La période révolutionnaire à Saint Geyrac

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Le 31 janvier 1790, la maréchaussée de Périgueux découvrit à Saint Geyrac, « devant la porte de l’église, un arbre ….baptisé mai de joy. La simme est faite en forme de potence, en y ayant attaché deux mesures de blé, la razoire, un sac, un  écriteau et une plume avec cette inscription ; « quittance finale des rentes », ainsi que la girouette de Monsieur de Saint Gérat »

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Guillaume Delpy de Saint Geyrac

Jacqueline Delpy de Saint Geyrac

Joseph Lacoste Lagélie

Un député de la Noblesse près de chez nous

Louis II de Foucauld marquis de Lardimalie

« Il est né le 7 décembre 1755 au château de Lardimalie, commune de Saint Pierre de Chignac, d’Arnaud et de Marie de Commarque. Chevalier de Malte, il fut capitaine de remplacement au régiment de chasseurs à cheval de Hainaut  Il épousa à Saint-Jean-de-Troyes, en Champagne, le 24 janvier 1782, Elisabeth de Mauroy, dame de Villemoyenne. Il fut élu au troisième tour, le 17 mars, député de la noblesse des états généraux de 1789. Il accepta tout ce qui, dans les idées révolutionnaires, ne portait pas atteinte à sa foi religieuse et monarchique. Ainsi, il signa le serment du Jeu de Paume et fut secrétaire de l’Assemblée du 7 au 9 mai 1791. Il émigra après la séparation de l’Assemblée Constituante, servit en 1792 dans l’armée des Princes et, en 1793, dans celle de Condé. Il fit ensuite toutes les campagnes de l’émigration et rentra en France en profitant de l’armistice impériale de l’an X. Il est mort accidentellement au château de Lardimalie, le 2 mai 1805. En effet, en réparant son château il est décédé enseveli sous les décombres d’une vieille tour »

Dictionnaire des députés de la Dordogne de 1789 à nos jours-Guy Penaud

Il fut le plus remuant de tous nos députés de la Dordogne « batailleur, souvent la canne levée, trouble fête impénitent, toujours assidu aux séances de l’Assemblée et toujours prêt à y porter la contestation….. Il se révéla très représentatif d’une noblesse provinciale, à la fois jalouse de ses privilèges et ouverte à certaines réformes généreuses ; fidèle au roi, mais lui mesurant cette fidélité ; hostile à la noblesse de cour se sentant bien assise au centre de ses domaines peuplés de manants et dominés par les hautes tours de ses châteaux et aux grands dignitaires de l’église, accapareurs de prébendes et de bénéfices.

Constamment, dans ses discours, comme dans ses interruptions parfois sarcastiques et brutales, il se fit l’écho de l’opinion de ses pairs, prudemment libérale et résolument conservatrice, ce qui ne l’empêcha pas, la nuit du 4 août, de se joindre au mouvement général d’abandon (tout à fait relatif) des privilèges…

…Mais ses généreuses intentions ne l’empêchaient pas de cultiver certains préjugés tenaces et rétrogrades, représentatifs de sa caste. Ne lui arriva-t-il pas de lancer, du haut de la tribune, cette déclaration qui dénote un curieux état d’esprit :  » Le peuple est bon ; mais il est facile de le séduire. Il faudrait s’attacher à punir ceux qui l’égarent. j’ai entendu dire à cette tribune que dans dix ans tous les citoyens sauraient écrire. Je n’en crois rien. Mais si cela était, je le regarderais comme le plus grand des malheurs. »

Comprendre la révolution en Périgord, 1789-1795 par André Roulland

Tableaux récapitulatifs des 4 étapes menant à Versailles le 5 mai 1789

Quelques détails

Le feu : le sens primitif de ce mot est  foyer, habitation et par extension famille y habitant. A l’époque moderne ce mot prenait presque toujours le sens d’unité imposable, unité fort difficile à définir, qui ne correspondait plus à rien de précis, ni à une étendue  de territoire, chaque communauté d’habitants était réputée valoir tel nombre de feux, d’après lesquels étaient fixées ses impositions. De nos jours on parle de foyer fiscal.

un feu = environ 4 personnes, pour notre région

166 feux X 4= 664 habitants (environ)

La sénéchaussée : ou plus généralement baillage. Circonscription essentiellement juridique qui est sous la direction des baillis royaux, celle des baillis seigneuriaux est la seigneurie. Dans le midi et dans l’ouest on parle de sénéchaussées et le bailli devient le sénéchal.

