Transcription du procès verbal

Procés verbal des habitants du tiers état de la paroisse de St Geyrat pour la nomination des députés. AD microfilm  6C12

Dans la marge : paroisse de St Geyrat- députés Pierre Brassat sieur de Meynor –François Desmaisons-166 feux

Page 1 Aujourd’huy sixième du mois de mars mille sept cent quatre-vingt-neuf au Bourg de St Geyrat en périgord, en assemblée convoquée au son de la cloche, en la manière accoutumée, sont comparus au presbytère de ce lieu, par devant nous Marc Martini sieur de Lagoufini juge de la présente juridiction, savoir Léonard Beaupuy sonneur de cloches, François Loubiat sieur de Fortis, Guillaume  Chumon tisserand, Guillaume Giraudou laboureur, Martial Caliavet, Jean  Reyen, Thoni Lacombe journalier, Martial Calliavet, Jean Lacombe, Joseph Montauriol, Pierre Plazanet, Pierre Delage dit Fayoulet, Jean Caliavet, Pierre Boudit dit Marguissou, Jacques Gonthier,  Jean Duvaleyn, Jean Desmond fils d’Huguet, Jean  Crubelier aîné, Pierre Lagorse, Pierre Andraud dit Bitard, Girou Lacoutini, Jean Reynaud, Jean Lacombe, Jean Perrot dit Quinque,  Anthoine Bourdichon, Jean Montauriol, Thoni Perrot,(27 )Léonard Fortunel, Sieur Jacques Montayaud, Elie Duvalyn, Léonard Laronze laboureur, le nommé Grangnau , Jean Daubisse dit Marchedroit, la veuve du sieur Sengense en son vivant maitre en chirurgie, Anthoine Bretou ou Valade, Anthonin Falgorin, Pierre Bretou dit Mauricor, Léonard Leymarie,  Jean Gris, Jean Andraud, Jean Desmons dit picher, François Desmaisons sieur de la Taleyrandie, la veuve du sieur Desmaisons, sieur Léonard Bourdichou de Jean Merle, Geoffroi Plazanet,  Pierre Dessales, Jean Pascalet dit mbon, (20) Bernard Pascalet dit poulard, Eymard Desmons, Jean Perrot, Naillaz Ladeuil, David Tibal, Jean Tibal dit rebingou, François Chavigniers, Anthoine Lacoste, Anthoine Laroumagne, Eymard Montauriol, Jean Reynier, Bernard Viragonlu, Louis Tusorne, David Tuverne, Bernard lacoste, Jean Destreguil, Jean Dougnac, Jean  Bourdichou dit Caton, Hugue Thibaud, Joseph Dougnac, Naillas Dougnac, Pierre Brassat sieur Dumeynor, sieur Jérôme de Beaupuy et Jacques Reynaud (24)tous nés français âgés de

Page 2 vingt-cinq ans, compris dans le rôle des impositions de cette paroisse y habitant, composé de 166 feux ; lesquels pour obéir aux ordres de sa majesté, portés par les lettres données à Versailles le 24 janvier de la présente année, pour la convocation des états généraux du royaume et satisfaire aux dispositions du règlement y annexé ainsi qu’à l’ordonnance de monsieur le sénéchal du Périgord et de monsieur son lieutenant général datée du 16 février aussi présente année, dont ils nous ont déclaré avoir eu parfaite connaissance, tant par la lecture qui vient de leur en être faite que par la lecture en publication  cy devant faite au prône de la messe de la paroisse par monsieur le curé d’icelle le 1 er du mois de mars courant et par la lecture et publication en affiches pareillement faites le même jour à l’issue de ladite messe de paroisse, au-devant de la porte principale de l’église, nous ont déclaré qu’ils allaient s’occuper, de la rédaction de leur cahier de doléances, plaintes et remontrances ; en effet y ayant vaqué ils nous ont représenté ledit cahier qui a les signatures desdits habitants qui savent signer  et puis nous l’avons paraphé et coté par la première et dernière page paraphé né varieture ( sans y rien changer) au bas d’icelle.

Et de fait les dits habitants après avoir murement délibéré sur le choix des députés  qu’ils sont tenus de nommer en conformité des dites lettres du roi et règlement y annexé ;  et les voix ayant été par nous recueillies, en la manière accoutumée, la pluralité des suffrages sont réunis en faveur des sieur Dumeynor et Desmaisons qui ont accepté ladite commission et promis de s’en acquitter fidèlement.

