Des Boniface aux D’Abzac

Image mise en avant :armoiries de la maison d’Abzac en 1400- La Douze, Photo J Galinat

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Guillemette de Boniface est la fille et héritière universelle de Lambert de Boniface seigneur de Beauregard et de Fine La Roche. Elle naquit vers 1350. Une note dit qu’elle est encore vivante en 1431. Elle épousa Pierre Vals dit de Périgueux, chevalier, fils d’Hélie de Vals et neveu et héritier de Lambert de Vals surnommé de Périgueux.

De ce premier mariage elle eut un fils Boson, qui mourut jeune, peu de temps après son père.

Guillemette hérita de Boson.

Elle épousa en 1373 Adhémar d’Abzac et lui apporta les trois héritages ; Vals, Périgueux, Boniface dont la Douze et des terres chez nous.

Par acte du 31 mai 1387 (Archives de Pau, registre des hommages rendus au Comte du Périgord) Guillemette indique qu’elle reconnait tenir d’Archambaud Comte du Périgord, la place forte de La Douze et ce qu’elle possède  dans les paroisses de La Douze, La Cropte, Sengeyrac, Trélissac, Marsanneix, Champcevinel, Saint Paul de Serre, Razac, Beauronne, sous hommage franc et noble.

Le 28 mai 1394, elle fait une donation universelle à son mari.

Adhémar mourut vers 1414 et elle vers 1431. Elle fut inhumée dans l’église des Cordeliers à Périgueux (actuellement la Visitation).

Ainsi la terre de La Douze appartenant à la famille d’Abzac,  le nom deviendra d’Abzac de La Douze. Adhémar et elle,  eurent 6 enfants. Olivier, leur fils aîné 1375-1428, écuyer du duc d’Orléans épousa le 28 mars 1400 Jeanne Barrière dame de Reilhac 1380-1477.

Des Barrière aux d’Abzac de La Douze

Image mise en avant :armoiries de la maison d’Abzac en 1400- La Douze, Photo J Galinat

La maison des Barrière est une des plus anciennes et des plus illustres du Périgord. Elle possédait au XIV e siècle la châtellenie de Reillac composée des communes de Saint Cernin de Reillac et de Saint Félix de Reillac, ainsi qu’un grand nombre de fiefs dans les paroisses de Limeyrat, de Montagnac d’Auberoche, de Lacropte, de Mayac, dans toute la châtellenie d’Auberoche. Ils avaient leur résidence dans un château bâti sur les murs de la Cité de Périgueux.

C’est par la famille d’Abzac de La Douze qu’on sait que les Barrière possédaient des biens sur Saint Geyrac. Les archives de la Dordogne conservent certains de leurs registres fiscaux qui sont la description foncière de tout ce que possède le seigneur. Le « terrier » est un inventaire de chacune des terres concédées avec le nom, l’étendue de chaque parcelle, le nom de la culture et les sommes à recevoir. Il indique également l’historique des titres et des transactions.

Un document en occitan médiéval  23 J 50   de 1265 recense les propriétés des Reilhac , Bertran, Gui, Guillaume ou plus généralement « al senhor de relhac« . On trouve les « mas« , hameaux (ou aussi de grosses fermes ) de « la bordaria , la durantia, lauzelia, monferir » . Par ce document on peut sans doute dire que Montferrier  appartenait aux Reilhac.

Au fil des mariages bien organisés les seigneuries s’ajoutent les droits seigneuriaux aussi et les documents deviennent de plus en plus bavards.

Guillaume Il de Barrière, chevalier , épouse Pétronille de Sanilhac 1245-1287. Leur fils Pierre de Barrière 1265-1340 épouse Brunissande de Mazerolle née vers 1285. Le fils du couple épouse Bertrande de Périgueux née vers 1315?

Leur fils Amalric de Barrière, chevalier, seigneur de Reilhac et de Périgueux 1340-1402 épouse en 1359 Huguette de Guerre. Ils auront trois enfants dont Jeanne de Barrière, de Reilhac en Périgord.

Olivier d’Abzac de la Douze et Jeanne de Barrière

Le 28 mai 1400, elle épouse Olivier d’Abzac de La Douze . A cette occasion père d’Olivier « Aymar de Bellegarde seigneur de La Douze » donne à son fils le lieu de La Douze en toute justice, et tout ce qui lui appartient à Périgueux provenant de la succession de Lambert de Boniface et de celle des Lambert de Vals. Il reçoit également avec leurs revenus les terres de Bellegarde, de Crotz et de Las dans les paroisses de Saint-Peylanès et d’Atur, les biens droits et rentes de Saint Léon, et de Sergeac provenant des Lambert de Vals. Jeanne de Barrière reçoit de son père le lieu de Reillac en toute justice.

