Les évacués d’Alsace et de Moselle

Photo en avant-plan: L’exode des Alsaciens en 1939 – https://www.dna.fr/edition-de-saint-louis-altkirch/2019/07/14/au-soir-du-1er-septembre-1939-le-grand-depart

Le 1er septembre 1939, le gouvernement français annonçait la mobilisation générale avec l’ordre d’évacuation de toute la population civile habitant dans la zone comprise entre la ligne Maginot et la frontière allemande. Le 3 septembre 1939, la France et l’Angleterre déclaraient la guerre à l’Allemagne .

L’évacuation a été organisée à l’approche de la guerre et la Dordogne était un département d’accueil. Dès le 6 septembre, les premiers trains débarquaient des alsaciens en gare de Périgueux. Au 6 octobre, la Dordogne accueillait presque 80 000 évacués dont 12 000 à Périgueux ! C’est ainsi que la mairie de Strasbourg allait déménager à Périgueux.

La commune de St Geyrac était-elle concernée ?

  • Oui ; elle devait accueillir 140 évacués1 , alors que sa population était alors de 437 habitants ! Quels étaient les alsaciens accueillis en septembre 1939 à Saint-Geyrac et dans quelles conditions?

1 Ce nombre est donné dans la brochure 1939-1945 dans le canton de Saint Pierre de Chignac de Yves Bancon, éditée par l’Association Nationale des Anciens Combattants et Amis de la Résistance.

Comment Josette a t-elle pu retrouver la trace d’un de ces alsaciens?

  • Elle disposait de photos de tableaux peints portant la signature « J.Duss 1939 » ou « J.Duss 1940 ». Un tableau représentait l’église bien reconnaissable de notre bourg.

Ainsi, fin 2021, un AVIS DE RECHERCHE a été lancé sur notre site:

« Nous sommes à la recherche de descendants de J.DUSS, évacué alsacien pendant la guerre de 1939-1945. Celui-ci a peint des tableaux sur Saint Geyrac entre 1939 et 1940. »

AGREABLE SURPRISE! Une petite fille de M. Joseph Duss a répondu à l’ appel de Josette Galinat. Joseph Duss n’était plus un inconnu; pour mieux connaître son parcours, cliquez ici

accueil et manifestations chaleureuses des 7 et 8 mai 2023

Le 7 mai 2023, Saint-Geyrac avait l’honneur et la joie d’accueillir 16 descendants de Joseph Duss.

photo de Patrick Ferretti

A l’occasion de la commémoration de la capitulation de l’Allemagne nazie le 8 mai 1945 , le CIS, avec le soutien de la mairie, a organisé diverses manifestations dont l’exposition de nombreux tableaux peints par Joseph Duss durant son séjour dans la commune en 1939 et 1940. Le CIS en a tiré un petit résumé que l’on peut lire en cliquant ici.

Bernard Goerig, avec la participation d’André Untersinger, tous deux descendants de Joseph, a réalisé un très beau diaporama sur ces deux journées amicales marquées par le souvenir.

André Untersinger nous a envoyé fin mai 2023 une jolie lettre de remerciements que l’on peut lire en cliquant ici.

l’arbre de Noël de Saint-Geyrac en 1939

Des évacués alsaciens étaient arrivés depuis septembre 1939 dans la commune. Et déjà la traditionnelle fête de l’arbre de Noël était organisée à Saint-Geyrac. Son déroulement est relaté dans un article de journal de l’époque, lequel nous a été transmis par Geneviève Duss, une petite fille de Joseph Duss. Par ailleurs, Bertine Guine, une saintgeyracoise, qui était enfant à cette époque, s’en souvient très bien.

Pour en savoir plus: cliquez ici.

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D’autres évacués:

Des évacués strasbourgeois ont gravé dans la pierre leur passage à Saint-Geyrac en septembre 1939 (maison BONNET à la Fosse).

Bibliographie

« D’Alsace en Périgord: histoire de l’évacuation 1939-1940 » de Catherine et François Schunck Éditions Allan Sutton 2006

Ce livre est disponible à la bibliothèque de Saint-Geyrac et à la BDDP (bibliothèque départementale Dordogne-Périgord). https://biblio.dordogne.fr/

La drôle de guerre

Le conseil municipal intervient …

Pendant l’hiver 39-40, les armes se sont tues : c’est la « drôle » de guerre. Et pourtant, le maréchal-ferrant du village  est à nouveau mobilisé.

Le 7 février 1940, le conseil municipal de St Geyrac se  réunit sous la présidence du maire, M. Louis Plazanet. On peut consulter le compte-rendu manuscrit (l’original) après sa transcription.

