Au recensement de 1921 de St Geyrac  Geneviève Brachet  de Lamenuze est notée « femme de lettres »

Geneviève de Lamenuze

Photo Bulletin SHAP 2017

Qui est Geneviève de Lamenuze ?   

Elle est née Charlotte Marie Marguerite de Cézac, le 18 octobre 1877  à Petit Vertiol commune de Saint Crépin d’Auberoche de Pierre-Gabriel-Paul-Marie-Hubert- Charles de Cézac  °04/04/1852 à Petit Vertiol et de Marie Marguerite Berthe Betgé de Lagarde âgée de 19 ans.

Son père P G P M H Charles de Cézac est fils du Vicomte Jules Armand de Cézac de Belcayre et de Marguerite Esther Marchier-Dumaine agriculteurs sur le domaine de Petit Vertiol.  Ils se sont mariés le 29/05/1844.

Les de Cézac de Belcayre sont une vieille famille de noblesse d’épée.

A la renaissance le château de Belcayre appartenait à la famille de Reilhac. C’est Madeleine de Reilhac qui l’apporta par mariage à Louis de Calvimont, chevalier seigneur du Cheylard. Leur fils Jean de Calvimont y vécut célibataire jusqu’à un âge très avancé.

Puis Belcayre passe des Calvimont aux Cézac, on ne sait trop comment. En 1789 Jean de Cézac Seigneur de Belcayre et coseigneur de Campagnac vote pour les Etats généraux.

La famille de Marguerite Esther Marchier-Dumaine

Depuis Louis XIV  on trouve à Vertiol une dynastie de maîtres chirurgiens.

Hélie Mespoulède est dit « du lieu de Vertiol », sa femme Marthe Dubois décède en 1675. Leur fils Raymond Mespoulède « maître chirurgien du lieu de Vertiol » fait un premier mariage à Blis et Born avec  Marguerite Laborde, il est veuf 10 ans plus tard et se remarie avec Marguerite Séguy. Il aura deux enfants :

  • Marie qui épouse vers 1720 Antoine Glane sieur de la Bessède
  • Elie maître chirurgien qui fera trois mariages:

Du premier avec Marie Fravière il aura un enfant, du deuxième avec Marie Pommeaux  il en aura 5 et du troisième avec Catherine Robert il en aura 2.

Catherine Mespoulède, sa petite fille issue de son mariage avec Marie Pommeaux épouse vers 1775 Jérôme Marchet sieur du Maine qui s’installe au Petit Vertiol.

De ce mariage naîtront deux enfants :

Hélène et Pierre qui transformera son nom pendant la Terreur en Marchier-Dumaine. Il deviendra Maire de St Crépin.

 Il épouse en premières noces, Henriette Lathoumétie † 1829, d’une famille de médecin d’Hautefort, dont il aura deux filles Marie °1818, Marguerite Esther ° 1821.

Il épouse en secondes noces Marguerite Boussinot dont il aura une fille, Marguerite °1831.

Il fera un troisième mariage avec Claire Charlotte Lacoste   Lagélie (sœur de Victorine) °1805 Bergerac et †1884 à Petit-Vertiol.

Pierre  meurt à Saint Crépin le 22/10/1858.

C’est Marguerite Esther qui restera à Petit-Vertiol. Elle meurt le 11 août 1885 à l’âge de 64 ans, au bourg d’Ajat.

Le recensement de 1881 de St Crépin  nous donne la composition de la maisonnée

.(Archives départementales de la Dordogne)

11 personnes vivent à Petit Vertiol

Nous avons vu qu’au recensement de  1921à St Geyrac, Geneviève de Lamenuze est notée « femme de lettres.« 

            En effet Geneviève de Cézac épouse du comte Pierre Brachet de Lamenuze  pratiquera cette activité de 1909 à 1948 avec un certain succès, sous deux pseudonymes ; Jean de Belcayre et Andrée Vertiol, on trouve aussi André Vertiol . On comprend les origines de ces pseudos….Elle ne publie pas sous son nom de naissance ou d’épouse mais comme la majorité des femmes écrivaines de l’époque sous un nom masculin.