C’est donc ce mariage qui apporta aux d’Abzac les biens des Reilhac dans la paroisse de Saint Geyrac dont Montferrier et le bourg.

Les possessions des deux familles sont réunies entre les mains des descendants d’Olivier d’Abzac jusqu’en 1685.

De baron au XVIème les d’Abzac de La Douze deviendront Marquis au XVIIème.

Voici les tires auxquels pouvait prétendre leur fils :

Gui d’Abzac de La Douze né vers 1400-1402, seigneur de La Douze, La Cropte, Reilhac, Sanilhac, Saint-Géraud, Saint-Félix, Saint-Cernin, Mortemar, du château de Mayac (par transaction du 27 mars 1476) , de maison noble de Périgueux (ancien hôtel des Boniface), fut Consul et Maire de Périgueux en 1445. Il épousa vers 1425 Agnès de Montlouis, fille du Seigneur de Montpaon, Malayoles, Bonnes et Vergnoles, de Belleguette de Limeuil  de Sainte Alvaire.

Il mourut le 10 janvier 1479 et sa femme en 1472.

C’est leur fils qui assure la descendance  et ainsi de suite… on augmentait ses titres.

Puis arriva en 1634 Pierre

Pierre II d’Abzac de La Douze 1634-1669 reprend les titres, 3ème marquis de La Douze, baron ou marquis de Lastour, seigneur de Vergt , Barrière et Sanilhac, maintenu en noblesse et dans son titre de 1er baron du limousin le 15 janvier 1667, épouse en 1655 Madeleine de Clermont Labattut qui mourut l’année suivante.

Il épouse en 1667 Finette Pichon fille d’un Président à mortier du parlement de Bordeaux.

Il est accusé du meurtre de sa première  femme par empoisonnement, il est condamné à mort et décapité (les nobles n’étaient pas pendus) en 1667 à Toulouse, ses terres seront confisquées au profit de sa sœur Demoiselle de Clermont et le château sera rasé. Il ne reste que la chapelle qui est aujourd’hui l’église de La Douze, et les armoiries !

D’autres personnes relatent l’histoire de Pierre d’une autre façon : Il fut accusé par son beau-frère d’avoir empoisonné sa première femme. Il y eut un procès et le Marquis fut acquitté. Il provoqua son beau-frère en duel et le tua. Le duel étant interdit, deuxième procès et condamnation à mort, destruction du château, confiscation des biens….

On dit également qu’il n’est pas sûr que le château ait été rasé…

Suit

Jean François d’Abzac de la Douze, †1698 à qui sa tante remettra toutes les terres confisquées. Il épouse en 1688 sa cousine germaine Marie Thérèse de Taillefer.

Jean François vendra la seigneurie de Saint Geyrac en 1685 à Jacques Delpy un jeune habitant de Périgueux qui récupère les droits….

Il meurt sans postérité, et avec lui s’éteint la branche aînée. Les biens et titres passent à une seconde branche.

Frise : Boniface, Barrière et d’Abzac dans le temps

François Reynaud Sieur de la Vidalie, Sieur de Giverzat

Image mise en avant : la chartreuse de la Côte en 2013 -Photo J Galinat

né vers 1728 et † Saint Geyrac le 03-10-1802.

Le 18 juillet1763 on trouve sur les registres de St Front un acte de consentement pour délocaliser son mariage à Preyssac . Son épouse est Anne Charle Preyssard . C’est le curé Preyssard de Coulounieix ( probablement membre de la famille) qui assurera le mariage.

Acte de consentement à la délocalisation du mariage -AD registre de Saint Front

L’acte de mariage se trouve donc à Preyssac ancien nom de la Commune de Château Lévêque à la date du 19 juillet 1763.

On y apprend que François est avocat en la cour et bourgeois de la ville de Périgueux.

L’épouse signe Anne Charle. Il semblerait donc que le nom de famille soit Charle de Preyssard.

Les deux curés, celui de Preyssac et celui de Coulounieix ont signé.

Acte de mariage à Preyssac -AD

François  sera notre premier Maire ; il sera nommé en janvier 1790 juste après la Révolution.

Dans la série des AD 2 E 1816/76  on trouve un document attaché à la copie de l’hommage du sieur Jean Desmaison.