La dite nomination des députés ainsi faite les dits habitants ont en notre présence remis aux sieurs Dumeynor et Desmaisons les députés, le cahier afin de la porter à l’assemblée qui se tiendra le onze du présent mois devant Monsieur le lieutenant général de la présente sénéchaussée et leur ont donné tous pouvoirs requis et nécessaires à l’effet de les représenter par l’ordonnance

Susdite de monsieur le sénéchal et lieutenant général, comme aussi de donner pouvoirs généraux et suffisants  de proposer, remonter, aviser  et consentir tout ce qui peut concerner les besoins de l’état, la 

Page 3  réforme des abus, l’établissement en ordre fixe et durable dans toutes les parties de l’administration, la prospérité générale du royaume et le bien de tous et de chacun des sujets de sa majesté.

Et de leur part les dits députés  se sont présentement chargés du cahier des doléances de la paroisse, et ont promis de le porter à ladite assemblée et de se conformer à tout ce qui  en présent est ordonné par les dites lettres du roi, règlement y annexé et ordonnances susdites,  desquelles nominations de députés, remise de cahier,  pouvoirs et déclarations, nous avons, à tous les susdits comparants donné acte  et avons signé  ceux des habitants qui savent signer et aussi les dits députés notre présent procès-verbal ainsi que le duplicata  que nous avons présentement remis  aux députés pour constater leur pouvoir

La minute de ce procès-verbal ayant été déposée au greffe de la présente juridiction  ledit jour et an que dessus.

Page 4

St Geyrac  députés Pierre Brassat du Meynot,  Sieur François  Demaison , 166 feux

Transcription du cahier de doléances

        Cahier de doléances plaintes et remontrances

A n°20  

Page 1 Cahier rédigé par les habitants du tiers état de la paroisse de Saint Geyrat Sénéchaussée de Périgueux. En l’ assemblée convoquée à la messe le présent jour, tenue en conformité des ordres de sa majesté portés par les lettres données à Versailles le 24 janvier de la présente année pour la convocation des Etats généraux en ce royaume, qu’en exécution des dispositions du règlement y annexé, ainsi que de l’ordonnance de Monsieur le grand sénéchal du Périgord datée du 6 février aussi de la présente année, pour ledit cahier, par les sieurs Dumeynor et Desmaisons députés nommés de la part des mêmes habitants, être porté à l’assemblée préliminaire qui sera tenue par monsieur le lieutenant général de ladite sénéchaussée, en la ville de Périgueux le 11 du mois de mars courant.

Commencent les –dits habitants par déclarer que les grandes difficultés qui leur ont été proposées à répondre, étant absolument au-dessus de leur faible portée ; s’ils se sont occupés d’un pareil objet c’est bien plus pour obéir à la loi qui leur en était imposée, que par le téméraire espoir d’avoir le bonheur d’y réussir, puis qu’aussi dépourvus des connaissances nécessaires pour indiquer les moyens de subvenir aux besoins de l’état, qu’ils seraient embarrassés pour contribuer à les remplir, ils ne sauraient conséquemment, par un rapport, se promettre de fournir le moindre des expédients qui leur  sont demandés.

Etablis sur un sol presqu’entièrement disposé en vallées et  collines, rude, pierreuse, en général couvert de bois,

Page 2 pour ces raisons sujet à la ravine, aux inondations, au brouillard et à la gelée, lesdits habitants n’en retirent jamais que de très mauvaises récoltes, qu’il leur faut …pour ainsi dire, arracher des entrailles de la terre, par des travaux sans relâche et d’y labourer sans fin ; Eloignés de tout lieu de commerce, ils n’en ressentent pas une influence, enfin placés entre deux grandes routes  pratiquées de Périgueux à Sarlat, et de Tulle à Bordeaux, après avoir eu la peine d’en construire une grande étendue, il leur rets à présent la charge de les entretenir, souvent suivies de celles des voituriers les équipages des troupes du roi qui depuis plusieurs années ont un passage assigné sur la première.

