Brachet de lamenuze

            Cette famille est originaire de la Menuse commune de Mortemart. Pierre Brachet de la Menuse est qualifié de laboureur dans l’acte de baptême de sa fille Catherine du 1 er janvier 1675 à Mortemart. Cette famille résidera dans la chartreuse de Lamenuze jusqu’en 1802.

  

Chartreuse de Lamenuze ,entrée et bâtiment d’habitation. Photos 2015 J Galinat    

En 1987 Charles Etienne Grugeaud-Brachet a fait parvenir une lettre à la Mairie demandant des renseignements sur cette famille. En même temps il donnait des explications sur la branche  des Brachet de Pérusse dont nos Brachet de Lamenuze se disaient descendants. Voici ce que ce correspondant écrivait au sujet des Brachet de Pérusse : « famille très importante, remontant à 1075, grands seigneurs, barons de Magnac et de Pérusse, comtes de Maslaurent et de Palluau, Marquis de La Gorce et de Floressac, conseillers et chambellans  de Charles VI, Charles VIII et Louis XI. Beaux-frères et neveu du célèbre Poton de Xaintrailles, Maréchal de France, avec lequel ils combattirent les anglais sous les ordres de Jeanne d’Arc. Sénéchaux du Limousin et du Rouergue. Lieutenants généraux du Roi et gouverneurs héréditaires  de la Marche et du Bas Limousin. »

Dans « le Périgord des chartreuses » p 264, ces renseignements repris par Gustave Chaix d’Est Ange et Froidefond ne semblent pas être retenus : « Chaix d’Est Ange sans conviction et Froidefond plus assuré évoquent une commune origine entre nos très rustiques patriciens et les chevaleresques Brachet de Floressac du Limousin. Cette éventualité n’a pas le plus petit atome de justification et reste douteuse.  Des Brachet, moins brillants, mais plus vraisemblables, sont répandus dans toute la Dordogne, se montrant parfois d’une bourgeoisie assez distinguée comme à Périgueux où ils sont « nobles citoyens », à Razac  sieurs de la Grézarie et parents de ceux de Périgueux, ces Brachet-là sont alliés des Mourcin « nobles citoyens » et docteur en médecine, aïeux du fameux antiquaire qui se qualifient eux-aussi parfois de laboureurs à Saint Orse. »

I – Jean BRACHET de LAMENUZE.

Il est né en 1773 à Saint-Félix-De-Reillac-et-Mortemart (Dordogne). Il est décédé le 2 avril 1840 à Saint-Geyrac (Dordogne), à l’âge de 67 ans.

Il se marie avec Anne MARILLAUD de CRESPIAC (1822), fille de Sicaire MARILLAUD de CRESPIAC et de Marie DESSALLE.

De 1831 à 1840 Jean Brachet de Lamenuze sera Conseiller puis adjoint au Maire de notre Commune.

D’où :

       1) Anne Julie BRACHET de LAMENUZE.

       Elle est née le 12 mars 1795 à Lamenuze, Commune de Saint-Félix-De-Reillac-et-Mortemart (Dordogne).

Elle se marie avec Thomas Nicolas BROCARD (1786), brigadier de gendarmerie, fils de Jacques BROCARD et de Marguerite MARRY le 31 janvier 1816 à Saint-Geyrac (Dordogne). Thomas Nicolas a 29 ans et Anne Julie a 20 ans.

       2) Joseph BRACHET de LAMENUZE, qui suit en II.

       3) Madeleine BRACHET de LAMENUZE.

Elle est née le 27 février 1802 à Saint-Félix-De-Reillac-Et-Mortemart (Dordogne). Elle est décédée le 4 décembre 1871 à Milhac-D’Auberoche (Dordogne), à l’âge de 69 ans.

Elle se marie avec ▶▶▶ Front Paulin GAILLARD LACOMBE (18021876) le 11 juillet 1830 à Saint-Geyrac (Dordogne). Ils ont tous deux 28 ans.

