Photo mise en avant: : Rouffignac incendié par les allemands le 31 mars 1944 – Photo de Louis Delmarès
Début 1944, à l’initiative d’ Hitler, l’armée allemande crée des divisions militaires ayant pour missions :
Réduire, par tous les moyens, toute résistance à l’occupation ;
Traquer et déporter les juifs ;
Effrayer la population pour couper ses liens avec la Résistance.
Ainsi, fut créée la division Brehmer au début de l’année 1944. A la recherche de résistants, très actifs dans le secteur, elle arrive à Rouffignac le 31 mars 1944. Les militaires de la division pillent les habitations et y mettent le feu à la nuit venue. Cet incendie est visible depuis les hauteurs de Saint-Geyrac.
105 maisons sont détruites; 4 gendarmes sont arrêtés puis déportés. Ils mourront en déportation.
64 otages sont emmenés ; à Azerat, un otage est tué parce que juif : Pierre Khantine, 29 ans, résistant depuis 1942. L’école de Rouffignac porte aujourd’hui son nom. Un autre otage est tué en tentant de fuir.
La commune de Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac, par un décret du 10 décembre 1948, est décorée de la Croix de Guerre avec palme de bronze, comme 18 autres communes du département.
BIBLIOGRAPHIE
On peut consulter l’album: Rouffignac St Cernin de Reilhac 1860- 1960; Cartes postales- Photographies Ouvrage conçu par l’association Mémoire et Patrimoine de Rouffignac-Saint-Cernin-de-Reilhac 2015
Un peu de pub pour un ouvrage paru en 2021, sur la résistance et la réponse barbare des nazis: Les Merles, 28 avril 1944 Enquête sur une expédition meurtrière pendant l’occupation allemande dans un village du Nord-Dordogne Editions de l’Ilot
Après la défaite militaire de juin 1940, la résistance à l’occupation allemande et au régime de collaboration de Pétain s’est organisée très progressivement. Aux actions de sabotage des infrastructures pendant les années 41 et 42, ont succédé des attaques armées contre l’armée allemande. La riposte de celle-ci et des organisations de collaboration ont été violentes et sanglantes dès 1943.
Saint-Geyrac n’a pas été un village-martyr comme le fut le bourg de Rouffignac. Que s’y est-il passé les 31 mars et 2 avril 1944? Pour le savoir, cliquer ici.
En octobre 1944, à la demande du préfet Maxime Roux, M. Cousty, instituteur remplaçant1, et M. Plazanet, maire, ont rédigé l’historique de l’occupation dans la commune de Saint-Geyracen 1944jusqu’à la libération (Périgueux et ses environs ont été libérés le 18 août 1944). Pour le consulter, cliquer ici.
1 M. Cousty remplaçait M. Lucien Paris , titulaire du poste, prisonnier de guerre en Allemagne.
Des saintgeyracois, qui ont vécu cette période tragique, commentent le récit de M. Cousty. Cliquer ici.
Ces mêmes saintgeyracois témoignent et donnent des précisions sur d’autres évènements qui ont marqué leur mémoire. Cliquer ici.
Le combat a été aussi celui des soldats engagés dans l’armée. Non pas l’armée française battue en mai et Juin 1940, dissoute le 1er décembre 1942, mais l’armée reconstituée en Afrique. Ainsi Gaston Lucien Bastat, (cliquer ici), sergent-chef dans l’armée de l’air à Meknès au Maroc, meurt le 10 novembre 1944 au Maroc dans l’exercice de son devoir. Deux plaques du souvenir perpétuent sa mémoire, une sur le monument aux Morts de Saint-Geyrac, l’autre dans l’église.
La lutte armée touche aussi les civils. Un jeune saint-geyracois, Maurice Caley, a été tué suite à l’explosion d’un obus. Il est décédé le 16 août 1944. Une plaque à son nom a été apposée sur le monument aux morts de la commune.
BIBLIOGRAPHIE
La lutte clandestine en France / Une histoire de la Résistance 1940-1944 de Sébastien Albertelli, Julien Blanc, Laurent Douzou/ La librairie du XXIe siècle/ Editions du Seuil
Histoire de la Résistance en Périgord de Guy Penaud, aux éditions Sud Ouest, sorti en 2013
Le maquis du Périgord dans la deuxième guerre mondiale de Patrick Rolli
Le 1er septembre 1939, tous les hommes valides, âgés entre 20 ans et 48 ans, sont mobilisés au moment de la déclaration de guerre avec l’Allemagne. Au niveau national, cela représente 4 564 000 hommes1, sur une population totale de la France de 41 millions d’habitants; la moitié rejoint les unités combattantes.
