Autres réponses face aux pénuries

Les réfugiés nombreux dans la région ont des difficultés de ravitaillement. Les autorités les encouragent à cultiver un jardin potager. Des cartes de jardinage sont établies; elles donnent droit à des semences, à du matériel pour jardin. « Les pouvoirs publics incitent également au ramassage des fruits sauvages (marrons d’Inde, glands, faînes, châtaignes, cynorrhodons, …) »1 .

1 phrase extraite de l’ouvrage déjà cité: la Dordogne pendant la seconde guerre mondiale

La pénurie ne touche pas que le secteur alimentaire. Des cartes de vêtements sont distribuées.

Pour se chauffer et s’éclairer, des demandes de pétrole sont adressées à la mairie.

transcription:

St Geyrac,  le 29-4-44 à M. Auzy

Monsieur,

Je vous donne une commission par Montoriol, pour savoir si oui ou non j’ai droit à toucher du pétrole.

Car je suis métayer à la Combie, chez madame Lidove. Et j’ai mon logement particulier, alors il faudrait bien que je m’éclaire.

Je vous prie, Monsieur le Maire, avec tous mes remerciements d’avance de bien vouloir me donner une réponse par Madame Montoriol.

Recevez Monsieur le Maire mes respectueuses salutations.

Henri Lachaud, la Combie

La pénurie concernait aussi des produits qu’on estimerait aujourd’hui non indispensables: le tabac et le vin. En 1946, une carte de tabac a été délivrée et, en 1947, une carte de vin.

L’essence est contingentée. L’achat de carburant est conditionné par une demande déposée en mairie.

registre de la mairie 1946

Interventions du conseil municipal

Sous le gouvernement de Paul Reynaud (IIIe République)

La guerre est déclarée mais pas encore engagée ; l’hiver 1939 est très froid ; se pose très vite le problème du ravitaillement. Le gouvernement Reynaud nouvellement nommé,  crée les cartes d’alimentation par le décret du 9 mars 1940. Le 24 mars le conseil municipal de Saint-Geyrac délibère (extrait du compte-rendu du conseil municipal ) :

Le recensement de la population relativement à l’établissement des cartes d’alimentation devant être effectué incessamment, il y a lieu de pourvoir à la nomination de recenseurs.

Vu l’exposé ci-dessus, le conseil désigne à cet effet MM. Roumanie Jean, Duvaleix René, Pagès Robert comme recenseurs et Auzy Jean comme contrôleur éventuel, fonctions qu’ils ont acceptées.

Les frais donnant lieu à ce travail sont évalués approximativement de trois à quatre cents francs.

Les frais des évacués du Bas-Rhin est confié à M. Paul Leurhemeur, réfugié lui-même.

Pour consulter l’extrait manuscrit du compte-rendu, cliquer ici.

Sous le régime de Vichy avec les pleins pouvoirs à Pétain

Les communes sont chargées de la distribution des cartes d’alimentation, sous l’autorité du Préfet. Dans sa lettre aux maires, le Préfet de la Dordogne indique :

 A partir du 1er septembre, tous les consommateurs de votre commune doivent être munis de la carte d’alimentation et de feuilles de coupons, valables jusqu’à la fin de décembre 1940 

Transcription du compte rendu du conseil municipal du 13 avril 1941

Depuis la mise en application des cartes d’alimentation, c’est avec le concours des membres du conseil que la distribution des cartes et coupons a été effectuée mensuellement à jour fixe et indiqué.

Ce mode de distribution présente en réalité de sérieuses difficultés étant donné les travaux essentiellement agricoles auxquels sont astreints aussi bien les bénéficiaires que les distributeurs ; en outre, le secrétaire1 devant assurer la marche de la maréchalerie de son frère actuellement retenu en captivité, il lui est absolument impossible d’en assurer seul la distribution.