Ils occuperont la propriété de Lavignac à Milhac d’Auberoche où ils décèderont tous les deux sans postérité.

Madeleine sera enterrée dans la tombe familiale des Brachet de Lamenuze dans notre cimetière.

II – Joseph BRACHET de LAMENUZE, Maire de Saint Geyrac 1842-1860

Il est né le 24 août 1798 à Saint-Félix-De-Reillac-Et-Mortemart (Dordogne). Il est décédé le 22 août 1862 à Saint-Geyrac (Dordogne), à l’âge de 63 ans.

Il se marie avec Marie GUILEM MARTY (18121837). Elle décèdera prématurément le 28-10-1834 laissant son époux avec un enfant de 3 ans. Elle repose à Saint Geyrac.

D’où :

       1) Pierre Frédéric Ludovic BRACHET de LAMENUZE, qui suit en III.

III – Pierre Frédéric Ludovic BRACHET de LAMENUZE, Maire de Saint Geyrac.1860-1879

Il est né le 11 septembre 1834 à Saint-Geyrac (Dordogne). Il est décédé le 15 janvier 1879 à Château-L’Évêque (Dordogne), à l’âge de 44 ans.

Il se marie avec Marie Pauline MATERRE de CHAUFOUR (18431895), fille de Jean Guillaume Hipolyte MATERRE de CHAUFOUR et d’Hélène VALRIVIÈRE le 4 février 1867 à Cavagnac (Lot). Pierre Frédéric Ludovic a 32 ans et Marie Pauline a 24 ans. Il est présenté « propriétaire Maire de Saint Geyrac ».

Le père de la future, est Maire de Cavagnac et Conseiller général du Lot.

Les témoins sont :

François Materre, propriétaire et Maire de la Commune de Creysse, 50 ans, oncle de la future

Louis Hector Boujon, propriétaire, 38 ans, beau-frère de la future.

Pierre Adrien Lafaye, notaire et maire de Cendrieux, 50 ans, parrain du futur

Joseph Caylat, instituteur, 22 ans domicilié à Cavagnac.

Le dénombrement de 1872, nous indique que trois filles sont nées à Château L’Evêque. Pierre vient d’acquérir le Château.

Photo Wikipédia

Le château de Château l’Evêque qui fut la propriété de Mr Brachet de Lamenuze

On voit apparaitre sa femme sous le nom de Materre de Chaufour

            Le recensement de 1876  nous indique que Pierre est toujours très impliqué dans la commune puisqu’il en est toujours  le Maire. La famille s’est agrandie d’un petit garçon Henri Bertrand Marie Pierre °16-11-1873.

            Tout en étant très actif chez nous Monsieur  Brachet de Lamenuze,  très lié avec Léonard Gaillard Lacombe 1813/1892 médecin à Périgueux,  faisait partie de plusieurs associations dont la société d’agriculture-Sciences et arts de la Dordogne et  la société historique et archéologique  qui n’avait que quelques années d’existence. Fervent catholique, il était membre du conseil Catholique de Périgueux.

En 1868 un employé de La Côte est récompensé au Concours départemental agricole à Périgueux :

 « Mention honorable POUFFET, colon de Mr de Lamenuze à Saint Geyrac, canton de Saint Pierre de Chignac : propriété placée dans une contrée reculée où l’exploitation est difficile, a fait cependant des progrès notables, compte 43 ans de service, est devenu chef de maison à 16 ans ; a appris à lire et à écrire et à tenir ses comptes pendant les veillées, sous l’enseignement de sa sœur ; labours bien menés ; produits abondants ; beaucoup de fourrage ; nombreux bétails »

            Le 15 janvier 1879, à 44 ans Pierre est victime d’une attaque d’apoplexie foudroyante  dans son château de Château-L’Evêque. Sa nécrologie peut être consultée dans le bulletin de la SHAP de 1879.

