Plan de l’église de Saint-Geyrac

Légende

Eglise primitive XIIème siècle –coupole disparue-à cette époque le voûtement préféré est la coupole, généralement sur pendentif

Bas-côté XIV ème siècle à l’origine voûté d’ogives (départ des arcs)

Clocher dont le sommet fut  remonté au XVIIème siècle

Escaliers vers le clocher

Sanctuaire ou chœur

Grille, sépare le sanctuaire des fidèles

Sacristie

Chevet plat, plus simple, plus économique

Chapelle des Soldats

Cuve baptismale

Portail latéral donnant sur le presbytère.

Le clocher et la cloche de Saint-Geyrac

A gauche de l’entrée de l’église, un escalier à vis mène au clocher. Il est éclairé par  un oculus quadrilobé.

La cloche

En 1673 les syndics fabriciens de Saint-Geyrac, demandent qu’il soit permis d’imposer les habitants pour le paiement de la fonte de deux cloches, suivant le marché fait avec un maître fondeur de Villeneuve en Agenais. Ce texte des Archives de la Dordogne montre qu’en 1673, 2 cloches sonnaient à Saint Geyrac. En 1844, le 18 mai on remarque sur les registres du Conseil que le Préfet autorise la Commune à s’imposer pour la refonte de LA CLOCHE. En 1673, 2 cloches, en 1844, 1 cloche ! On peut supposer que la manquante a été fondue pour fabriquer…les canons de la Révolution, ou peut-être n’en a-t-on remis qu’une seule en 1673 ?

Elle fut électrifiée en 1969 sous le mandat de Mr Beaupuy.

1970 : Philippe Roumanie  est chargé d’aller déchiffrer les inscriptions sur la cloche.

Voici les inscriptions que l’on peut  lire dessus :

 « Consacrée en 1673, elle fut refondue en 1844 aux frais des contribuables de la Commune sous l’administration du Maire Monsieur de Lamenuze, bénie le 1er septembre 1844 par Monsieur Boyer, curé de L et de Saint Geyrac. parrain, M Laroche-Lacoudonie, juge de Paix ; marraine Françoise-Aimée Lacombe née Michellet . Martin et Gouyot fondeurs.» (L désigne La Douze)

Des motifs décoratifs y figurent également : à l’ouest, une cloche dans un écu et le nom de Gouyot fondeur ; à l’est, un calvaire et les noms de Martin et Gouyot ; au nord, un évêque et au sud, une vierge.

Vitraux de l’église de St Geyrac

En 1626, lors d’une visite canonique, notre église est dans un état lamentable.

En 1688, lors d’une autre visite le sanctuaire est en assez bon état mais pas vitré

Les vitraux ont été restaurés en 1991 grâce à un don anonyme.

Les plus anciens XIXème

Les plus récents XXème

Saint Christophe offert  en 1900 par la famille de Saleneuve (Desmaison de la Taleyrandie)

Saint Joseph offert en 1900  par les familles Vizerie-Millet

Les familles Vizerie- Millet

Joseph Marie François Auguste Laurent Millet achète une propriété sise à Leyssioutet, à Jean Chinour et son épouse Catherine Cruvelier(1) , le 14 juin 1900. C’est cette année 1900 que Joseph Millet et son épouse née Vizerie firent don du vitrail à l’église.

J Millet est Lieutenant au 14ème RI en garnison à Brive . Il est né le 09/10/1865 à Nyons . Il a épousé le 09/10/1892 à Issigeac, Marie Marthe Thérèse Vizerie .

J Millet décède le 17/02/1908 à Brive. Il a fait un testament en faveur de sa femme le 14/11/1895 à Issigeac. Ce testament est accepté par les seuls héritiers réservataires qui sont les parents du défunt.

Cette propriété a été louée en 1911 à Louis François  Sarlandie de la Robertie 1873/1948. Il est le fils de Joseph Georges avant-dernier enfant du couple Guillaume Prosper Sarlandie de la Robertie et Marie Victorine Lacoste Lagélie. Louis François achète  en 1919 le château de la Pommerie à Cendrieux et s’y retire. Il le vend en 1947 à la famille de Mr de Witt descendant du plus jeune frère de Napoléon Ier, Jérôme Bonaparte 1784/1860. Cette famille  en fera un  magnifique musée à la gloire de Napoléon 1er.