Prenant le bien-fondé des requérants, je me suis mis en rapport avec Monsieur Loubiat Lucien, vice-président communal de la Légion du Combattant, qui lui- même a bien voulu nous prêter son concours et se charger de ce travail moyennant  une rétribution mensuelle de 60 francs.

Considérant que ce dernier a toute compétence désirable pour ce mode de travail, je vous demanderai de bien vouloir lui confier la distribution  de tout ce qui a trait aux cartes d’alimentation.

Le conseil  ouï  l’exposé ci-dessus ; considérant que le procédé actuel est préjudiciable à l’agriculture, il :

  • émet un avis favorable à ce projet
  • vote une somme de 60 francs par mois pour ce nouveau service ; la somme sera prélevée sur les fonds disponibles 
  • demande à Monsieur le Préfet l’autorisation d’y pourvoir avec point de   départ pour tout ce qui a trait au ravitaillement du mois de mai.

Ainsi fait et délibéré les jours mois ans que dessus par les membres présents, signé au registre

Signatures de Plazanet, Renaudie, Bonnet, Duvaleix, Beau, Lamégie, Pagès

1 André Auzy, maréchal-ferrant au bourg de Saint-Geyrac, est prisonnier de guerre en Allemagne. Pour assurer ce travail indispensable dans une commune rurale , il est remplacé par son frère Jean, qui est en outre secrétaire de mairie depuis 1926.

Pour consulter le compte-rendu manuscrit original, cliquer ici.

Extrait du compte-rendu du conseil municipal du 15 décembre 1942

Transcription de l’extrait

III ) Monsieur Loubiat chargé de la délivrance des cartes d’alimentation par délibération du conseil municipal en date du 13 avril 1941 est appelé à de nouvelles fonctions à partir de 1943 et ne peut dès ce moment assurer cette charge : je vous proposerai Monsieur Théodore Robert à son remplacement, ce dernier donnant toute garantie nécessitant cet emploi.

Le conseil : ouï l’exposé ci-dessus accepte cette nomination. Considérant que Monsieur Théodore, qui accepte ce jour moyennant une rétribution de cent francs par mois, donnera satisfaction complète à cet emploi. Note au budget de 1943 la somme nécessaire à cet rétribution avec point de départ le 1er janvier 1943.

Transmis à Monsieur le Préfet pour approbation tant en ce qui concerne cette nomination qu’à la différence de salaire alloué à Monsieur Loubiat, soit 720 F par an porté à 1200 F.

Cette proposition du conseil municipal a été approuvée par le Préfet le 7 janvier 1943.

Pour consulter le compte-rendu manuscrit original, cliquer ici.

Extrait du compte-rendu du conseil municipal du 5 septembre 1943

Brachet Auzy, facteur, embauché comme tambour-afficheur

Le service ravitaillement recensement et réquisition donnant lieu à de nombreux déplacements au domicile des contribuables et vu cet état de chose, je me suis mis en rapport avec M. Auzy , facteur, qui se chargerait d’assurer en déplacements ces fonctions du travail du tambour-afficheur pendant ses heures de vacation      et ceci pour une rémunération fixe de 600 francs par an, dépenses  /… /1 que les dépenses effectuées jusqu’à ce jour par personne requise spécialement.

Le conseil, vu l’exposé ci-dessus, accepte cette proposition de rémunération qui évite à la commune de /…/ 1  dépenses suite à de nombreux déplacements, vote la somme de 600 francs nécessaire à cette rémunération qui aura son point de départ le 1er juillet 1943   car ce dernier a à titre d’essai effectué ce service depuis cette date. Le crédit nécessaire est inscrit au budget additionnel de 1943 et primitif 1944 chapitre « tambour-afficheur ».