Transcription  de la délibération:

M. le président a ouvert la séance et exposé ce qui suit :

M. Auzy Jean, maréchal-ferrant, est appelé pour la deuxième fois depuis la mobilisation pour les besoins militaires. Le départ de ce dernier du 4 septembre 1939 ayant donné lieu de la part de la population agricole à de nombreuses réclamations concernant sa profession pour les besoins agricoles, le retour du mobilisé dans ses foyers du 30 septembre nous ayant évité de faire appel en faveur de l’agriculture.

Je crois qu’à l’heure actuelle il serait de notre devoir d’adresser aux autorités compétentes une réclamation tendant et demandant pour ce dernier une affectation spéciale.

Le conseil, considérant que le départ renouvelé de M. Auzy Jean, maréchal-ferrant, est l’objet, pour la Commune de St Geyrac et ses immédiats, de sérieuses difficultés ; population essentiellement agricole, privée d’un ouvrier indispensable aux travaux agricoles tant du point de vue des travaux de forge et réparation de machines agricoles que des travaux de ferrure.

En outre, M. Auzy Jean remplit effectivement en dehors des travaux de maréchalerie les fonctions de secrétaire de mairie, charges de plus en plus lourdes par suite du repliement des réfugiés et des travaux  administratifs en temps de guerre.

Par ces motifs, le conseil, au nom de la commune de St Geyrac, demande à Monsieur le Préfet, à Monsieur le Directeur des Services Agricoles et à Monsieur le Commandant du Bureau des Recrutements de bien vouloir accorder à M. Auzy Jean une affectation spéciale en faveur de l’Agriculture et faire en sorte que son départ soit différé.

Nous croyons devoir ajouter que M. Auzy Jean a déjà fait une partie de la guerre 14-18 ; réformé par suite de guerre et reclassé service auxiliaire avec pension de guerre , il a droit s’il y a lieu à quelques considérations.

Ainsi fait et délibéré par les membres présents.

Compte-rendu manuscrit de ce conseil municipal du 7 février 1940 

Précisions sur Jean Auzy et résultat de l‘intervention du Conseil Municipal

M. Jean Auzy, né en 1898, de la classe 18, a été incorporé dans l’armée le 3 mai 1917. Réformé temporaire le 6 février 1920, il a été rappelé lors de la mobilisation générale le 1er septembre 1939. Renvoyé dans ses foyers le 29 septembre, il a été rappelé le 13 février 1940. La délibération du conseil municipal est du 7 février 1940.

A la suite de l’intervention de la municipalité, M. Auzy est classé affecté spécial au titre des services agricoles. Il est rayé de l’affectation spéciale par suite de la démobilisation le 6 juillet 1940.

M. Auzy a été secrétaire de mairie de la commune de St Geyrac  du 1er janvier 1926  au 12 juin 1966.

Un travail à ferrer — ou simplement travail (au pluriel « travails ») — est un dispositif plus ou moins sophistiqué (autrefois fixé dans le sol, et de nos jours mobile) conçu pour maintenir et immobiliser de grands animaux (chevaux et bœufs), en particulier lors du ferrage.

Le travail utilisé par André Auzy, a été exposé au public sur la place de la salle des fêtes. En 2023, étant donné le mauvais état de sa structure, il a été déplacé et mis au rebut.

1975, André Auzy et Sylvie, la fille de Josette Galinat

59 cartes postales anciennes de poilus

En ce 11 novembre 2024, rendons hommage à nos « poilus », à leur mémoire.

Derrière chacune de ces cartes postales , écrites dans un contexte de guerre et de souffrance, émergent de belles émotions telles que la tendresse, l’amour, la beauté … – Les images belles, lisses, peaufinées reflètent un monde heureux qui ne correspond pas à la terrible réalité que traversent ces poilus et leurs proches . Et pourtant, elles illustrent l’espoir, celui de retrouver la paix.

Regardons-les aujourd’hui avec recueillement et un grand respect!

Documents de Josette Galinat

« Messieurs qu’on nomme grands » Le déserteur de Boris Vian chanté par Mouloudji

Droit de chapelle et de tombeaux – Saint-Geyrac

Le 4 mai 1735 l’évêque de Périgueux promulgua une ordonnance qui prescrivait aux possesseurs de tombeaux dans les églises du diocèse de justifier de leur droit pour confirmation.

Chacun a dû fournir copie du titre  de sépulture familiale dressé par son notaire.