Madame Millet vendra ce bien le 28/04/1914 à Jean Augustin Théodore qui sera maire de Saint Geyrac de 1926 à1932.

(1) Catherine Cruvelier ou Crubidier (1831- 1907) épouse en 1859 Sicaire Lacoste. Ils sont les ancêtres de la famille Duvaleix. Veuve en 1871, Catherine épouse Jean Chinour en 1873.

Saint Paul  offert en 1914 par le curé de la paroisse  M P(Paul) L Curé

Sainte Antonia  offert en 1900 à la mémoire de  Marie Antoinette Foulcon Peyly née de Vassal-Rignac (Lauzelie) † 07/02/1900 à Paris

Transformations de l’église au cours des ans

Le christianisme est une religion de la ville. Il n’y a pas d’éléments qui permettent de dater son établissement dans les campagnes jusqu’à l’époque mérovingienne.

On peut penser qu’à partir du VIème siècle, mais plus sûrement  du Xème une église a été construite, mais aucun document ne permet de l’affirmer.

De l’église primitive il reste peu de chose, l’ensemble ayant été remonté et un bas côté ajouté au XIVème siècle.

La plus ancienne mention de l’église remonte au XIIIème siècle : une petite charte de 1263 qui contient « une donation par Arnaud de Bosville sieur de Miremont à l’église de Sengeyrac et au chapelain d’icelle Raymond de Carpinel, de tous ses droits sur ladite paroisse ». Les deux fils du donateur, Arnaud, Archidiacre de Périgueux et de la même église de Sengeyrac et Gaillard (son autre fils) comparaissent dans l’acte et le ratifient. ( BSHAP n°9 p 428)

La paroisse fut unie au chapitre de Saint-Front en 1276.

La paroisse appartenait à deux familles distinctes, les Vals de Périgueux et les Reilhac Barrière. Ce sont les Reilhac  Barrière qui possédaient le bourg et l’église.

Les biens des Vals arriveront dans la famille d’Abzac par l’intermédiaire de Guillemette de Boniface veuve de Pierre Vals et son unique  héritière après le décès en bas âge de leur fils Bozon, et son remariage avec Adhémar d’Abzac à qui elle fera la donation de tous ses biens en 1394.

Ils auront 6 enfants.

L’aîné Olivier d’Abzac de Ladouze épouse le 28 mars 1400, à Notre Dame de Sanilhac, Jeanne de Barrière de Reilhac en Périgord,  fille d’Amalric de Barrière,   chevalier seigneur de Reilhac et de Périgueux ( °1340 †1402), et de Huguette de Guerre (°1345 † ? ).

C’est ce mariage qui apportera aux d’Abzac les biens des Reilhac dans la paroisse de Saint Geyrac dont l’église. Pour se faire accepter de la population Olivier d’Abzac en profitera pour la  rénover et elle perdra son caractère roman. Il y ajoutera ses nouvelles armoiries.

l’Abbé Brugière  nous les  signalera en 1890 lors de sa visite. Il en fera le relevé et consignera dans ses chroniques « Armoiries à l’église de Saint Geyrac (d’Abzac et Barrière) relevées le 27 février 1890 sur une pierre de l’église à l’extérieur de l’abside » puis les « émaux ne sont pas marqués ». Plus haut dans sa description il avait noté « A l’angle N E extérieur au chevet de l’église on remarque à 3 ou 4 m de hauteur les armoiries sculptées des familles d’Abzac de Barrière» (Archives de l’Evêché)

En 1905, Léonard Béchade fait une communication sur  Saint Geyrac, au premier congrès de la société Préhistorique de France à Périgueux. Sur le recueil de ce premier congrés,  on trouve une note sur les armoiries qu’il a pu observer sur le chevet extérieur de l’église. Il écrit ceci :

