Prisonniers de guerre saintgeyracois

Le 1er septembre 1939, tous les hommes valides, âgés entre 20 ans et 48 ans, sont mobilisés au moment de la déclaration de guerre avec l’Allemagne. Au niveau national, cela représente 4 564 000 hommes1, sur une population totale de la France de 41 millions d’habitants; la moitié rejoint les unités combattantes.

1 Ce chiffre est tiré de l’ouvrage la Dordogne dans la seconde guerre mondiale sous la direction d’Anne-Marie Cocula et de Bernard Lachaise, Editions Fanlac

La population de Saint-Geyrac, suivant le recensement de 1936, est de 437 habitants; 51 hommes correspondent aux critères de mobilisation, dont 28 sont nés à Saint-Geyrac. Les uns rejoignent les régiments précisés sur leurs fascicules militaires. Les autres, sans affectation, sont démobilisés dès octobre 1939 (blessés de la guerre 14-18, pères de famille nombreuse, classes2 1909, 1910, 1911…).

2 La classe militaire est l’année où le conscrit a 20 ans.

Le tableau ci-après présente des hommes mobilisés en 1939, nés à Saint-Geyrac, qui furent faits prisonniers en 1940 :

Etat-civil

nom et prénom
date et lieu de naissanceâge au 1/09/1939résidence
profession en 1939
Auzy André08/01/1902 
St Geyrac
37 ansle bourgmaréchal
Beau Auguste08/08/1901
     St Geyrac
38 ansLeyssioutetagriculteur
Beaupuy André Jean20/10/1903 
    St Geyrac
36ansla Croix-Bordièreagriculteur
Lamégie Pierre Justin19/02/1909   
St Geyrac
30 ansla Basse Fossemenuisier
Paris Lucien01/01/1913 
Vélines
26 ansécole de St Geyracinstituteur
Reynet Maxime Léo05/12/1916    
St Geyrac
23 ans militaire
Ribette Bertin21/06/1907    
St Geyrac
32 ans
Ribette Emile28/07/1914   
St Geyrac
25 ans
Ribette Jean          (Marcel)6/09/1909    
St Geyrac
30 ansla Coquellerieagriculteur 
Ribette Raymond04/12/1915    
St Geyrac
24 ans

Le 3 septembre 1939, la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne hitlérienne.

Le 8 septembre, la France lance une offensive militaire en Sarre, province allemande voisine de la Lorraine. Dès le 30 septembre, les unités engagées se replient: c’est le début de « la drôle de guerre »; il n’y aura plus de combats jusqu’en mai 1940.

Le 10 mai 1940, la Wehrmacht, l’armée allemande, attaque et contourne la ligne Maginot3. Le 14 juin, elle est à Paris! C’est la débâcle de l’armée française: 1 600 000 soldats français sont faits prisonniers et conduits dans des camps (Stalags ou Oflags).

3 La ligne Maginot est l’ensemble des fortifications construites entre 1927 et 1936 près de la frontière avec l’Allemagne.

4 un Stalag est un camp de prisonniers en Allemagne; un Oflag est un camp de prisonniers réservé aux officiers.

Le tableau ci-après, encore incomplet, liste les prisonniers saintgeyracois. Ceux-ci ne doivent pas être oubliés et méritent le respect et la reconnaissance. Vous pouvez nous faire parvenir les informations manquantes à l’adresse suivante: CIS/ maison des associations/ 24330 Saint-Geyrac ou à cis24association@gmail.com

Etat militaire

Au-delà de la classe 1921, les fiches militaires ne sont pas numérisées. Seule la consultation des livrets militaires permet de compléter le tableau ci-dessous. Appel est donc lancé aux familles qui auraient conservé ce document. ( mail: cis24.association@gmail.com)

nom et
prénom

classe


date
de
mobilisation
statut
militaire

fait
prisonnier le
à

lieu
de
détention
Auzy André1922caporal 2e cl
612e RP
stalag XI B
Fallensbostel
Beau Auguste192101/09/19392e classe21/06/1940 Epinal
(Vosges)
stalag XIII A
Nuremberg
Beaupuy
André Jean
19231e cl
49e train
St Florentin
(Yonne) Stalag XB
Sandbostel
Lamégie Pierre
Justin
1929sergent chef
50e RI
Melun (Seine et
Marne)
Paris Lucien1933Stalag IV A
Elsterhorst (Saxe)
Reynet
Maxime léo
1936sous-
lieutenant
Oflag IV D
Elsterhorst
Ribette Bertin192701/06/1940Stalag I A
Stablack (Prusse)
Ribette Emile19342e cl
126e RI
Stalag IV A
Elsterhorst
Ribette Jean
(Marcel)
19292e cl
220e RI
Stalag VII B
Memmingen
Ribette
Raymond
19352e cl
2e RA
Stalag VI C
Baldhorn-Emsland

Sources

Dénombrement de la population de Saint-Geyrac de 1936 – archives départementales AD

Recensement militaire, archives de Saint-Geyrac

Fiches militaires – AD

Listes officielles des prisonniers français d’après les renseignements fournis par les autorités militaires allemandes – Gallica-BNF

Bibliographie

Los Embarbelats – Jean Jacques GILLOT, Francis-André BODDART, Guy-Francis LACHAPELLE DU BOIS. Impression SEPEC Numérique

Résistants du Périgord – Jean-Jacques GILLOT, Michel MAUREAU. Edition du SudOuest

La Dordogne dans la Seconde Guerre mondiale – sous la direction d’Anne-Marie Cocula et de Bernard Lachaise. Editions Fanlac

Saint Geyrac dans la légende ?

En 732* au cours de la bataille dite de Poitiers ** où Charles Martel associé à Eudes d’Aquitaine vainquit les Arabo-Berbères venus d’Espagne, le gouverneur Omeyyade d’Al Andaluz, Abd al-Rahmân fut tué.