            Le plus triste c’est que Marie Pauline portait un sixième enfant qui naquit la 8 avril. Son acte de naissance porte la mention de « fille posthume de feu Pierre Ludovic Brachet de Lamenuze ». Elle porte les prénoms d’Antoinette Vincente Marie-Louise. C’est « Monsieur Urbain Gaillard-Lacombe, âgé de 64 ans, docteur en médecine, domicilié à Périgueux qui a présenté l’enfant », sa signature est au bas de l’acte.

            Pour les recensements de 1881, 1886, 1891  on ne vit plus  apparaître la famille à Saint Geyrac

Elle n’apparut à Château L’Evêque qu’en 1886 et 1891.

Où était-elle en 1881 ? A Cavagnac ? Il manque justement l’année 1881 !

            En 1886, à Château L’Evêque, Marie est entourée  de ses 4 filles, pour lesquelles elle a engagé une institutrice de 23 ans, Suzanne Castagnier. Les garçons Joseph 18 ans et Pierre 13 ans sont sûrement en pension dans une école à Périgueux. Il y a deux femmes de chambre, une cuisinière et un cocher.

            En 1891, Joseph, 23 ans, travaille il est agent d’assurance, les 4 filles sont toujours là avec une nouvelle institutrice  de 24 ans Léontine Feyfant, un cocher, une cuisinière, un valet de chambre et une femme de chambre. Pierre est sans doute encore en pension. On remarque que  la dernière, née après le décès de son père porte le prénom usuel de Ludovique, sans doute en souvenir de celui-ci.

C’est ce prénom qui sera inscrit sur sa tombe à Saint Geyrac.

Au recensement de 1901, il n’y a personne au Château.

Marie continua l’œuvre de son mari au sein de la Société Historique du Périgord.

 En 1891, page 328 du tome XVIII des bulletins de la SHAP, on trouve ceci au chapitre des documents entrés à la bibliothèque :

 « De Madame de Lamenuze, une livraison illustrée, intitulée « le gouffre de Padirac » par E Martel 1889-1890. Ce gouffre, des plus curieux, est situé dans le Lot, à 12 km de Rocamadour et dans la propriété de Monsieur de Mater, frère de Madame de Lamenuze, qui nous invite à aller le visiter. Il est tenu note, avec remerciement, de cette gracieuse invitation. »

             Marie Pauline de Materre de Chauffour quitta ce monde le 30 mai 1895 dans son château de Château-L’Evêque.  La séance mensuelle de la SHAP  du 4 avril 1895  sous la Présidence  de  M Roumejoux, président est ouverte par l’annonce de sa mort en ces termes, que nous retrouvons dans le compte rendu : «  le Président nous annonce la mort de Mme de Brachet de Lamenuze  qui était entrée dans notre société après la mort de son mari, prouvant ainsi qu’elle voulait, continuer à s’intéresser à nos études. Toute la population de Château-L ‘Evêque sait le bien qu’elle répandait autour d’elle et par ses vertus chrétiennes si édifiantes et par les généreuses aumônes qu’elle distribuait. Une notice sera consacrée à sa mémoire. L’assemblée exprime de sympathiques regrets. »

 Je n’ai pas  trouvé la notice !

            Dans la chartreuse de la Côte figuraient deux  vitraux représentant l’un les armes des Brachet et l’autre des Materre Chauffour. Ces vitraux furent démontés  lors de la vente de la Chartreuse par   Henri Bertrand Marie Pierre  et transportés à la Chartreuse de Vertiol à Saint Crépin  propriété de sa femme.

Materre de Chaufour : d’or au globe d’azur surmonté d’une croix florencée de même, accompagnée de deux étoiles d’azur, le globe chargé de trois croissants d’or, 2 et 1
Brachet de lamenuze : d’azur au chien braque courant d’argent, surmonté d’une croisette de même.

Photos Archives privées

Les deux armoiries sont surmontées de la couronne de Comte.

Ils ont eu 6 enfants

1) Front Pierre Marie Joseph BRACHET de LAMENUZE.

Il est né le 4 janvier 1868 au château de Cavagnac.

 En 1891 il est agent d’assurance, on ne sait pas ensuite.