Le marquis de La Douze fit présenter les deux documents  à  François Reynaud, sieur de la Vidalie, avocat à la cour, bourgeois de Périgueux, habitant la paroisse de Saint Front   à son domicile de La Cotte le 19 décembre 1770, lui demandant de régler « certains profits des fiefs » et « de lui faire hommage » .

Pourquoi cette requête ?

Le marquis de La Douze se référait au document des son ancêtre Charles de La Douze en date du 3 juin 1737. Il estimait que les actuels propriétaires de La Cotte devaient se plier aux promesses faites par Jean Desmaison le 3 juin 1737 à l’issue de l’hommage et lui payer les profits du fief.

François Reynaud dû faire appel à «Guillaume Delpy , chevalier, seigneur de Saint Geyrac» pour démêler l’affaire. On arriva aux conclusions suivantes : François Reynaud payait des rentes à Guillaume Delpy, il ne pouvait les payer à deux seigneurs à la fois!!

Voici quelques renseignements trouvés sur les derniers membres de cette famille Raynaud :

Après 1790 on n’enterre plus dans l’église, la Famille Reynaud a été ensevelie dans la cimetière près de l’église.

Le 16 avril 1800, c’est un enfant de 10 jours Etienne fils de François qui rend l’âme.

Le 03 octobre1802 c’est François Reynaud  Lavidalie, 73 ans, qui décède il est noté « homme de loi ».

 Après lui plus de trace de la famille, on ne sait pas qui a vendu au propriétaire suivant.

Joseph Reynaud Sieur de la Vidalie, Sieur de Giverzat

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Image mise en avant : la chartreuse de la Côte en 2013 -Photo J Galinat

 21 décembre 1740

Archives Départementales 2 E 1816/76-6

Joseph Reynaud Sieur de Giverzat Bourgeois de Périgueux achète « par contrat du 21 décembre 1740 du sieur Desmaison »le repaire noble de  La Cotte.

29 mars 1753, un document de Guillaume Delpy de Saint Geyrac nous apporte une précision : il indique que les Reynaud ont acheté à un Jean Desmaison…

A  St Geyrac il y a des Reynaud « au village de la Cotte » avant 1740.

On trouvera l’orthographe de Raynaud.

On a déclaré le décès de 2 Reynal  « du village de la Cotte »

Bertrand † 21décembre1669 à l’âge de 20 ans il est noté « sieur de la Cotte » puis « du village de la Cotte».

Jean Reynal Sieur de la Fouillouze † 6 décembre 1669 « du village de la Cotte »  fut enterré dans notre église dans la chapelle St Blaise (chapelle disparue) lieu du tombeau de la famille « par le sieur Curé  de Milhac »

On trouve aussi un Pierre Raynaud °08 janvier 1681 à St Front  et fils de Charles Raynaud Sieur de la Vidalie Bourgeois (de Périgueux) et de Louyse Claire de Esclafer. Il a pour parrain Pierre de Raynaud et marraine Thoinette de Raynaud. Pierre décèdera à St Geyrac le 17 mars 1681.

1735

Le 10 octobre : baptême de Julienne,  fille d’Hélie Reynaud Sieur de Giverzat et de Jeanne de Lapouge. Il s’agit de Joseph   renommé Hélie.

1738

24 décembre : † de Julienne Reynaud  fille de Joseph.3 ans, « ledit enterrement a été fait dans l’église » de Saint Geyrac

28 décembre : † de Joseph 15 j fils de Joseph, enterré dans l’église et dans la chapelle Notre Dame.

Après l’achat du 21/12/1740

Joseph Reynaud Sieur de Giverzat, Sieur de la Vidalie

Né vers 1705 (St Front ?) † 21décembre1760 à SG à l’âge de 55 ans.

18 février 1757 Archives Départementales 2 E 1816/76-6

Une « aimable contestation » éclate entre Guillaume Delpy de Saint Geyrac et Joseph Reynaud au sujet du droit de chasse. Le jugement sera rendu en mai.

17 mai 1757 Archives Départementales  2 E 1816/76-6

« Nous messire Guillaume Delpit, seigneur de Saint Geyrac et autres, habitant son château de Saint Geyrac d’une part et Joseph Reynaud , sieur de Giverzat, bourgeois de Périgueux habitant actuellement le repaire de la Cotte, paroisse de Saint Geyrac d’autre  pour terminer à l’amiable les contestations sur lesquelles nous étions sur le point d’entrer……».