1 Ce chiffre est tiré de l’ouvrage la Dordogne dans la seconde guerre mondiale sous la direction d’Anne-Marie Cocula et de Bernard Lachaise, Editions Fanlac
La population de Saint-Geyrac, suivant le recensement de 1936, est de 437 habitants; 51 hommes correspondent aux critères de mobilisation, dont 28 sont nés à Saint-Geyrac. Les uns rejoignent les régiments précisés sur leurs fascicules militaires. Les autres, sans affectation, sont démobilisés dès octobre 1939 (blessés de la guerre 14-18, pères de famille nombreuse, classes2 1909, 1910, 1911…).
2 La classe militaire est l’année où le conscrit a 20 ans.
Le tableau ci-après présente des hommes mobilisés en 1939, nés à Saint-Geyrac, qui furent faits prisonniers en 1940 :
Etat-civil
nom et prénom
date et lieu de naissance
âge au 1/09/1939
résidence
profession en 1939
Auzy André
08/01/1902 St Geyrac
37 ans
le bourg
maréchal
Beau Auguste
08/08/1901 St Geyrac
38 ans
Leyssioutet
agriculteur
Beaupuy André Jean
20/10/1903 St Geyrac
36ans
la Croix-Bordière
agriculteur
Lamégie Pierre Justin
19/02/1909 St Geyrac
30 ans
la Basse Fosse
menuisier
Paris Lucien
01/01/1913 Vélines
26 ans
école de St Geyrac
instituteur
Reynet Maxime Léo
05/12/1916 St Geyrac
23 ans
militaire
Ribette Bertin
21/06/1907 St Geyrac
32 ans
Ribette Emile
28/07/1914 St Geyrac
25 ans
Ribette Jean (Marcel)
6/09/1909 St Geyrac
30 ans
la Coquellerie
agriculteur
Ribette Raymond
04/12/1915 St Geyrac
24 ans
Le 3 septembre 1939, la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne hitlérienne.
Le 8 septembre, la France lance une offensive militaire en Sarre, province allemande voisine de la Lorraine. Dès le 30 septembre, les unités engagées se replient: c’est le début de « la drôle de guerre »; il n’y aura plus de combats jusqu’en mai 1940.
Le 10 mai 1940, la Wehrmacht, l’armée allemande, attaque et contourne la ligne Maginot3. Le 14 juin, elle est à Paris! C’est la débâcle de l’armée française: 1 600 000 soldats français sont faits prisonniers et conduits dans des camps (Stalags ou Oflags).
3 La ligne Maginot est l’ensemble des fortifications construites entre 1927 et 1936 près de la frontière avec l’Allemagne.
4 un Stalag est un camp de prisonniers en Allemagne; un Oflag est un camp de prisonniers réservé aux officiers.
Le tableau ci-après, encore incomplet, liste les prisonniers saintgeyracois. Ceux-ci ne doivent pas être oubliés et méritent le respect et la reconnaissance. Vous pouvez nous faire parvenir les informations manquantes à l’adresse suivante: CIS/ maison des associations/ 24330 Saint-Geyrac ou à cis24association@gmail.com
Etat militaire
Au-delà de la classe 1921, les fiches militaires ne sont pas numérisées. Seule la consultation des livrets militaires permet de compléter le tableau ci-dessous. Appel est donc lancé aux familles qui auraient conservé ce document. ( mail: cis24.association@gmail.com)
nom et prénom
classe
date de mobilisation
statut militaire
fait prisonnier le à
lieu de détention
Auzy André
1922
caporal 2e cl 612e RP
stalag XI B Fallensbostel
Beau Auguste
1921
01/09/1939
2e classe
21/06/1940 Epinal (Vosges)
stalag XIII A Nuremberg
Beaupuy André Jean
1923
1e cl 49e train
St Florentin (Yonne) Stalag XB Sandbostel
Lamégie Pierre Justin
1929
sergent chef 50e RI
Melun (Seine et Marne)
Paris Lucien
1933
Stalag IV A Elsterhorst (Saxe)
Reynet Maxime léo
1936
sous- lieutenant
Oflag IV D Elsterhorst
Ribette Bertin
1927
01/06/1940
Stalag I A Stablack (Prusse)
Ribette Emile
1934
2e cl 126e RI
Stalag IV A Elsterhorst
Ribette Jean (Marcel)
1929
2e cl 220e RI
Stalag VII B Memmingen
Ribette Raymond
1935
2e cl 2e RA
Stalag VI C Baldhorn-Emsland
Sources
Dénombrement de la population de Saint-Geyrac de 1936 – archives départementales AD
Recensement militaire, archives de Saint-Geyrac
Fiches militaires – AD
Listes officielles des prisonniers français d’après les renseignements fournis par les autorités militaires allemandes – Gallica-BNF
Bibliographie
Los Embarbelats – Jean Jacques GILLOT, Francis-André BODDART, Guy-Francis LACHAPELLE DU BOIS. Impression SEPEC Numérique
Résistants du Périgord – Jean-Jacques GILLOT, Michel MAUREAU. Edition du SudOuest
La Dordogne dans la Seconde Guerre mondiale – sous la direction d’Anne-Marie Cocula et de Bernard Lachaise. Editions Fanlac
Après la débâcle de l’armée française en juin 1940, un million six cent mille soldats (1 600 000) sont faits prisonniers. Beaucoup sont répartis dans des camps en Allemagne (Stalags). « … un rapport de la préfecture daté de 1947 qui fait état de 13 789 Périgourdins ayant été, plus ou moins durablement, prisonniers de guerre en Allemagne, soit au moins 25% des hommes du département … »1. Parmi ceux-ci, plusieurs cultivateurs de Saint-Geyrac ainsi que son instituteur M. Paris.