 Sur la fiche matricule de Joseph on trouvera qu’il est dispensé  avec le motif suivant : « fils aîné de veuve ».Libéré du service militaire le 30 novembre 1918 il donnera pour domicile Château-L’Evêque. Autres domiciles  de Joseph : 27 rue d’Ulm à  Paris puis Bergerac. Il donnera l’adresse de Bergerac en 1898 sur l’acte de mariage de son frère Pierre  dont il sera le témoin.

       2) Anne Elisabeth Jeanne Antoinette Magdeleine BRACHET de LAMENUZE,

Elle est née le 14 février 1869 à Château-L’Évêque (Dordogne).

Elle se marie avec Henri Marie Charles Fernand MARTIN de LASSALLE (18621917), commandant , fils de François Jean MARTIN de LASSALLE (1817‑1885) et d’Eléonore Justine Marie Mathilde de TAFFANEL JONQUIÈRE (1831‑1915) le 27 décembre 1893 à Château-L’Évêque (Dordogne). Henri Marie Charles Fernand a 31 ans et Anne Elisabeth Jeanne Antoinette Magdeleine a 24 ans.

 La famille Martin de Lassalle est une famille ancienne  d’Agonac et le père du marié  est le 12ème enfant  d’une fratrie qui n’en compte pas moins de 17 ! C’est de cette famille qu’est issu Jean-Baptiste de La Salle, fondateur de l’Institut des frères des écoles chrétiennes. Ces membres masculins, qualifiés de messires et d’écuyers avant la Révolution, ont fourni à l’armée des capitaines, des commandants, des colonels  et dans l’ordre de la Légion d’Honneur des chevaliers des officiers et des commandeurs. On trouve également des Martin de Lassalle au nombre des maires et consuls de la ville de Périgueux.

H Martin de Lassalle recevra la légion d’Honneur le 15/01/1907 et †le 18 juillet 1917. L’acte de décès indique le lieu : hôpital auxiliaire rue Théodore Ducos à Bordeaux. La fiche de décès remplie par l’Armée  nous indique qu’il a été recruté à Périgueux et qu’il est décédé « d’une maladie aggravée »

 Le Figaro lui rendra hommage par un article paru le 25 juillet 1917. « Hier matin en l’église Saint-Martin de Périgueux, ont été célébrées  les obsèques de M Fernand de Lassalle, commandant au 33ème RI, chevalier de la légion d’Honneur, décédé à Bordeaux le 18 juillet. »

Ils auront deux enfants

1) Jean Marie Antoine Joseph Henri MARTIN de LASSALLE

Il est né le 5 août 1900 à Granville (Manche). Il est décédé en 1956, à l’âge de 55 ans.

Il se marie avec Geneviève Marie Charlotte d’ISARN de VILLEFORT (19021972) le 22 septembre 1926 à Duhort-Bachen (Landes). Jean Marie Antoine Joseph Henri a 26 ans et Geneviève Marie Charlotte a 24 ans.

Il est né en 1900 il est donc de la classe 1919 et porte le matricule 1642 au recensement de Périgueux. Il fut engagé volontaire le 28-08-1918 à la mairie de Bergerac. Nommé aspirant le 01-10-1919 il est admis à l’école militaire de St Maixent le 15-10-1920. Il fera carrière en Afrique, à Madagascar et au Maroc. Décédé subitement à Périgueux le 19-10-1956. Il était Officier de la Légion d’honneur.

Ils auront 6 enfants

  • a) Henri MARTIN de LASSALLE, médecin-colonel.
  • b) Alain MARTIN de LASSALLE
  • c) Madeleine MARTIN de LASSALLE
  • d) François Xavier MARTIN de LASSALLE.
  • e) Jacques MARTIN de LASSALLE
  • f) Marie Thérèse MARTIN de LASSALLE.

2) Marie Géraldine Antoinette Louise MARTIN de LASSALLE.(1912-1995)

Elle se marie avec Pierre Paul François BARRIÈRE (19101994).

