quelles étaient les productions visées? Nous n’avons pas de réponses et attendons vos témoignages.

Des règles très strictes de rationnement sont imposées par le régime de Vichy. Les cartes d’alimentation sont mises en circulation dès le 1er septembre 1940 : dans l’esprit des dirigeants de Vichy, elles visent à rendre les privations égales pour tous. En fait, elles sont le moyen de gérer la pénurie et de contrôler la population. Comment se présentent ces cartes ? Elles donnent droit à des coupons, à des tickets …

Le pain1 est la base de l’alimentation en milieu rural. A l’époque, la boulangerie était installée dans le bourg. Qui était alors boulanger à St Geyrac ? Pendant cette guerre, le pain a été rationné comme d’autres denrées alimentaires. Tous les consommateurs étaient concernés, sauf, pour le pain, les cultivateurs  échangistes: en quoi consiste l’échange2 ? Quels étaient les cultivateurs échangistes à Saint-Geyrac?

Le boulanger subit des contraintes et doit remplir de nombreux papiers, solliciter de nombreuses demandes à une administration tatillonne. De son côté, le maire, M. Plazanet, fait distribuer aux réfugiés des tickets pour le pain gratuit ainsi qu’aux familles des prisonniers de guerre.

1 Cette rubrique a été réalisée grâce à des documents conservés et mis à notre disposition par Mme Agnès Faucon, petite fille du boulanger de St Geyrac pendant la guerre. Qu’elle soit remerciée.

2 La réglementation officielle de l’échange par le préfet Labarthe

Des cartes de vêtements, de vin, de tabac … sont mises en place et ne disparaîtront pas avec la libération du pays. Ce moyen de ravitaillement ne sera levé totalement qu’à la fin de 1949.

Que proposent les autorités de l’époque pour lutter contre les pénuries? La mairie de Saint-Geyrac était chargée du recensement des besoins et de la distribution des cartes d’alimentation. Cela n’était pas facile, car les topinambours et les rutabagas ne faisaient pas des consommateurs satisfaits ! Des comptes-rendus de séances du conseil municipal évoquent les cartes d’alimentation.

Dans une petite commune rurale de 437 habitants en 1935, quels étaient les moyens de déplacement utilisés par les Saintgeyracois. Quelques réponses sont données en cliquant ici.

Eléments bibliographiques :

  • Réfugiés alsaciens et mosellans en Périgord sous l’occupation de Catherine et François Schunck   Editions Allan Sutton  2012
  • La Dordogne dans la seconde guerre mondiale sous la direction d’Anne-Marie Cocula et de Bernard Lachaise  Editions Fanlac  2020
  • L’Histoire des paysans français de Eric Alary Editions Perrin 2016
  • La Paysannerie en Périgord 1940-1950 de Maurice Bouyou et Anne-Marie Badoures Editions le Mascaret 1983

Reynaud Sieur de la Vidalie

Image mise en avant : la chartreuse de la Côte en 2013 -Photo J Galinat

Avant les Reynaud

Le plus ancien document qu’on peut trouver sur la Côte date de la fin du  XIIIème siècle. On trouvera souvent La Cotte.

Vital et Denarelle 1284

Aux  Archives de la Dordogne on peut trouver un document important 2E 32, qui semble être le plus ancien que l’on possède sur la Cotte. C’est un parchemin en latin  muni de son sceau, daté du 2 septembre 1284 dont voici la traduction :

 « Géraud Vital fils de feu Pierre Vital, et Pierre Denarelle paroissiens de l’église de Saint Geyrac d’une part, et d’autre part Pierre d’Armagnac fils de feu Hélie d’Armagnac bourgeois du Puy Saint Front en son nom et celui de Bernard d’Armagnac de l’église de Milhac son oncle

Géraud et Pierre reconnaissent tenir des susdits Pierre et Bernard «un quartiet « (1/4) du dit mas La Cotte avec ses appartenances de l’église de Saint Geyrac.

 Pierre reconnait la moitié de l’autre  (1/4), paye 5 sous de monnaie et 5 sous d’acapte (1) à payer comme de coutume, 1 émine (2) d’avoine à la mesure de Périgueux ; ½ fête de Saint Etienne du mois d’août, ½ fête de Noël

Pierre paie ½  autre ¼, 6 sous et 6 deniers de cens ; ¼ d’avoine en mesure de Périgueux mêmes fêtes. 2 septembre 1284. »

  • 1 l’acapte :c’était un droit de mutation exigible lors de la mort du seigneur ou du censitaire
  • 2 émine : à l’époque médiévale, mesure de capacité en pierre, pour les grains- L’éminage est un droit seigneurial sur la vente des grains, aux halles notamment.

Pour connaître les premières familles de la Côte cliquez sur les liens ci-dessous