A tous les désagréments dérivants de la nature du climat se réunissent la prorogation de deux vingtièmes qui auraient dû prendre fin depuis longtemps, avec l’imposition d’une taille qui élevée par degrés d’un taux exorbitant, eu égard aux revenus desdits  habitants, leur devient encore plus onéreux pour les biens de l’église, ………………que d’un privilège de la paroisse, n’y pas participer ; dans une situation si embarrassante, il serait sans doute de toute impossibilité auxdits habitants, non seulement de pouvoir subvenir d’une nouvelle imposition, mais encore s’il n’y était pas pourvu au plutôt de pouvoir continuer à supporter celles auxquelles ils se trouvent maintenant assujettis, étant de notoriété publique, que la cote part est supportée par plusieurs d’entre eux, ou bien les frais qu’ils éprouvent à  défaut d’être en état de l’acquitter aussitôt

 Page 3 quelle est exigée, en cédant souvent le même produit de leur bien,…..les propriétaires sont obligés à en abandonner la culture pour gagner ailleurs leur vie, et leurs femmes et enfants sont réduits à aller mendier leur pain  de manière que par la rigueur des impôts, il reste en friche une partie considérable des terres de cette misérable paroisse, comme toute industrie et toute activité en sont bannies par la même cause.

La misère, les charges accablantes et les dures extrémités pour lesquelles gémissent lesdits habitants ainsi suffisamment exposés ; passons maintenant aux moyens qu’il y aurait à prévoir pour remédier aux besoins de l’état ; quel qu’étranger qui fournit de pareils renseignements  à de pauvres gens de la campagne, tels que lesdits habitants, néanmoins enhardis par la liberté qui leur est donnée de s’expliquer à cet égard, ils représenteront qu’étant de toute justice d’assujettir indistinctement tous les biens du royaume à la charge publique, il parait que si on prenait cette voix que le tiers état ne cessera de réclamer ; sans aggraver la condition des peuples, on se procurerait aisément  un moyen légitime pour les soulager  à l’avenir et en même temps  une ressource assurée pour acquitter présentement les dettes de l’état, en ajoutant cette masse à la taille déjà établie sur le royaume, ou en créant  cette autre imposition que le feu pour en répartir sur tous les fonds qui jusqu’à présent en ont été affranchis.

Page 4 Comme aussi il paraît aux habitants qu’on pourrait encore se procurer, pour être employé aux mêmes besoins, un surcroit de ressources à tous, en rayant d’une main courageuse toutes les pensions qui d’après un examen sévère ne seraient pas trouvées, ou dues à de vrais services  rendus à l’état, qu’en réduisant  à de justes bornes les appointements exclusifs attachés aux grandes places, de même que ceux de ces emplois lucratifs de finance, dont les titulaires ne devraient ressentir. Pas un prince, fils aimant véritablement l’état, puisque les sacrifices auxquels ils  se trouveront exposés tourneront uniquement à son avantage.

Les engagements à remplir pouvant donc être acquittés en peu d’années, au moyen des ressources qui viennent d’être indiquées, auxquelles on pourrait  en joindre encore plusieurs autres, dont la brièveté du temps ne permet pas de faire ici l’énumération, ne s’agirait plus que d’y recourir comme ce fut l’ unique parti que l’état paraisse avoir à prendre pour mettre à même de soulager au plutôt les peuples en supprimant les deux vingtièmes actuellement subsistants, en réduisant par-là, à son état primitif cette sorte d’imposition, qui originairement crée pour des occasions passagères, finissait aussitôt que le besoin pour lequel elle avait été établie, était passé.

Page 5 Mais ce n’est pas tout de diminuer la somme des impositions,  il est encore nécessaire qu’il soit procédé à une nouvelle répartition du taux qui en restera, de même que pourrait  se revoir la perception, sans quoi la majeure partie desdits habitants n’en demeurerait pas moins fort chargée d’impôts, qu’exposée à être éternellement présentée par des exacteurs avides, prenant également dans tous les temps la rentrée des subsides, qui par de promptes remises s’attirent des gratifications qu’il est aujourd’hui d’autant plus important de proscrire, qu’elles sont associées au sang et aux larmes des misérables.