Les premiers écrits se font avec Jean de Belcayre chez l’Editeur Henri GautierAu début de sa carrière  elle apparait dans « l’ouvrier » et dans « la veillées des chaumières » en1910 et 1911, puis dans « la semaine de Suzette » en 1946 et 1947.            

 De 1915 à 1919 elle écrit sous le pseudo d’Andrée Vertiol. De 1912 à 1914 Jean de Belcayre participe  au «journal Rose» de l’Editeur Tallandier et poursuit sa carrière auprès de Botterau et la Bonne Presse

Dès 1921, J de Belcayre collabore à « Lisette » et aux éditions du « Petit Echo de la Mode » devenu Editions   Montsouris. « C’est la collection idéale de romans pour la famille et pour les jeunes filles. Elle élève et distrait la pensée sans salir l’imagination. »

En 1925 Geneviève de Lamenuze devient sociétaire de la Société des gens de lettres, SGDL.  

Elle écrira « les mariages imprévus «  avec Angel Flory. C’est le pseudonyme de la baronne de Saint Angel, une parente par sa mère. 

En 1943 Madame de Lamenuze disait « qu’elle faisait partie de ces vieux ouvriers des lettres qui finissent dans le dénuement ».

 Le rapporteur de sa candidature à la SGDL écrivait en 1925 qu’elle était «  une bonne ouvrière dans un genre littéraire modeste mais auquel on ne peut refuser un public considérable. »

Philippe Rougier a écrit un texte  pour une conférence à Périgueux, ayant pour thème « Des ouvrières des lettres en Aquitaine entre Bordeaux et la Dordogne ». Ce texte a été  publié dans le BSHAP en 2017.

Les romans de Madame de Lamenuze sont qualifiés de « romans catholiques » ce que je confirme après la lecture de ceux que j’ai pu trouver sur internet. J’ajouterai même qu’ils véhiculent une certaine nostalgie de l’ancien régime et une méfiance pour la République.

 Ce type de roman s’est répandu grâce à la stratégie de l’Eglise catholique après la défaite de 1870 et la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Il s’adresse avant tout aux femmes et aux jeunes filles et la mission de répandre une « sainte morale » est confiée de façon caractéristique aux auteurs féminins. 

 « La méthode consiste à illustrer les valeurs catholiques au moyen d’histoires exemplaires plus ou moins vraisemblables où la vertu triomphe toujours

Les éditeurs fixaient les objectif : «  Il faut vulgariser le bien, la morale, l’esprit de sacrifice, le détachement de l’argent, la délicatesse de cœur et de conscience, l’habitude de la prière et de la réflexion. »

Chez madame de Lamenuze on trouve beaucoup d’évocation des lieux et des personnes qu’elle connaissait bien.

Dans « Lucile ou le silence de l’amour » qu’elle écrit en collaboration avec sa parente Angel Flory, la première partie se passe à Saint Geyrac.

 Certains  noms des personnages sont changés mais font référence à des gens connus : ainsi le bon docteur  se nomme Urbain Dilliac (référence au Docteur Urbain Gaillard Lacombe). D’autres restent tels les Dumaine à Saint Crépin, allusion à ses aïeux de la Chartreuse de Vertiol.

Les noms de lieux sont restés ou inter changés :

A la page 36 voici la description de la chartreuse de la Côte, appelé « le manoir de la Vidalie » :

 « Sur un coteau  plus élevé que celui de Lauzelie se dressait le manoir de la Vidalie .

C’était une maison longue  et sans étage de proportions harmonieuses avec un toit à la Mansard percé symétriquement d’œils-de-bœuf.

Chartreuse de la Côte 2013 photo J Galinat

On y accédait par une allée très droite plantée à gauche et à droite de pommiers.

La porte cochère s’ouvrait sous  un pigeonnier massif qui semblait garder la grande cour entièrement fermée des deux côtés par des bâtiments de servitude. »… « Une grande animation régnait dans la cuisine pavée de petits cailloux irréguliers enfoncés dans le sol, sans nulle prétention d’imiter la mosaïque. »

Chartreuse de la Côte 2013 photo J Galinat

P 125 et 126 voilà comment on raconte  l’enterrement du bon docteur :

«  les honneurs ne lui ont pas manqué…..six curés, douze enfants de chœur, des messieurs en veux tu en voilà….