Il y a trois sénéchaussées en Périgord : celle de Périgueux, celle de Bergerac, celle de Sarlat.

Préparation des Etats généraux à Saint Geyrac

Image mise en avant : cahier de doléances de Saint Geyrac

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Entre le 1 et le 10 mars 1789, les paroisses vont rédiger leur cahier de doléances et élire leurs délégués. Ces cahiers pas plus que les délégués n’iront à Versailles mais à l’assemblée du Tiers Etat de la Sénéchaussée secondaire à Périgueux.

            Henri Maurit notre curé,  fut chargé de lire au prône de la messe et d’afficher « au devant de la porte principale de l’église », la convocation du Roi  et celle du Sénéchal du Périgord. Le gouvernement le chargea de faire la leçon aux paysans. Il reçut des instructions : « Le peuple dans les campagnes surtout, n’est guère en état de comprendre, par une lecture rapide, les avantages qui peuvent résulter pour lui de la tenue des Etats Généraux, ni de connaître ce qu’il doit faire pour que cette grande assemblée opère réellement tout le bien possible. Je suis persuadé Monsieur le Curé que vous voudrez bien le lui expliquer. » Elles se terminaient ainsi « Comme plusieurs paroisses pourraient être embarrassées pour dresser les cahiers  de leurs instructions ou doléances, je vous en fais passer, Monsieur, un projet que vous voudrez bien communiquer au syndic de votre paroisse. »

            Ce modèle suggérait un plan adopté partout fourni par le juge de la juridiction (Marc Martini Sieur de Lagoufenie) ; description des maux dont souffre la paroisse puis remèdes à y apporter.

A Saint Geyrac le cahier fut élaboré le 6 mars 1789

Deux parties composent ce document / AD microfilm 6C12

Le Procès verbal, document juridique garantissant la validité des élections, et toujours la signature des présents quand ils savent signer. Voir la transcription.

Puis vient le cahier proprement dit contenant les doléances. Voir la transcription

Saint Geyrac en 1789… que peut-on savoir en lisant ces cahiers de doléances ?

La paroisse compte 166 feux soit 664 habitants environ.

Qui vote ?

Il faut être né français, âgé de 25 ans, compris dans le rôle des impositions, habiter Saint Geyrac.

La liste des participants :

69 hommes et 2 femmes

Le curé n’est pas mentionné mais il a fait un travail en amont.

Lieu de la réunion

Le presbytère

Les métiers de quelques participants

Sonneur de cloches  1

Tisserand  1

Laboureur  2 (celui qui possède les animaux et le matériel de labour, l’agriculteur d’aujourd’hui)

Journalier  1 (celui qui se loue de manière temporaire)

Maître en chirurgie 1

Les « chaffres » ou surnoms

Indispensables car les prénoms choisis ne sont pas variés, ce sont ceux des parrains et marraines, frères ou sœurs

Pierre  Delage dit Fayoulet-Pierre Boudit dit Marguissou-Pierre Andraud dit Bitard

Léonard Laronze dit Grangnau-Jean Perrot dit Quinque-Jean Daubisse dit Marchedroit

Antoine Bretou dit Valade-Pierre Bretou dit Mauricor-Jean Desmons dit Picher

Jean Pascalet dit  « mbon »-Bernard Pascalet dit Poulard-Jean Tibal dit Rebingou

Jean Bourdichou dit Caton

Des précisions

Jean Desmons fils d’Huguet

Jean Crubelier aîné

Le nommé Grangnau (on  ne connaît pas le prénom)

La veuve du sieur Sengense en son vivant Maître chirurgien

Léonard Bourdichou de Jean Merle

Les  femmes qui paient des impôts

La veuve du Sieur Desmaison

La veuve du Sieur Sengense

Le titre de Sieur

 Le simple « Sieur »indique une profession intermédiaire -souvent aussi une terre et vous donne l’air d’un notable

Marc Martini, Sieur de Lagoufinie, juge de Paix de notre juridiction

Les notables habitant la Paroisse

La Taleyrandie : François Desmaisons de la Taleyrandie . Il vit avec sa mère veuve.

La Grêlerie : Pierre Brassat Meynor  ou Brassat Dumeynor ou Meynot

Jacques Montayaud

Qui sont les délégués ?