Enfin une des plus grandes obligations de l’état, étant  de pourvoir aux besoins des pauvres, il parait encore qu’on en trouverait une ressource aussi étendue que peu onéreuse en assujettissant tous ceux qui dans suite seraient   pourvus de Bénéfices soumis à la nomination Royale, à donner un sixième du revenu qui leur en reviendrait pour être distribué aux pauvres, en conformité du règlement qui serait fait à leur égard : ce qui n’entraine pas un inconvénient pour le présent ni pour l’avenir, puisque les titulaires actuels n’en souffriront pas, et que ceux qui dans la suite seraient pourvus  de

 Page 6 bénéfices auront d’avance une connaissance de la charge qui y serait imposée : par des mesures  de cette sorte l’on verrait reprendre leur destination  originaire à des biens souvent employés à un luxe et à un faste scandaleux, et l’on pourrait espérer de voir rentrer dans l’église, la candeur et la simplicité des premiers temps, que les grandes richesses n’ont que trop contribué à en sortir

mais  sans entrer dans un  plus long détail sur ce qu’il  pourrait y avoir à faire, afin de pourvoir aux divers besoins….s’agit, ainsi que tout ce qui peut en général intéresser la prospérité du royaume et celle de tout un chacun des sujets de sa majesté ; s’en remettant entièrement tant aux moyens que la haute sagesse du roi lui dictera la dessus qu’à ceux qui pourront lui être suggérés par les lumières de messieurs les députés qui composeront l’assemblée des Etats généraux du royaume ; lesdits habitants se borneront à faire les vœux les plus ardents pour le Bonheur du Roi et l prospérité de l’état dont ils sont unanimement demeuré d’accord, A St Geyrat le 6 mars 1789.

La fête nationale

14 juillet Fête nationale …depuis quand ?

Le 14 juillet 1789 fut commémoré le 14 juillet 1790 par une immense Fête que l’on nomma Fête de la Fédération……puis plus rien!

La République ne s’installa définitivement qu’après Napoléon III. Le 4 septembre 1870 on proclama la IIIème République, mais les républicains ne contrôlèrent toutes les institutions qu’à partir de 1879.

Comment enraciner complètement les institutions républicaines auprès du peuple ? On chercha alors à mettre en place des symboles et des pratiques collectives, une Fête nationale était tout indiquée. Des discussions s’engagèrent à la Chambre et les républicains se tournant vers la Grande Révolution, proposèrent le 14 juillet.

Le 21 mai 1880 le député Benjamin Raspail suivi par 63 de ses confrères déposa une brève proposition de loi : « La République adopte comme jour de Fête nationale la date du 14 juillet ».

Des discussions acharnées agitèrent les députés et les sénateurs…

Quel 14 juillet ?

Celui de 1789 « qui avait mis fin au monde ancien et inauguré un monde nouveau »?

Celui de 1790 qui avait donné « la France moderne « ?

Un amendement proposa le « 4 août » date à laquelle tous les Français étaient « devenus égaux devant la loi et les impôts ». …refusé!

La loi ne précisant pas quel 14 juillet est commémoré chacun y trouva son compte et elle fut promulguée le 6 juillet 1880.

Les discussions agitèrent alors la population et les Conseils Municipaux…certains voulaient un 14 juillet mobile, d’autres le déplacer au dimanche le plus proche, car cette date nuisait aux travaux des champs….bref on voulait un 14 juillet à la carte.

Et chez nous ?

De 1881 à 1900 le Maire de la Commune est Marc de Saleneuve qualifié de « réactionnaire » par les journaux de l’époque.

Voici les extraits des trois délibérations prises en 1881, 1882, 1883 alors que Mr de Saleneuve est maire.

Transcription : « Lettre de Monsieur le Préfet insérée au Recueil des actes administratifs N° 14 dans lequel ce magistrat après avoir rappelé que la loi du 6 juillet 1881 adopte la 14 juillet comme fête nationale engage le Conseil à voter des fonds pour pavoiser et illuminer les édifices communaux.

Le Conseil après avoir délibéré

Considérant que la caisse de la Commune est complètement dépourvue de ressources décide qu’il n’y a pas lieu de donner suite à la communication de Monsieur le Préfet« 

9 juillet 1882

Transcription : «  Mr le Président a ouvert la séance et exposé ce qui suit.

Le Maire donne lecture de la lettre de Mr le Préfet inscrite au recueil des actes de la Préfecture.

Le Conseil après avoir délibéré

Considérant que les ressources de la commune ne peuvent permettre de voter des fonds pour la fête du 14 juillet a le regret de ne pouvoir se conformer aux désirs de Mr le Préfet et compte sur la population pour donner à cette journée le plus de solennité possible« 

24 juin 1883

Transcription : « Mr le Président a ouvert la séance donne lecture de la circulaire de Mr le Préfet à voter des fonds pour la célébration de la fête nationale du 14 juillet.