Il s’agit du jugement des avocats de ces deux messieurs  à l’occasion des affaires survenues entre Guillaume Delpit et Joseph Reynaud sieur de Giverzat et de la Vidalie pour le « droit de chasse et les fiefs de la métairie de la Cotte » que le sieur de Giverzat aurait acquis de Desmaison de Ladouze.

Jugement : Le Sieur de Giverzat doit l’hommage dudit fief au Seigneur de Saint Geyrac. Il a le droit de chasse

           Joseph Reynaud   a épousé Jeanne Lapouge.

Ils auront 7 enfants tous nés à St Geyrac 

  • François ° ca 1728 qui va suivre et † 03 octobre 1802 à Saint Geyrac
  • Marie ca 1733 et † 1799 mariée le 19 août 1755 à Saint Geyrac avec Martial Lacoste Lagélie
  • Julienne °10/10/1735 et † 24 décembre 1738 à Saint Geyrac
  • Marie °18/08/1737 et † 04 décembre 1796 à Saint Geyrac-elle était religieuse
  • Joseph ° ? † 28 décembre 1738 inhumé dans la chapelle Notre Dame de notre église.
  • Catherine °20 février 1741
  • Jeanne °07 novembre 1742

Joseph meurt 21 décembre 1760 SG à l’âge de 55 ans est enterré dans sa chapelle . Il serait donc né vers 1705

Pierre de Belleyme

Image mise en avant : carte de Belleyme n°23

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            Pierre de Belleyme naquit le 14 mars 1747 en Dordogne.

Acte de naissance en date du 14 mars 1744 -Paroisse de Beauregard- Archives de la Dordogne

Son acte de naissance nous indique qu’il est le fils de Pierre maître chirurgien et de Françoise Crevet.

Il épousera en 1784 à Paris Anne-Marguerite Dubois

 Le 6 novembre 1766 il fut chargé « en qualité de sous-ingénieur géographe de sa majesté de la levée, vérification, correction et direction des travaux relatifs à l’exécution de la carte topographique de la province de Guyenne » 

Dès 1776 il gravera des planches cartographiant la Guyenne de l’époque. Dès 1783 on aura sa première carte détaillée.

La république remplaça la monarchie, mais la géographie continua…le relevé des cartes aussi car « il était indispensable d’avoir au plus tôt les cartes de 85 départements ». Le 23 février 1793 le Comité de Division de la Convention nationale arrête que « pour ce travail les citoyens Belleyme et Henry, géographes, seraient employés pour suivre les ouvrages du Comité »

Le 25 octobre 1795 ce même Comité se déclare satisfait du travail accompli et « certifie que le citoyen Pierre de Belleyme géographe de la République et du comité a constamment donné des preuves de son attachement à la chose publique, qu’il lui a consacré sous nos yeux pendant trois ans, tous ses moments et tous ses talents et a rempli avec exactitude, zèle et intelligence, les fonctions relatives à sa place, à la satisfaction du comité»

Le lendemain , la Convention rendit à Belleyme un honneur très rare en prenant à son égard un décret spécial. Une récompense pour « les preuves de son attachement à la chose publique » lui était promise aux archives de la République.  Il y resta jusqu’à sa mort, il avait plus de 72 ans.

Pierre de Belleyme aurait été officier du génie avant d’être ingénieur géographe. Il fut anobli par Louis XVIII en raison de ses travaux. Il était le cousin germain de Louis François de Belleyme représentant la branche restée en Périgord.

A l’échelle 1/43 200 les levées ont été effectuées pour le Périgord entre 1761 et 1774 et vérifiées entre 1773 et 1789.  Au total 35 feuilles de format 90×56 et 16 demi feuilles de format 45×56 constituent un outil pour l’étude des circonscription administratives, la répartition de la végétation, l’implantation et l’étendue des villes et des hameaux et l’étude des noms de lieux-dits.

La carte  n° 23 de la série concerne notre Commune. On peut encore se la procurer à l’IGN.

Légende

 Son fils, Louis Marie, né en 1787 mort en 1862, fut préfet de police, Président du tribunal de la Seine, Député de la Dordogne, Vice président de la chambre des Députés. Il eut trois enfants dont un fils, Charles Adolphe 1818-1864, lui aussi Député de la Dordogne.

 Tous les trois recevront la légion d’honneur

Pierre le 11 janvier 1815- grade Chevalier-Notice L 0166082 Base Léonore

Louis Marie 31 Mai 1837- grade de Commandeur-Notice L0172003 Base Léonore

Charles Adolphe le 18 octobre 1855-grade Chevalier – Notice L0172001 Base Léonore