 On lui a fait une belle cérémonie, le cloche a tinté durant une heure !

 Y avait longtemps qu’on n’avait pas vu un enterrement pareil. C’est seulement malheureux qu’on n’ait pas voulu le laisser dans l’église, sous les dalles de pierre, comme ses parents. Paraît que ça se fait plus ! Maintenant on ne veut plus des morts au milieu des vivants, sous prétexte que c’est malsain pour les fontaines. »

Elle a écrit environ une centaine  de romans pour adultes et des livres pour enfants. Elle eut un succès certain et quelques livres furent traduits en espagnol et en portugais. Des difficultés financières obligèrent le couple en mai 1929 à vendre  la Chartreuse de la Côte. C’est un antiquaire, Pierre Jean Marie Gabriel Raufast, demeurant à Paris qui l’acheta. « Les vendeurs se réservent leurs meubles meublants et objets mobiliers ainsi que les vitraux de la porte double du salon (il s’agit des blasons de la famille Brachet de Lamenuze) ; ils enlèveront le tout d’ici le sept mai prochain (1929) »

Il semble que le couple battit de l’aile… Madame de Lamenuze habita Périgueux et ensuite Bordeaux où elle séteignit en juillet 1955.

Pierre de lamenuze se retira chez son neveu Mr Roborel de Clément à l’Isle Saint Georges en Gironde. Il y décéda le 03/08/1939.

 Sur son acte de décès on ne dit pas qu’il est l’époux de Geneviève de Cézac alors que sur celui de Geneviève il est bien précisé qu’elle est veuve de Pierre.

Bibliographie partielle- Wikipédia

  • Le Prix du silence, 1914
  • Le Chemin du bonheur, Collection des Romans Populaires No 77 , 1917
  • Les Abymes, Hirt et Cie, 1920
  • Hors les griffes, 1921
  • Sur la brèche, 1922
  • Le Chemin du bonheur, Maison de la Bonne Presse, 1923
  • L’exil de Bénédicte, Maison de la Bonne Presse, 1923
  • L’Ombre tragique, 1926
  • Péchés d’Orgueil, 1927
  • La Lumière sur la route, 1928
  • La Ville bleueAlfred Mame, 1928
  • La Terre promiseAlfred Mame, 1928
  • Le Secret de la muette, 1929
  • Le Trésor du croisé, Mame, 1930
  • Jardins secrets, 1930
  • Le Filleul de Jehanne, 1931
  • Le roi des fourrures, 1933
  • En bourlinguantCollection Printemps, No 75, 1938 (lire en ligne) [archive]
  • Le choix de Reynald, 1938
  • Les trésors qui flambentCollection Printemps, No 266, 1939 (lire en ligne) [archive]
  • Le Choix de Reynald, 1941
  • Royaume à vendreCollection Printemps No 323, 1941
  • La Blanche Dame du soir, 1944
  • Les Liens brisés, 1946
  • Le jardin des chimères, Aubin, 1946
  • Rose et VioletteRose-Mousse, 1947
  • Les Orgueilleux Chantenay, Les Bonnes soirées, 1947 (sous le nom d’Andrée Vertiol)
  • La Princesse clair de lune, Collection « Pour la Jeunesse » No 40, 1947
  • Les Ruines de Castelfort, 1948
  • Mystères sous les cèdresLa Frégate No 21, 1948
  • L’Île aux cygnes, Libellule No 34, 1949
  • La Sonneuse de joies
  • La Maison de verreCollection Printemps No 289
  • La Roche qui flambe
  • Le Petit Chevalier
  • Le Rayon invisible, Éditions du clocher
  • Les Prisonniers du Pacifique, Éditions du clocher
  • Audoin le Tors, Éditions du clocher
  • Les Faucons de la Maronne, Mon Premier Roman
  • Le Reflet, collection Stella, éditions de Montsouris, 1952 (sous le nom d’Andrée Vertiol)

Quelques titres :

Une réflexion sur “Au recensement de 1921 de St Geyrac  Geneviève Brachet  de Lamenuze est notée « femme de lettres »

  1. Ping : IV Henri Bertrand Marie Pierre Brachet de Lamenuze – Saint-Geyrac en Périgord !

Laisser un commentaire