Les notables rentiers : Pierre Brassat sieur du Meynor et François Desmaisons sieur de la Taleyrandie

On y trouve une description de la paroisse 

 « établie sur un sol presque entièrement disposé en vallées ,en collines rudes, pierreuses, en général couvertes de bois et pour ces raisons sujet à la ravine, aux inondations, au brouillard et aux gelées, lesdits habitants ne retirent jamais que de très médiocres récoltes qu’il leur faut arracher des entrailles de la terre par des travaux sans relâche et des peines sans fin. Eloignés de tout lieu de commerce, ils n’en ressentent pas une influence. Enfin placés entre deux grandes routes pratiquées de Périgueux à Sarlat et de Tulle à Bordeaux, après avoir eu la peine de construire une grande étendue, il leur reste à présent la charge de les entretenir souvent suivie de celle des voitures, des équipages, des troupes du roi qui depuis plusieurs années ont un passage assigné sur la première. A tous les désagréments dérivant de la nature du climat « se réunissent la prorogation de deux vingtièmes qui auraient dû prendre fin depuis longtemps avec l’imposition d’une taille  qui élevée par degrés d’un taux « exhorbité » eu égard aux revenus desdits habitants ».

Les impôts sont écrasants et on ne peut plus s’en sortir !!!

Les maigres revenus, « la rigueur des impôts font que les femmes et les enfants en sont réduits à aller mendier leur pain . Il reste en friche une partie considérable des terres……..les industries et toutes activités y sont bannies ».

Bref  la paroisse est misérable.

Les habitants émettent des souhaits

 « Enhardis par la liberté qui leur est donnée de s’expliquer à cet égard »

  • assujettir tous les biens du royaume à la charge publique
  • rayer d’une main courageuse toutes les pensions qui d’après examen ne seraient pas trouvées d’être vraies services rendus à l’état
  •  réduire à de justes bornes les appointements attachés à de grandes places de même que ceux des emplois lucratifs de finances.
  • Enfin une des plus grandes obligations de l’état étant de pourvoir aux besoins des pauvres, il leur paraît encore qu’on trouverait une ressource aussi étendue que peu onéreuse en assujettissant  tous ceux qui dans la suite seraient pourvus de bienfaits, à donner une partie  des revenus qui leur reviendraient pour être distribués aux pauvres ».  
  • Le manque de temps ne leur permet pas, disent ils, d’entrer dans les détails, mais, « il est aujourd’hui d’autant plus important de proscrire remises et gratifications qu’elles sont arrosées du sang et des larmes des misérables »

Ont signé

Il est écrit en toutes lettres : « ceux des habitants  qui savaient » -8 personnes.

Brassat du Meynot   -Desmaison-Lasserre- Fortis- Boudy- Andraud- Daubisse- Reynaud

Autres réponses face aux pénuries

Les réfugiés nombreux dans la région ont des difficultés de ravitaillement. Les autorités les encouragent à cultiver un jardin potager. Des cartes de jardinage sont établies; elles donnent droit à des semences, à du matériel pour jardin. « Les pouvoirs publics incitent également au ramassage des fruits sauvages (marrons d’Inde, glands, faînes, châtaignes, cynorrhodons, …) »1 .

1 phrase extraite de l’ouvrage déjà cité: la Dordogne pendant la seconde guerre mondiale

La pénurie ne touche pas que le secteur alimentaire. Des cartes de vêtements sont distribuées.

Pour se chauffer et s’éclairer, des demandes de pétrole sont adressées à la mairie.

transcription:

St Geyrac,  le 29-4-44 à M. Auzy

Monsieur,

Je vous donne une commission par Montoriol, pour savoir si oui ou non j’ai droit à toucher du pétrole.

Car je suis métayer à la Combie, chez madame Lidove. Et j’ai mon logement particulier, alors il faudrait bien que je m’éclaire.

Je vous prie, Monsieur le Maire, avec tous mes remerciements d’avance de bien vouloir me donner une réponse par Madame Montoriol.

Recevez Monsieur le Maire mes respectueuses salutations.

Henri Lachaud, la Combie

La pénurie concernait aussi des produits qu’on estimerait aujourd’hui non indispensables: le tabac et le vin. En 1946, une carte de tabac a été délivrée et, en 1947, une carte de vin.

L’essence est contingentée. L’achat de carburant est conditionné par une demande déposée en mairie.

registre de la mairie 1946