Ils sont inhumés à Saint Geyrac

       D’où :

  • a) Jeanne Louise Marie BARRIÈRE.
  • b) Françoise Marie Marthe BARRIÈRE.
  • c) Marie Thérèse Yvette Madeleine BARRIÈRE.
  • d) Chantal Marie Jeanne BARRIÈRE.

       3) Paule Bénédicte Françoise Marie Jeanne BRACHET de LAMENUZE.

Elle est née le 28 février 1870 à Château-L’Évêque (Dordogne). Elle est décédée en 1917, à l’âge de 46 ans. Elle est enterrée à Saint Geyrac

Elle se marie avec  Gaston CHEVALIER DU FAU.

       4) Irêne Gabrielle Yvonne Joséphine Marie BRACHET de LAMENUZE

Elle est née le 27 octobre 1871. Elle restera célibataire.

5) Henri Bertrand Marie Pierre Brachet de Lamenuze qui suit en IV

6) Antoinette Vincente Marie Louise dite Ludovique

1879 fille posthume -1974 Inhumée au cimetière de Saint Geyrac

     IV Henri Bertrand Marie Pierre BRACHET de LAMENUZE.

Il est né le 16 novembre 1873 à Château-L’Évêque (Dordogne). Il est décédé le 3 août 1939 à Isle-Saint-Georges (Gironde), à l’âge de 65 ans.

C’est sa fiche militaire qui nous donne le plus de renseignements. Au moment de son recensement militaire il est étudiant et habite avec sa mère à Château L’Evêque. Il s’engage pour 4 ans à la Mairie de Périgueux le 19 octobre 1893 et sera dirigé vers le 34ème RI. Il suivra des cours de sous-officier artificier et obtiendra son diplôme  avec la mention « Très bien » le 7-11-1896. Il passe dans la réserve de l’armée active en 1897 et rejoint Saint Geyrac le 30 octobe de la même année. C’est maintenant son domicile.

Il se marie avec Charlotte Marie Marguerite Geneviève de CEZAC (18771955), femme de lettres, fille de Charles de CEZAC (1852‑) et de Marie Marguerite BETGE de LAGARDE (1858‑1927) le 10 octobre 1898 à Saint-Crépin-D’Auberoche (Dordogne). Henri Bertrand Marie Pierre a 24 ans et Charlotte Marie Marguerite Geneviève a 20 ans.

Les témoins du futur sont :

  Front Pierre Marie Joseph Brachet de Lamenuze domicilié à Bergerac, frère aîné.

Bertrand de Materre, domicilié à Martel (le gouffre de Padirac est sur sa propriété) sans profession, oncle.

Les témoins de la future sont :

Pierre Félix Alfred de Saint Angel, sans profession domicilié à Bordeaux grand oncle.

Jean Tiburce Charles de Cézac, sans profession, oncle.

Il est déclaré  agriculteur et elle sans profession.

En réserve de l’armée active en 1912, il sera rappelé en 1914. On le dirigera vers Toulouse au 517ème RI où il occupera les fonctions d’aide contrôleur à l’Inspection des Forges. Il sera démobilisé en 1919 et regagnera St Geyrac.

Au recensement de 1921 de St Geyrac  Geneviève Brachet  de Lamenuze est notée « femme de lettres »

Geneviève de Lamenuze

Photo Bulletin SHAP 2017

Qui est Geneviève de Lamenuze ?   

Elle est née Charlotte Marie Marguerite de Cézac, le 18 octobre 1877  à Petit Vertiol commune de Saint Crépin d’Auberoche de Pierre-Gabriel-Paul-Marie-Hubert- Charles de Cézac  °04/04/1852 à Petit Vertiol et de Marie Marguerite Berthe Betgé de Lagarde âgée de 19 ans.

Son père P G P M H Charles de Cézac est fils du Vicomte Jules Armand de Cézac de Belcayre et de Marguerite Esther Marchier-Dumaine agriculteurs sur le domaine de Petit Vertiol.  Ils se sont mariés le 29/05/1844.