Le Conseil après en avoir délibéré considérant le manque absolu de ressources a le regret de ne pouvoir voter les fonds demandés par Mr le Préfet « 

On ne saura plus rien sur le 14 juillet à Saint Geyrac……peut-être en a-t-on parlé mais plus de trace dans le registre des délibérations.

De mémoire d’écoliers et d’enseignante, nous assistions chaque année à deux cérémonies : le 11 novembre et le 8 Mai ….

Un article du journal « Le Temps » du 21 août 1889 sur l’ouverture de la session du Conseil général de la Dordogne

A la lecture de cet article on comprend les décisions de Mr de Saleneuve et de son Conseil Municipal à propos du 1 4 Juillet.

Des Boniface aux D’Abzac

Image mise en avant :armoiries de la maison d’Abzac en 1400- La Douze, Photo J Galinat

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Guillemette de Boniface est la fille et héritière universelle de Lambert de Boniface seigneur de Beauregard et de Fine La Roche. Elle naquit vers 1350. Une note dit qu’elle est encore vivante en 1431. Elle épousa Pierre Vals dit de Périgueux, chevalier, fils d’Hélie de Vals et neveu et héritier de Lambert de Vals surnommé de Périgueux.

De ce premier mariage elle eut un fils Boson, qui mourut jeune, peu de temps après son père.

Guillemette hérita de Boson.

Elle épousa en 1373 Adhémar d’Abzac et lui apporta les trois héritages ; Vals, Périgueux, Boniface dont la Douze et des terres chez nous.

Par acte du 31 mai 1387 (Archives de Pau, registre des hommages rendus au Comte du Périgord) Guillemette indique qu’elle reconnait tenir d’Archambaud Comte du Périgord, la place forte de La Douze et ce qu’elle possède  dans les paroisses de La Douze, La Cropte, Sengeyrac, Trélissac, Marsanneix, Champcevinel, Saint Paul de Serre, Razac, Beauronne, sous hommage franc et noble.

Le 28 mai 1394, elle fait une donation universelle à son mari.

Adhémar mourut vers 1414 et elle vers 1431. Elle fut inhumée dans l’église des Cordeliers à Périgueux (actuellement la Visitation).

Ainsi la terre de La Douze appartenant à la famille d’Abzac,  le nom deviendra d’Abzac de La Douze. Adhémar et elle,  eurent 6 enfants. Olivier, leur fils aîné 1375-1428, écuyer du duc d’Orléans épousa le 28 mars 1400 Jeanne Barrière dame de Reilhac 1380-1477.

Des Barrière aux d’Abzac de La Douze

Image mise en avant :armoiries de la maison d’Abzac en 1400- La Douze, Photo J Galinat

La maison des Barrière est une des plus anciennes et des plus illustres du Périgord. Elle possédait au XIV e siècle la châtellenie de Reillac composée des communes de Saint Cernin de Reillac et de Saint Félix de Reillac, ainsi qu’un grand nombre de fiefs dans les paroisses de Limeyrat, de Montagnac d’Auberoche, de Lacropte, de Mayac, dans toute la châtellenie d’Auberoche. Ils avaient leur résidence dans un château bâti sur les murs de la Cité de Périgueux.

C’est par la famille d’Abzac de La Douze qu’on sait que les Barrière possédaient des biens sur Saint Geyrac. Les archives de la Dordogne conservent certains de leurs registres fiscaux qui sont la description foncière de tout ce que possède le seigneur. Le « terrier » est un inventaire de chacune des terres concédées avec le nom, l’étendue de chaque parcelle, le nom de la culture et les sommes à recevoir. Il indique également l’historique des titres et des transactions.

Un document en occitan médiéval  23 J 50   de 1265 recense les propriétés des Reilhac , Bertran, Gui, Guillaume ou plus généralement « al senhor de relhac« . On trouve les « mas« , hameaux (ou aussi de grosses fermes ) de « la bordaria , la durantia, lauzelia, monferir » . Par ce document on peut sans doute dire que Montferrier  appartenait aux Reilhac.

Au fil des mariages bien organisés les seigneuries s’ajoutent les droits seigneuriaux aussi et les documents deviennent de plus en plus bavards.