Vaincues, ses troupes désertèrent le camp dans la nuit suivant la bataille et s’enfuirent en direction du sud chargées du butin accumulé aux cours de leurs razzias. Selon certaines sources***, ils firent halte dans un village de la forêt Barade non loin du site de L’herm et auraient enterré leurs trésors dans les coteaux au nord de ce village.

  • * Ou 733, la date fait encore débat
  • **Les historiens s’accordent pour la situer au site du Moussais sur la commune de Vounauil sur Vienne au nord de Poitiers.
  • ***https://jamberties.blog4ever.com repris par le site de la Communanuté de communes du Terrassonais en Périgord noir.

Et si c’était vrai ?

Prisonniers de guerre

Après la débâcle de l’armée française en juin 1940, un million six cent mille soldats (1 600 000) sont faits prisonniers. Beaucoup sont répartis dans des camps en Allemagne (Stalags). «  … un rapport de la préfecture daté de 1947 qui fait état de 13 789 Périgourdins ayant été, plus ou moins durablement, prisonniers de guerre en Allemagne, soit au moins 25% des hommes du département … »1. Parmi ceux-ci, plusieurs cultivateurs de Saint-Geyrac ainsi que son instituteur M. Paris.

Cliquer sur Les prisonniers de guerre saintgeyracois pour consulter un tableau encore incomplet qui recense les saintgeyracois concernés.

Auguste Beau a été un de ces prisonniers. Il a vécu 2 mobilisations lors des 2 guerres mondiales. 8 ans de sa vie loin de sa famille et de sa ferme.

Cliquer ici pour en savoir plus…

1 informations tirées de l’ouvrage : « la Dordogne dans la seconde guerre mondiale », sous la direction de Anne-Marie Cocula et de Bernard Lachaise, Editions Fanlac

Appel à contribution

Photo en avant-plan de Patrick Ferretti.

Lors de sa dernière Assemblée Générale, le CIS a annoncé la mise en oeuvre d’un nouveau chantier pris en charge par Patrick Dougier.

 » Instruire l’Histoire de Saint Geyrac en amont de la période couverte par l’excellent travail réalisé par l’équipe sous le conduite de Josette Galinat et plus précisément l’époque GalloRomaine. »

La frise « Saint Geyrac au fil du temps » s’est donc enrichie :

  • « 1 ? » couronne notre petit personnage Singilarus ou Singilarius
  • « 2 ? » ce qui n’est pas instruit avant l’époque féodale ou Antiquité
  • « 3 ? » la Préhistoire

Ce chantier ambitieux, peut-être osé, se justifie par les attendus qui invitent à la réflexion :

  • On peut admettre que Saint Geyrac a pour origine le nom d’un propriétaire Gallo-Romain Singilarus ou Singilarius , de même que le nom de Milhac se définit comme étant le « domaine d’Emilius »…… (Dictionnaire des noms de Lieux du Périgord- Chantal Tanet et Christian Hordé, Edition Fanlac).
  • Saint Geyrac est encadré par 2 voies romaines assurant la liaison entre Lyon et l’Aquitaine ( Réseau Agrippa), l’une au sud en direction de Bergerac et Bordeaux, l’autre au nord en direction de Périgueux et Saintes. Dans l’ouvrage « Le réseau AGRIPPA dans le département de la Dordogne », le Docteur Trassagnac précise que le tracé Périgueux Brive aborde Milhac par le sud en venant de la Tuillère et que , comme c’était la seule localité notable, il y avait un relais « mutatio » situé au sud de Milhac.
Carte extraite de : « Le réseau d’Agrippa dans le département de la Dordogne du Docteur Trassagnac ». Nous y avons situé approximativement Saint Geyrac .

Ci-dessous cliquez sur le lien pour accéder à la carte interactive des voies romaines sur l’ensemble de l’empire romain. Itiner.e permet de visualiser, d’interroger et de télécharger les routes de l’Empire Romain.

https://itiner-e.org/

Nous avons entrepris pour le moment une étude de fonds d’archives de manière à conforter la pertinence de ce challenge, mais nous devons faire appel aux techniques et informations qui comblent les lacunes de l’écrit, notamment la photographie aérienne et les observations de terrain

  • Arc de cercle et relief particulier observés à la Grellerie
  • Quête de motte et ouvrages de terre
  • Repérage et détection d’objets archéologiques : monnaies, fragments de tuiles ….
  • Recherche d’indices variés : structure de murs….

L’équipe du CIS vous remercie pour vos suggestions.

Article de Patrick Dougier

Autres Instituteurs trouvés dans les archives mais dont on a peu de renseignements.

  • 1877 Mr Bonnet : Registre du Conseil Municipal du 30-12-1877 : Mr Bonnet Institueur, domicilié au bourg, est délégué pour faire partie de la Commission de préparation des listes électorales.
  • 1881 Mr Vendelallère: Gallica.fr discours prononcé par Paul Bert à l’occasion du banquet qui lui a été offert par les Instituteurs de France le 18 septembre 1881. Dans la liste des souscripteurs au banquet, à la médaille et au buste, on peut lire « Mr Vendelallère Instituteur à Saint Geyrac »
  • 1898 Mr Vidal remplaçant de Mr Parre
  • 1926 Melle Lassagne Fernande : née en 1906 à Saint Geyrac fille de Fernand Lassagne, sabotier aux Brugettes, domiciliée aux Brugettes. Sur un registre de la Mairie « 20 août 1929 Lassagne Institutrice fournitures, 148.90F »
  • 1911-1912 Melle Monribot- Mr Bernadou
  • Et peut-être d’autres qu’on trouvera au fil des recherches sur Saint Geyrac.