Les de Cézac de Belcayre sont une vieille famille de noblesse d’épée.

A la renaissance le château de Belcayre appartenait à la famille de Reilhac. C’est Madeleine de Reilhac qui l’apporta par mariage à Louis de Calvimont, chevalier seigneur du Cheylard. Leur fils Jean de Calvimont y vécut célibataire jusqu’à un âge très avancé.

Puis Belcayre passe des Calvimont aux Cézac, on ne sait trop comment. En 1789 Jean de Cézac Seigneur de Belcayre et coseigneur de Campagnac vote pour les Etats généraux.

La famille de Marguerite Esther Marchier-Dumaine

Depuis Louis XIV  on trouve à Vertiol une dynastie de maîtres chirurgiens.

Hélie Mespoulède est dit « du lieu de Vertiol », sa femme Marthe Dubois décède en 1675. Leur fils Raymond Mespoulède « maître chirurgien du lieu de Vertiol » fait un premier mariage à Blis et Born avec  Marguerite Laborde, il est veuf 10 ans plus tard et se remarie avec Marguerite Séguy. Il aura deux enfants :

  • Marie qui épouse vers 1720 Antoine Glane sieur de la Bessède
  • Elie maître chirurgien qui fera trois mariages:

Du premier avec Marie Fravière il aura un enfant, du deuxième avec Marie Pommeaux  il en aura 5 et du troisième avec Catherine Robert il en aura 2.

Catherine Mespoulède, sa petite fille issue de son mariage avec Marie Pommeaux épouse vers 1775 Jérôme Marchet sieur du Maine qui s’installe au Petit Vertiol.

De ce mariage naîtront deux enfants :

Hélène et Pierre qui transformera son nom pendant la Terreur en Marchier-Dumaine. Il deviendra Maire de St Crépin.

 Il épouse en premières noces, Henriette Lathoumétie † 1829, d’une famille de médecin d’Hautefort, dont il aura deux filles Marie °1818, Marguerite Esther ° 1821.

Il épouse en secondes noces Marguerite Boussinot dont il aura une fille, Marguerite °1831.

Il fera un troisième mariage avec Claire Charlotte Lacoste   Lagélie (sœur de Victorine) °1805 Bergerac et †1884 à Petit-Vertiol.

Pierre  meurt à Saint Crépin le 22/10/1858.

C’est Marguerite Esther qui restera à Petit-Vertiol.

Le recensement de 1881 de St Crépin  nous donne la composition de la maisonnée

.(Archives départementales de la Dordogne)

11 personnes vivent à Petit Vertiol

Nous avons vu qu’au recensement de  1921à St Geyrac, Geneviève de Lamenuze est notée « femme de lettres.« 

            En effet Geneviève de Cézac épouse du comte Pierre Brachet de Lamenuze  pratiquera cette activité de 1909 à 1948 avec un certain succès, sous deux pseudonymes ; Jean de Belcayre et Andrée Vertiol, on trouve aussi André Vertiol . On comprend les origines de ces pseudos….Elle ne publie pas sous son nom de naissance ou d’épouse mais comme la majorité des femmes écrivaines de l’époque sous un nom masculin.

Les premiers écrits se font avec Jean de Belcayre chez l’Editeur Henri GautierAu début de sa carrière  elle apparait dans « l’ouvrier » et dans « la veillées des chaumières » en1910 et 1911, puis dans « la semaine de Suzette » en 1946 et 1947.            

 De 1915 à 1919 elle écrit sous le pseudo d’Andrée Vertiol. De 1912 à 1914 Jean de Belcayre participe  au «journal Rose» de l’Editeur Tallandier et poursuit sa carrière auprès de Botterau et la Bonne Presse

Dès 1921, J de Belcayre collabore à « Lisette » et aux éditions du « Petit Echo de la Mode » devenu Editions   Montsouris. « C’est la collection idéale de romans pour la famille et pour les jeunes filles. Elle élève et distrait la pensée sans salir l’imagination. »

En 1925 Geneviève de Lamenuze devient sociétaire de la Société des gens de lettres, SGDL.  