1 Certains mots sont illisibles sur le document original.

Pour consulter le compte-rendu manuscrit original, cliquer ici

Extrait du compte-rendu du conseil municipal du 2 juillet 1944

Arrêté de nomination

Le Maire, le conseil municipal

Vu la délibération du conseil municipal du 13 avril 1941,

Vu l’autorisation préfectorale à la nomination d’un préposé à la délivrance des titres d’alimentation,

Considérant qu’en l’absence de M. Robert Théodore, un remplaçant s’impose,

Arrêtons

Article 1er : M. Sarrette Henri, agriculteur domicilié à Saint-Geyrac, est nommé préposé à la délivrance des titres d’alimentation en remplacement de M. Théodore, absent

Article 2 : le point de départ de cet emploi est fixé au 1er juillet 1944

Article 3 : son traitement annuel est fixé à mille deux cent francs

Article 4 : le présent arrêté sera adressé en double expédition à M. le Préfet pour contrôle et justification du titre de dépenses.

Ainsi fait et délibéré, les jours, mois et an que dessus, par les membres présents, signé au registre.

6 signatures

Pour consulter le compte-rendu manuscrit original, cliquer ici

Cartes d’alimentation

Une carte d’alimentation est nominative; elle est attribuée par la mairie.

recto

Mode d’utilisation de la carte d’alimentation (explication officielle donnée sur la carte)

La carte se comporte d’une couverture et d’un encartage dit feuille de coupons, qui comporte pour chaque mois 10 coupons numérotés de 1 à 10. Chacun de ces coupons correspond à une denrée déterminée pour la consommation de 6 mois à l’expiration desquels la feuille des coupons est remplacée, par les soins des municipalités, contre remise du COUPON D’ ECHANGE par une feuille valable pour les 6 mois suivants.

Le Gouvernement détermine les denrées contingentées et le coupon auquel elles correspondent.

Pour les denrées achetées au jour le jour, le consommateur échange, où et quand il lui est indiqué, le coupon contre des tickets de consommation dont le total correspond à la ration allouée, pour le mois, aux consommateurs des diverses catégories suivant le taux fixé pour chacune d’elles ; ils ne sont valables qu’à la date qu’ils portent. Pour les autres denrées, elles sont acquises contre remise directe du coupon au détaillant à qui incombe l’obligation de la détacher.

Les coupons correspondant à des denrées contingentées, détachés par le consommateur, sont sans valeur. 

coupon d’échange joint à la carte

Explication officielle donnée sur le coupon:

Au mois de juin et au jour indiqué par l’administration, le consommateur se rendra à sa section de distribution muni de sa Carte d’Alimentation.. Contre le Coupon d’Echange ci-joint qui leur servira de justification, les Agents de l’Administration lui remettront une nouvelle feuille de coupons valable pour le semestre JUILLET à DECEMBRE.

Les feuilles de coupons doivent obligatoirement porter ci-contre le cachet de la Mairie distributrice.

Tentative d’explications complémentaires: (par J. Duvaleix)

La carte individuelle d’alimentation donne droit à un contingent de coupons (ration pour le mois) ou de tickets (ration hebdomadaire ou quotidienne). Les autorités fixent les denrées contingentées et les coupons correspondant avec les quantités ad-hoc.

La quantité dévolue varie suivant l’âge et la profession. Les catégories de demandeurs sont représentées par des lettres:

  • E enfant
  • J jeune ( J1 jeune de 3 à 6 ans, J2 jeune de 6 à 12 ans, J3 jeune de 13 à 21 ans)
  • A adulte (de 21 à 70 ans); c’est le cas de la carte reproduite ci-dessus
  • T travailleur de force
  • C travailleur agricole
  • V personne âgée

Les épiceries ou les magasins fournissent les quantités indiquées en échange de coupons ou de tickets sur présentation de la carte d’alimentation.

Quelles étaient les denrées contingentées?

Cela varie d’une année à l’autre, et des zones géographiques considérées. Qu’en est-il à Saint-Geyrac? Nous continuons à chercher. Au niveau national, des produits alimentaires sont difficiles à trouver dès novembre 1939: l’huile, les pâtes, le café. Le pain, base de l’alimentation à la campagne, est rationné: 350g par jour en septembre 1940, puis 275g en avril 1941. Il en est de même pour la viande.