« On a discuté pour savoir si les trois léopards ont figuré dès le principe des armes des D’Abzac. Les personnes (qui se rendraient à Saint Geyrac), pourront si l’art héraldique les intéressent, observer au chevet de l’église romane de Saint Geyrac le blason des d’Abzac, gravé sur une pierre de taille en saillie. Or, les trois léopards manquent ; la construction de l’église datant du XIIe ou du XIIIe siècle, il me semble logique de conclure ainsi : cette addition aux armes premières des d’Abzac, de ces emblèmes d’origine évidemment britannique, a dû se produire pendant la guerre de cent ans, lorsque les d’Abzac possesseurs de fiefs en Guyenne avaient pour suzerain le roi d’Angleterre »

En 1906 dans le « Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et scientifiques » il fait une nouvelle communication à ce sujet, l’éditeur placera par erreur  Saint Geyrac dans le « Lot ».

La guerre de 100 ans a duré de 1337 à 1453. « Le 11 décembre 1407 Adhémar frère de Guinot d’Abzac, envoie prévenir les maires et consuls de Périgueux qu’un groupe d’Anglais au nombre de 400 chevaux et plus, est dans le pays et cherche à s’emparer d’une place…. »

Voilà ce qui peut nous donner une idée  de la date d’ajout des léopards de Guyenne.

Notre église en 1626

Une visite est faite par Monseigneur de la Béraudière : le verdict est sans appel

Notre église est dans un état lamentable!

On aurait pu croire à une amélioration? Non! Pourquoi?

Les temps sont troublés par la Fronde, l’organisation financière de l’Eglise est déplorable: l’argent est perçu par les gros décimateurs, le vicaire a « la portion congrue ».

Le 24 avril 1685, les d’Abzac se séparent de presque toutes leurs possessions sur la paroisse, dont le bourg avec tous ses droits honorifiques dans l’église, et les vendent à Jacques Delpy, écuyer, Conseiller du Roi, receveur des tailles en l’élection de Périgueux. Celui-ci devient alors Jacques Delpy de Saint Geyrac

1688

Monseigneur Boux ordonne le 04/05/1688 une visite canonique du diocèse de Périgueux dans 422 paroisses. On commence en octobre 1688, dans le but d’établir un état général des lieux et des choses consacrées au culte : église, presbytères, cimetière, mobilier d’église.

Les résultats recueillis sont mis sous forme d’un petit cahier de 40 feuillets. Voici ce qu’on trouve pour Saint Geyrac : « Jean Bourbouze vicaire perpétuel. Custode de cuivre, porte-Dieu et calice d’argent, soleil d’estain. Le sanctuaire vouté, pavé, blanchy, non vitré. Chapelle mal en ordre, appartenant à Jean Reynaud, praticien ; autre de mesme appartenant aux Brassac ; autre de mesme de Jean Montayaud ; autre au Sieur de la Vidalie, idem. Y a maison et jardin et scindiqs. Le chapitre est général et décimateur »

Le XIXème et le XXème apporteront leurs lots de travaux, sans modification.

Travaux  exécutés au XIXème et au XXème  et XXIème

 Registres du Conseil Municipal et Archives Départementales

1840     Un arrêté annonce une adjudication pour la construction du mur de soutènement et l’aménagement de la place devant l’entrée.

1842     On parle de travaux de « couverture, pavé, nouvelle chaire », mais aussi de poursuites judiciaires. Mr Brassat-Lapeyrière est décédé faisant un leg de 50f pour les travaux de l’église et son héritier ne l’a pas versé !           

1881    Réparation des volets du clocher qui sont tombés, et du contrefort à gauche du portail.

1882     Un incendie détruit « l’autel placé à droite » mais la Commune est assurée.

1885     Plans et devis pour refaire la sacristie et le dallage du chœur 2340F de travaux, financés par une souscription dans la Commune.

1886    Demande d’ouverture dans le mur du chevet : demande  accordée

1887     un orage dans la nuit du 15 au 16 août a fortement endommagé la toiture, des réparations   s’imposent.

XXème

1953     travaux urgents sur les contreforts du clocher et les dalles à l’intérieur.