Elle écrira « les mariages imprévus «  avec Angel Flory. C’est le pseudonyme de la baronne de Saint Angel, une parente par sa mère. 

En 1943 Madame de Lamenuze disait « qu’elle faisait partie de ces vieux ouvriers des lettres qui finissent dans le dénuement ».

 Le rapporteur de sa candidature à la SGDL écrivait en 1925 qu’elle était «  une bonne ouvrière dans un genre littéraire modeste mais auquel on ne peut refuser un public considérable. »

Philippe Rougier a écrit un texte  pour une conférence à Périgueux, ayant pour thème « Des ouvrières des lettres en Aquitaine entre Bordeaux et la Dordogne ». Ce texte a été  publié dans le BSHAP en 2017.

Les romans de Madame de Lamenuze sont qualifiés de « romans catholiques » ce que je confirme après la lecture de ceux que j’ai pu trouver sur internet. J’ajouterai même qu’ils véhiculent une certaine nostalgie de l’ancien régime et une méfiance pour la République.

 Ce type de roman s’est répandu grâce à la stratégie de l’Eglise catholique après la défaite de 1870 et la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Il s’adresse avant tout aux femmes et aux jeunes filles et la mission de répandre une « sainte morale » est confiée de façon caractéristique aux auteurs féminins. 

 « La méthode consiste à illustrer les valeurs catholiques au moyen d’histoires exemplaires plus ou moins vraisemblables où la vertu triomphe toujours

Les éditeurs fixaient les objectif : «  Il faut vulgariser le bien, la morale, l’esprit de sacrifice, le détachement de l’argent, la délicatesse de cœur et de conscience, l’habitude de la prière et de la réflexion. »

Chez madame de Lamenuze on trouve beaucoup d’évocation des lieux et des personnes qu’elle connaissait bien.

Dans « Lucile ou le silence de l’amour » qu’elle écrit en collaboration avec sa parente Angel Flory, la première partie se passe à Saint Geyrac.

 Certains  noms des personnages sont changés mais font référence à des gens connus : ainsi le bon docteur  se nomme Urbain Dilliac (référence au Docteur Urbain Gaillard Lacombe). D’autres restent tels les Dumaine à Saint Crépin, allusion à ses aïeux de la Chartreuse de Vertiol.

Les noms de lieux sont restés ou inter changés :

A la page 36 voici la description de la chartreuse de la Côte, appelé « le manoir de la Vidalie » :

 « Sur un coteau  plus élevé que celui de Lauzelie se dressait le manoir de la Vidalie .

C’était une maison longue  et sans étage de proportions harmonieuses avec un toit à la Mansard percé symétriquement d’œils-de-bœuf.

Chartreuse de la Côte 2013 photo J Galinat

On y accédait par une allée très droite plantée à gauche et à droite de pommiers.

La porte cochère s’ouvrait sous  un pigeonnier massif qui semblait garder la grande cour entièrement fermée des deux côtés par des bâtiments de servitude. »… « Une grande animation régnait dans la cuisine pavée de petits cailloux irréguliers enfoncés dans le sol, sans nulle prétention d’imiter la mosaïque. »

Chartreuse de la Côte 2013 photo J Galinat

P 125 et 126 voilà comment on raconte  l’enterrement du bon docteur :

«  les honneurs ne lui ont pas manqué…..six curés, douze enfants de chœur, des messieurs en veux tu en voilà….

 On lui a fait une belle cérémonie, le cloche a tinté durant une heure !