Certaines cartes d’alimentation sont maintenues après la Libération (elles sont totalement supprimées en 1949). Deux exemples:

tickets de pain pour jeune de 3 à 6 ans

Explication officielle: Les tickets portant les numéros 1 à 3 ne peuvent être utilisés que pendant la 1ère quinzaine, et ceux portant les numéros 5 à 7 que pendant la 2ème quinzaine.

La loi punit des peines les plus graves la contrefaçon, le trafic et la mise en circulation irrégulière des titres d’alimentation.

coupon de denrées diverses (matières grasses-viande-fromage) pour J1

Les modes de déplacement années 40

Mle Henriette Deschamps remplaçait M. Paris, instituteur à Saint-Geyrac, mobilisé en septembre 1939 puis prisonnier de guerre en Allemagne. Elle venait à pied à l’école de Saint-Geyrac tous les jours depuis la Morandie (commune de Saint-Pierre de Chignac) où elle résidait (témoignage de Mme Bertine Guine). La marche à pied était alors davantage pratiquée qu’aujourd’hui !

Le vélo aussi !

Pour fêter la fin de l’année scolaire 1943-1944, l’instituteur, M. Cousty, organise un pique-nique avec les écoliers de fin d’étude.

Photo privée 1944

Le 7 février 1940, le conseil municipal et le maire, M. Plazanet, s’alarmaient de l’absence du maréchal ferrant à Saint-Geyrac. Mobilisé, ce dernier ne pouvait plus assurer le ferrage des chevaux et boeufs de trait, indispensables pour les travaux agricoles.

Devant sa boulangerie, M. Elie Reynet et sa famille, le boulanger de Saint-Geyrac dans les années 20

L’attelage ci-dessous, reconstitué lors de la fête des battages en 2013 à Saint-Geyrac, n’était pas une image du passé pendant la guerre.

Dans le même temps, des moyens de déplacement plus modernes se développent progressivement, non sans problèmes.

Par décision administrative, l’autobus de la ligne Montignac- Périgueux ne fait plus escale dans le bourg de Saint-Geyrac. L’itinéraire a été modifié; l’autobus fait dorénavant escale à la gare de la Gélie. Le conseil municipal réagit très vivement. Voici un extrait du compte-rendu du conseil municipal du 8 décembre 1939.

Pour consulter le document manuscrit original, cliquer ici.

Trois mois plus tard, aucune réponse n’est parvenue à la mairie de Saint-Geyrac. A nouveau, le conseil municipal renouvelle sa demande de maintien de la ligne d’autobus Montignac-Périgueux via le bourg de Saint-Geyrac. Cliquer ici pour lire un extrait du compte-rendu transcrit du conseil municipal du 24 mars 1940; cliquer ici pour consulter le texte manuscrit original.

Le 10 mai 1940, l’armée allemande attaque; un mois plus tard, l’armée française est défaite. C’est la fin de la IIIe république; Pétain s’octroie les pleins pouvoirs. Il n’est plus question pour le conseil municipal de Saint-Geyrac de protester.

La gare de la Gélie est située sur la commune de La Douze, en limite avec Saint-Geyrac. Centre d’activités économiques, elle a été aussi un moyen de déplacement apprécié, en particulier vers la Préfecture c’est à dire vers Périgueux. Josette Galinat a réalisé un dossier très intéressant sur cette gare: cliquer ici.

Traction Citroën 1940

Pendant la guerre, les véhicules automobiles sont peu nombreux à Saint-Geyrac. Ils sont recensés et leur circulation est encadrée, contrôlée, règlementée. Cliquer ici pour consulter une autorisation de circuler, avec les consignes strictes qui s’y rattachent. Ci-dessous, une transcription de certaines de ces recommandations.