1980 -1990  consolidation du mur de soutènement le long de la D6, maçonnerie intérieure et extérieure de l’église, couverture du clocher, porte d’accès au clocher, abat-sons, porte  d’entrée, restauration des vitraux.

XXIème

2011     Réfection et réinstallation de la grille du chœur (H C P R)

2013     Réfection de la sacristie (Commune et H C P R)

Tableau de J Duss représentant l’intérieur de l’église en 1940. On y remarque la chaire qui a été déposée et attend une restauration.

Salomon Counis

Portrait à la mine de plomb de Salomon Counis par son ami Dunant en 1830-Archives privées

Autoportrait d’Elisa Counis en 1839- Musée des Offices à Florence (Italie)

            Salomon Guillaume Counis est né à Genève le 22 juillet 1875, il est le fils de Jean Michel et de Jacqueline Elisabeth Favre. Il fut  élève de Adam Toepffer. En 1806 il va à Paris et étudie avec Girodet. Il fut le peintre de la grande duchesse de Toscane Elisa Bonaparte sœur de Napoléon Ier et la suivit en Toscane en 1810 où il eut le titre de « peintre en émail de la cour »

            Le 1er avril 1812 il épouse Elisabeth Harmand, femme de chambre à la cour. Le 16 novembre 1812 naquit à Florence, au Palais Pitti, Elisa, surnommée Lisina, qui eut pour marraine la Grande Duchesse. Le 7 mars 1817 naquit une autre fille Judith qui décéda en août 1818.

            Salomon Counis quitte la Toscane après la chute de Napoléon en 1815  et va à Genève où sa femme le rejoint, ayant suivi avec sa fille, la suite de la Grande Duchesse..

            Après un séjour à Paris, il s’installa définitivement en Toscane en 1830.

            Il  rencontre Jean Bernard Sancholle-Henraux et devint un grand ami de la famille. En 1844 Elisa dessine un portrait de Jean Bernard, que Salomon intègrera dans un album qu’il lui destine. Cet album restera dans la famille Sancholle-Henraux et se retrouvera chez les Gaillard Lacombe par le truchement de Marie Mouillesaux de Bernières.

             Il fut la propriété d’un héritier de M Mouillesaux de Bernières dont une descendante m’a permis d’en faire une photographie complète avant qu’il soit vendu.

Dans ce magnifique album on trouve une partie composée de dessins à la plume, à la mine de plomb et des aquarelles de lui et de sa fille (le portrait de Jean Bernard est dessiné par sa fille).

            Certaines de ses aquarelles ont pour sujet Elisa, dans toutes sortes d’activités. Il est vrai qu’à ce moment là, Elisa était morte prématurément et qu’il était très malheureux. On y trouve également ce qu’il a appelé «  fragments littéraires » dans lesquels il raconte une partie de sa vie, ses promenades en Toscane dans la région de Séravezza. Il fait également son portrait et avoue que si il n’avait pas été peintre il aurait voulu être médecin ou prêtre. Tout ceci écrit à la plume d’une écriture fine, régulière et particulièrement élégante, dans un français merveilleux et sans rature.

          Elisa suivit donc les traces de son père et peint un autoportrait en 1839. Elle épousa en 1844 un français François Louis  Le Comte et donna naissance à une petite fille, avant de mourir prématurément le 5 décembre 1847.

            Après la mort de sa fille, Counis ne fut plus le même artiste, son talent se tarit, il se consacra exclusivement à l’église et à l’éducation de sa petite fille. Il mourut le 10 janvier 1859. Sa femme lui survécut jusqu’en 1873.

            Il est l’auteur d’un traité sur les émaux : « Quelques souvenirs suivis d’une dissertation sur l’émail sur la porcelaine et d’un petit traité à l’usage du peintre en émail » en 1842.

            Il a fait don de ses œuvres les plus importantes  et de l’autoportrait de sa fille à la Galerie des Offices à Florence.

Sélection de dessins à la mine de plomb ou à la plume et d’aquarelles composant l’album offert à Jean Bernard Sancholle-Henraux.