Guillaume Il de Barrière, chevalier , épouse Pétronille de Sanilhac 1245-1287. Leur fils Pierre de Barrière 1265-1340 épouse Brunissande de Mazerolle née vers 1285. Le fils du couple épouse Bertrande de Périgueux née vers 1315?

Leur fils Amalric de Barrière, chevalier, seigneur de Reilhac et de Périgueux 1340-1402 épouse en 1359 Huguette de Guerre. Ils auront trois enfants dont Jeanne de Barrière, de Reilhac en Périgord.

Olivier d’Abzac de la Douze et Jeanne de Barrière

Le 28 mai 1400, elle épouse Olivier d’Abzac de La Douze . A cette occasion père d’Olivier « Aymar de Bellegarde seigneur de La Douze » donne à son fils le lieu de La Douze en toute justice, et tout ce qui lui appartient à Périgueux provenant de la succession de Lambert de Boniface et de celle des Lambert de Vals. Il reçoit également avec leurs revenus les terres de Bellegarde, de Crotz et de Las dans les paroisses de Saint-Peylanès et d’Atur, les biens droits et rentes de Saint Léon, et de Sergeac provenant des Lambert de Vals. Jeanne de Barrière reçoit de son père le lieu de Reillac en toute justice.

C’est donc ce mariage qui apporta aux d’Abzac les biens des Reilhac dans la paroisse de Saint Geyrac dont Montferrier et le bourg.

Les possessions des deux familles sont réunies entre les mains des descendants d’Olivier d’Abzac jusqu’en 1685.

De baron au XVIème les d’Abzac de La Douze deviendront Marquis au XVIIème.

Voici les tires auxquels pouvait prétendre leur fils :

Gui d’Abzac de La Douze né vers 1400-1402, seigneur de La Douze, La Cropte, Reilhac, Sanilhac, Saint-Géraud, Saint-Félix, Saint-Cernin, Mortemar, du château de Mayac (par transaction du 27 mars 1476) , de maison noble de Périgueux (ancien hôtel des Boniface), fut Consul et Maire de Périgueux en 1445. Il épousa vers 1425 Agnès de Montlouis, fille du Seigneur de Montpaon, Malayoles, Bonnes et Vergnoles, de Belleguette de Limeuil  de Sainte Alvaire.

Il mourut le 10 janvier 1479 et sa femme en 1472.

C’est leur fils qui assure la descendance  et ainsi de suite… on augmentait ses titres.

Puis arriva en 1634 Pierre

Pierre II d’Abzac de La Douze 1634-1669 reprend les titres, 3ème marquis de La Douze, baron ou marquis de Lastour, seigneur de Vergt , Barrière et Sanilhac, maintenu en noblesse et dans son titre de 1er baron du limousin le 15 janvier 1667, épouse en 1655 Madeleine de Clermont Labattut qui mourut l’année suivante.

Il épouse en 1667 Finette Pichon fille d’un Président à mortier du parlement de Bordeaux.

Il est accusé du meurtre de sa première  femme par empoisonnement, il est condamné à mort et décapité (les nobles n’étaient pas pendus) en 1667 à Toulouse, ses terres seront confisquées au profit de sa sœur Demoiselle de Clermont et le château sera rasé. Il ne reste que la chapelle qui est aujourd’hui l’église de La Douze, et les armoiries !

D’autres personnes relatent l’histoire de Pierre d’une autre façon : Il fut accusé par son beau-frère d’avoir empoisonné sa première femme. Il y eut un procès et le Marquis fut acquitté. Il provoqua son beau-frère en duel et le tua. Le duel étant interdit, deuxième procès et condamnation à mort, destruction du château, confiscation des biens….

On dit également qu’il n’est pas sûr que le château ait été rasé…

Suit

Jean François d’Abzac de la Douze, †1698 à qui sa tante remettra toutes les terres confisquées. Il épouse en 1688 sa cousine germaine Marie Thérèse de Taillefer.

Jean François vendra la seigneurie de Saint Geyrac en 1685 à Jacques Delpy un jeune habitant de Périgueux qui récupère les droits….

Il meurt sans postérité, et avec lui s’éteint la branche aînée. Les biens et titres passent à une seconde branche.

Frise : Boniface, Barrière et d’Abzac dans le temps