Auguste Beau a été un de ces prisonniers. Il a vécu 2 mobilisations lors des 2 guerres mondiales. 8 ans de sa vie loin de sa famille et de sa ferme.
Cliquer ici pour en savoir plus…
1 informations tirées de l’ouvrage :« la Dordogne dans la seconde guerre mondiale », sous la direction de Anne-Marie Cocula et de Bernard Lachaise, Editions Fanlac
Photo en avant-plan prise dans le cimetière de Saint-Geyrac
Après la guerre de 39-45, une plaque a été apposée sur la stèle du Monument aux Morts de Saint-Geyrac pour perpétuer le souvenir de GASTON LUCIEN BASTAT, mort pour la France.
L’historique de ce monument a été établi par Josette Galinat (le monument aux morts).
Une autre plaque y a été ajoutée pour ne pas oublier une victime civile : Maurice Caley, mort à 14 ans, le 16 août 1944.
Sergent-chef, pilote dans l’armée de l’air à la base aérienne de Meknès au Maroc, Gaston Lucien Bastat est décédé le 10 novembre 1944 en service commandé.
Photo (Archives privées)
Né le 5 juillet 1912 à Houdan dans les Yvelines, il est décédé à 32 ans. Il s’était marié le 14 septembre 1940 à Saint-Geyrac avec Léonie Loubiat (dite Lucienne) née à Lauzelie en 1914.
Elle était la cadette d’une nombreuse fratrie:
Léontine ( 1895/1979)
Léon (1899/1984)
Jean (1902/1902)
Louis (1905/1958)
Louise (1907/1994) qui épousa en 1926 Joseph Coulaud, bien connu à Saint-Geyrac
Lucien (1911/?)
On peut lire l’acte de décès, transcrit par le maire de St Geyrac, M. Renaudie.
Transcription de l’acte de décès
Bureau du Territoire de Meknès
Le 10 novembre 1944 à 9h30, est décédé aux Ait-Raho, Gaston Lucien Bastat, né le 5 juillet 1912 à Houdan (Seine et Oise), sergent-chef/ pilote à la base centre d’instruction de chasse à Meknès, domicilié à Saint Geyrac (Dordogne), français, pupille de la nation, fils d’Albert Bastat et de Albertine Reine Alexandrine Dubois, sa veuve, sans profession, domiciliée à Bayonne, Basses-Pyrénées, époux de Lucienne Léonie Loubiat, française domiciliée à Saint Geyrac, décédé aux Ait-Rahot.
Mort pour la France
Dressé le 10 novembre 1944 à 17h sur la déclaration de Marcel Boitet, lieutenant officier d’état civil de la base d’instruction de chasse de Meknès, français domicilié à Meknès, décoré de la croix de guerre et de la médaille militaire, non parent du défunt, qui lecture faite, a signé avec nous, Jean Léon Pierre Dutheil, Chevalier de la Légion d’Honneur, décoré de la Croix de Guerre, contrôleur civil chef du territoire de Meknès, officier d’état civil.
Pour extrait certifié conforme
Meknès, le 8 septembre 1945
Le contrôleur civil chef du bureau du territoire,
Signature (illisible)
L’acte de décès ci-dessus a été transcrit le 25 septembre 1945, 4h du soir, par Nous, Renaudie Théophile, Maire de Saint Geyrac,
signature
Document original
Plaque apposée sur sa tombe au cimetière de Saint-Geyrac