Des bons de sortie « omnibus » sont délivrés; ils doivent être motivés par écrit : cliquer ici.

Commentaire par J.Duvaleix:

Pourquoi autant de formalités administratives contraignantes pour se déplacer?

  • la pénurie d’essence est l’explication officielle;
  • en ce début d’année 1944, les actions armées de la Résistance se multiplient. Pour s’y opposer, les autorités de Vichy mettent en place un contrôle bureaucratique de la circulation.
  • le terme générique OMNIBUS (entre guillemets) regroupe en fait les automobiles, les autobus et pourquoi pas les véhicules hippomobiles. De fait, tout déplacement est suspect.

La vie quotidienne pendant la guerre

Avant la guerre de 1939-1945, Saint-Geyrac est une commune rurale pauvre. Le recensement de la population en 1936 indique que 91 « chefs de famille » sont inscrits comme cultivateurs. Avec les personnes vivant au foyer (époux ou épouses, enfants, parents , beaux-parents), cela représente 340 personnes sur les 437 habitants de la commune. 78% de la population saint-geyracoise vit alors directement de l’agriculture.

L’économie agricole locale est une économie d’autosubsistance: on consomme ce que l’on produit. Beaucoup de paysans ont été mobilisés en septembre 1939; certains ont été faits prisonniers. Les travaux des champs sont délaissés par manque de bras. L’économie agricole locale est donc désorganisée.

En 1939 et au début de 1940, la priorité nationale est donnée à l’équipement et au ravitaillement de l’armée française. Après la défaite de juin 1940, la convention d’armistice précise: « les frais d’entretien des troupes allemandes en territoire français incombent au gouvernement français« . Outre les réquisitions pour l’armée d’occupation, l’afflux des réfugiés augmentent les besoins de denrées alimentaires nouvelles.

Les paysans de Saint-Geyrac peuvent-ils répondre à ces exigences? Y a t’il eu malgré tout des ponctions, des réquisitions, sur les productions locales? Si oui, quelles étaient les productions visées? Nous n’avons pas de réponses et attendons vos témoignages.

Des règles très strictes de rationnement sont imposées par le régime de Vichy. Les cartes d’alimentation sont mises en circulation dès le 1er septembre 1940 : dans l’esprit des dirigeants de Vichy, elles visent à rendre les privations égales pour tous. En fait, elles sont le moyen de gérer la pénurie. Comment se présentent ces cartes ? Elles donnent droit à des coupons, à des tickets … Pour en savoir plus, cliquer ici.

Des cartes de vêtements, de vin, de tabac … sont mises en place et ne disparaîtront pas avec la libération du pays. Ce moyen de ravitaillement ne sera levé totalement qu’à la fin de 1949. Que proposent les autorités de l’époque pour lutter contre les pénuries? Pour se faire une idée, cliquer ici.

La mairie de Saint-Geyrac était chargée du recensement des besoins et de la distribution des cartes d’alimentation. Cela n’était pas facile, car les topinambours et les rutabagas ne faisaient pas des consommateurs satisfaits ! Des comptes-rendus de séances du conseil municipal évoquent les cartes d’alimentation. Pour les consulter, cliquer ici.

Dans une petite commune rurale de 437 habitants en 1935, quels étaient les moyens de déplacement utilisés par les Saintgeyracois. Quelques réponses sont données en cliquant ici.

Eléments bibliographiques :

  • Réfugiés alsaciens et mosellans en Périgord sous l’occupation de Catherine et François Schunck   Editions Allan Sutton  2012
  • La Dordogne dans la seconde guerre mondiale sous la direction d’Anne-Marie Cocula et de Bernard Lachaise  Editions Fanlac  2020
  • L’Histoire des paysans français de Eric Alary Editions Perrin 2016
  • La Paysannerie en Périgord 1940-1950 de Maurice Bouyou et Anne-Marie Badoures Editions le Mascaret 1983