Petite précision pour localiser les tombeaux:

Côté de l’épître : côté droit de l’autel en faisant face à l’autel

Côté de l’évangile : côté à gauche de l’autel en faisant face à l’autel

Plan des tombeaux

Voici la transcription de la liste de ceux qui ont droit de tombeaux et de chapelle dans notre église, liste dressée par le curé Farginel le 18 mai 1735.

« Voici ceux qui ont droit de tombeaux et de chapelle.

Mr de la Vidalie droit de chapelle et de tombeaux en icelle du côté de l’épître

Le Sieur REYNAUD a droit  de chapelle et de tombeaux

Il y a dans la chapelle 2 poutres et 6 chevrons et 22 tables ou planches.

Le Sieur BRASSAT  de La  Grelerie droit de chapelle et de tombeaux s’il fait paver et couvrir la chapelle.

Les Sieurs  MONTAYAUD, LESTELOU et  LADEL droit de chapelle et de tombeaux aussi d’autres dont les places sont interdites.

Dans la nef de l’église du côté de l’évangile

BRASSAT siné  (ou) LAPEYRIERE sont en possession de six pieds de large et six de long près de la grosse pile de la chapelle de Reynaud

Plus bas les SENGILION ( SENZILLON) famille éteinte, succédèrent les ESCALIER, six pieds de large et six de long, famille éteinte encore.

Plus bas la chapelle, famille éteinte, toutes ces places qui étaient …..ont recouvré leur liberté en faveur de l’église.

Plus bas sont les tombeaux des FONDALBY six pieds de large et six pieds en long

Plus bas sont les tombeaux des deux  familles de TIBAL de Lauzelie ab indivis (en indivision) de six pieds de large et six pieds de long sous la rente annuelle

Plus bas et près des fonds baptismaux places vacantes et interdites.

Du côté de l’épître

Près de la pile de la  chapelle de notre Dame sont les tombeaux su Sieur LARUE six pieds de large et six pieds de long.

Plus bas les tombeaux du Sieur  CHABASSE siné (ou) FORTIS DE LOUBIAT trois places vacantes entre deux et ledit Sieur de Larue et le sieur Chabasse, de six pieds de large et six  en long.

Plus bas les tombeaux de Pierre DE LOUBIAT siné (ou) de Monsieur PEYLY par succession de six pieds de large et six de long

Plus bas une place qui a été vendue à Pierre LACOMBE marguillier aux conditions qu’il payerait et qu’il ferait paver. Il n’a jamais voulu faire ni l’un ni l’autre, laquelle place est interdite, six pieds de large

Plus bas les tombeaux de Touinissou  DESTREGUIL sous une rente obituelle (vient de obit =service anniversaire pour le repos de l’âme des morts) dont les arrérages sont grands, près le  bénitier, six pieds de large et six de long.

Le milieu de l’église de six pieds de large depuis la porte jusqu’au sanctuaire, toutes ces  places non pavées demeurent interdites.

FARGINEL curé a mis ces mémoires pour éviter les contestations ordinaires qui arrivent ordinairement entre les curés et les paroissiens à quoi on doit ajouter « foy » il n’y a qu’à appeler les anciens

En foy de quoi j’ai signé le 18 mai 1735

Farginel curé »

On peut en déduire que l’église en 1735 n’était pas organisée comme aujourd’hui.

L’actuelle chapelle Saint Joseph située du côté l’épître était la Chapelle Notre Dame  attribuée au Sieur de la Vidalie .

Les autres chapelles sont situées dans le bas-côté.

Les registres paroissiaux ont quelques fois précisé leur nom :

Le 18/11/1671 Loys Reynaud du village de la Bourdarie, âgé de 80 ans environ a été enterré dans la chapelle de ses ancêtres St Fabien et St Sébastien.

Le 36/12/1668 Jean Reynal  Sieur de la Fouillouze est inhumé dans la chapelle Saint Blaise.

 Anne Brassat ( de la Grëlerie) 80 ans est inhumée dans la chapelle Saint Sébastien.

On sait que depuis la visite canonique de 1688 les chapelles appartiennent déjà à ces familles et en plus qu’elles sont mal entretenues.

En 1890 dans la chronique de l’abbé Brugières l’église devait avoir la disposition qu’on lui connait, mais le plafond des chapelles n’est pas encore lambrissé .

Documents originaux en 3 pages:

Les vœux au fil du temps à Saint-Geyrac

Garder des souvenirs en mémoire, c’est aussi l’objectif de ce site.

Ci-dessous, un petit diaporama des cartes de vœux envoyées par la mairie de la commune aux habitants depuis l’an 2000… jusqu’à cette année.

D’ailleurs, il nous en manque une (2002). Vous pouvez compléter la « collection » en nous la faisant parvenir.

Merci par avance!