 Y avait longtemps qu’on n’avait pas vu un enterrement pareil. C’est seulement malheureux qu’on n’ait pas voulu le laisser dans l’église, sous les dalles de pierre, comme ses parents. Paraît que ça se fait plus ! Maintenant on ne veut plus des morts au milieu des vivants, sous prétexte que c’est malsain pour les fontaines. »

Elle a écrit environ une centaine  de romans pour adultes et des livres pour enfants. Elle eut un succès certain et quelques livres furent traduits en espagnol et en portugais. Des difficultés financières obligèrent le couple en mai 1929 à vendre  la Chartreuse de la Côte. C’est un antiquaire, Pierre Jean Marie Gabriel Raufast, demeurant à Paris qui l’acheta. « Les vendeurs se réservent leurs meubles meublants et objets mobiliers ainsi que les vitraux de la porte double du salon (il s’agit des blasons de la famille Brachet de Lamenuze) ; ils enlèveront le tout d’ici le sept mai prochain (1929) »

Il semble que le couple battit de l’aile… Madame de Lamenuze habita Périgueux et ensuite Bordeaux où elle séteignit en juillet 1955.

Pierre de lamenuze se retira chez son neveu Mr Roborel de Clément à l’Isle Saint Georges en Gironde. Il y décéda le 03/08/1939.

 Sur son acte de décès on ne dit pas qu’il est l’époux de Geneviève de Cézac alors que sur celui de Geneviève il est bien précisé qu’elle est veuve de Pierre.

Quelques titres de ma collection……

Bibliographie partielle- Wikipédia

  • Le Prix du silence, 1914
  • Le Chemin du bonheur, Collection des Romans Populaires No 77 , 1917
  • Les Abymes, Hirt et Cie, 1920
  • Hors les griffes, 1921
  • Sur la brèche, 1922
  • Le Chemin du bonheur, Maison de la Bonne Presse, 1923
  • L’exil de Bénédicte, Maison de la Bonne Presse, 1923
  • L’Ombre tragique, 1926
  • Péchés d’Orgueil, 1927
  • La Lumière sur la route, 1928
  • La Ville bleueAlfred Mame, 1928
  • La Terre promiseAlfred Mame, 1928
  • Le Secret de la muette, 1929
  • Le Trésor du croisé, Mame, 1930
  • Jardins secrets, 1930
  • Le Filleul de Jehanne, 1931
  • Le roi des fourrures, 1933
  • En bourlinguantCollection Printemps, No 75, 1938 (lire en ligne) [archive]
  • Le choix de Reynald, 1938
  • Les trésors qui flambentCollection Printemps, No 266, 1939 (lire en ligne) [archive]
  • Le Choix de Reynald, 1941
  • Royaume à vendreCollection Printemps No 323, 1941
  • La Blanche Dame du soir, 1944
  • Les Liens brisés, 1946
  • Le jardin des chimères, Aubin, 1946
  • Rose et VioletteRose-Mousse, 1947
  • Les Orgueilleux Chantenay, Les Bonnes soirées, 1947 (sous le nom d’Andrée Vertiol)
  • La Princesse clair de lune, Collection « Pour la Jeunesse » No 40, 1947
  • Les Ruines de Castelfort, 1948
  • Mystères sous les cèdresLa Frégate No 21, 1948
  • L’Île aux cygnes, Libellule No 34, 1949
  • La Sonneuse de joies
  • La Maison de verreCollection Printemps No 289
  • La Roche qui flambe
  • Le Petit Chevalier
  • Le Rayon invisible, Éditions du clocher
  • Les Prisonniers du Pacifique, Éditions du clocher
  • Audoin le Tors, Éditions du clocher
  • Les Faucons de la Maronne, Mon Premier Roman
  • Le Reflet, collection Stella, éditions de Montsouris, 1952 (sous le nom d’Andrée Vertiol)

6 réflexions sur “Brachet de lamenuze

  1. Ping : Paroisse – Seigneurie – Saint-Geyrac en Périgord !

  2. Ping : Gaillard Lacombe – Saint-Geyrac en Périgord !

  3. Ping : Les Maires de la Commune depuis 1790 – Saint-Geyrac en Périgord !

  4. Ping : Généalogie – Saint-Geyrac en Périgord !

  5. cramarégeas épouse catinel

    magnifique travail! je vais extraire quelques données pour compléter mon écrit sur Geneviève De Cezac, en indiquant votre site. Bravo et merci
    Claudine Catinel

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