Reynaud Sieur de la Vidalie

Avant les Reynaud

Le plus ancien document qu’on peut trouver sur la Côte date de la fin du  XIIIème siècle.

Vital et Denarelle 1284

            Aux  Archives de la Dordogne on peut trouver un document important 2E 32, qui semble être le plus ancien que l’on possède sur la Cotte. C’est un parchemin en latin  muni de son sceau, daté du 2 septembre 1284 dont voici la traduction :

 « Géraud Vital fils de feu Pierre Vital, et Pierre Denarelle paroissiens de l’église de Saint Geyrac d’une part

            Et d’autre part Pierre d’Armagnac fils de feu Hélie d’Armagnac bourgeois du Puy Saint Front en son nom et celui de Bernard d’Armagnac de l’église de Milhac son oncle

Géraud et Pierre reconnaissent tenir des susdits Pierre et Bernard «un quartiet « (1/4) du dit mas La Cotte avec ses appartenances de l’église de Saint Geyrac.

            Pierre reconnait la moitié de l’autre  (1/4), paye 5 sous de monnaie et 5 sous d’acapte (1) à payer comme de coutume, 1 émine (2) d’avoine à la mesure de Périgueux ; ½ fête de Saint Etienne du mois d’août, ½ fête de Noël

Pierre paie ½  autre ¼, 6 sous et 6 deniers de cens ; ¼ d’avoine en mesure de Périgueux mêmes fêtes. 2 septembre 1284. »

  • 1 l’acapte :c’était un droit de mutation exigible lors de la mort du seigneur ou du censitaire
  • 2 émine : à l’époque médiévale, mesure de capacité en pierre, pour les grains- L’éminage est un droit seigneurial sur la vente des grains, aux halles notamment.

Desmaison, une famille de  La Douze

N’oublions pas qu’une bonne partie de Saint Geyrac appartiendra au Marquis de La Douze jusqu’en 1685.

            Un  document des Archives de la Dordogne 2E 1816/76, en date du : 3 juin 1637 nous dit que  le Sieur Jean Desmaison notaire royal habitant du marquisat de Ladouze est seigneur foncier direct et vrai propriétaire du repaire noble de La Cotte.

 Un repaire noble est un château, un manoir ou une maison fortifiée.

            Jean Desmaison   rend hommage au marquis, reçoit des éperons dorés et s’engage à être fidèle et à payer certains profits du fief : 7 quartons de froment ; 1 de seigle ; 4 des 3 avoines ; 3 sols d’argent ; 3 gélines.

            De son mariage avec Marguerite Boucher naîtront à la Douze :

  • Jehan Gabriel le 13/02/1630
  • Mathive le 18/08/1632
  • François le 17/12/1634
  • Gabriel le 02/01/1639

14 septembre 1671 à St Geyrac

Un acte de mariage attire l’attention : Noble François Arnal écuyer sieur du Chambon, habitant du lieu du Chambon paroisse de Montignac âgé de 38 ans, épouse Valentine de Bordes demoiselle, habitante du lieu de la Cotte paroisse de Saint Geyrac, âgée de 37 ans …….Il y a eu dispense de 2 bans, signée par le Vicaire Général de Périgueux.

Les témoins qui ont signé :

Messire Raymond Brassat du village des Bouyges paroisse de Rouffignac

Le Sieur Desmaisons lieutenant de la Douze.

Le sieur Boussat habitant St Geyrac.

Etat-civil de Saint Félix de Reilhac et de Saint Geyrac

Le 3 octobre 1673 pour le baptême à Saint Geyrac, d’Hélies fils d’Antoine Lacoste Sieur de La  Gélie , juge du marquisat de Ladouze, et de Galiotte Andrieux, les parents ont choisi pour marraine Louise Lacoste du village de la Cotte paroisse de Saint Geyrac.Ce baptême est curieux : il est enregistré deux fois deux fois.

une fois à Saint Geyrac :

« Le 3 octobre (1673) je soussigné ay baptisé Hélies Lacoste fils à Mr Antoine Lacoste juge de La Douze et à Galliotte Andrieux mariés habitant de la Gélie paroisse de Saint Félix nay le 24 septembre  ont été faits parrain et marraine  Hélies Andrieux  du bourg du Bugue et Louyse Lacoste du village de La Cotte paroisse de St Geyrat je fis ce baptême à  la place du Curé de Saint Félix qui est… … … … à se loger dans ces lieux s’étant accouchée la susdite Galliotte Andrieux à Saint Geyrac  y étant venue faire  baptiser

En foy de quoi ay signé Redon curé de Saint Geyrac « 

puis à Saint Félix

« Le 24 septembre 1673 naquit Hellies Lacoste fils naturel et légitime de Me  Anthoine Lacoste juge du marquisat de Ladouze et de Galliotte Andrieu et a été baptisé le 3 octobre an susdit dans l’église de Saint Geyrac par Monsieur Redon Curé dudit lieu sous signé et a été parrain Hellies Andrieu du bourg du Bugue et marraine Louize Lacoste habitante du village de La Cotte paroisse du-dit St Geyrat  Le dit Andrieux a signé et non Ladite Lacoste pour ne savoir  de ce en quoi par moy Redon curé de St Geyrat »

Galiote a voulu que son enfant soit baptisé à Saint Geyrac, pour cela elle devait y accoucher!

Voici le règlement qui régissait les actes de baptêmes.

 Le curé ne doit administrer le baptême que dans l’église de sa paroisse et à ceux qui y sont nés. Il ne doit point baptiser les paroissiens d’une autre paroisse sans la permission de leur curé. Si on présente à un curé des enfants qui ne soient pas de la paroisse, il doit les renvoyer à la leur, à moins d’une nécessité pressente. S’il est dans l’obligation de baptiser, alors il doit le faire (Concile de Narbone 1609). Mais l’inscription se fait aussi sur le registre de la paroisse de naissance. Les exceptions sont justifiées par des conditions de vie particulièrement dures.

Parrains et marraines : Bonnes mœurs et piété exigés-

Préséance familiale :

  • Le 1er enfant : parrain grand-père paternel et marraine grand-mère maternelle
  • 2ème enfant : parrain grand-père maternel et marraine grand-mère paternelle
  • puis oncles et tantes par le sang ou par alliance suivant le même droit d’aînesse
  • les frères et soeurs par ordre de naissance
  • les cousins et les cousines

le couple Gabriel Desmaison -Lacoste Lagélie

Le 9 juillet 1679 lors du baptême d’Izabeau filles d’Anthoine Lacoste sieur de Lagélie , juge au marquisat de La Douze, on trouve comme parrain : Gabriel Desmaisons lieutenant de la Douze habitant du lieu de la Cotte commune de Saint Geyrac.

Gabriel Desmaison a épousé Louise Lacoste.De ce mariage naîtront à La Douze

  • Jean le 22/12/1658
  • Pierre le 18/02/1667
  • Jehan le 03/04/1669
  • Marie le 26/04/1674

 La famille Desmaison  ayant droit de tombeaux dans l’église de La Douze., Gabriel y sera inhumé le 22/01/1682

Un des deux Jean le rejoindra à l’âge de 55 ans (c’est toujours environ …). Cela correspond à   Jean ° 22/12/1658. Marié à Jeanne Coutet  il a eu 4 garçons dont 3 ont pu être chacun le vendeur de la Cotte.

le couple Jean Desmaison –Coutet 

les enfants

  • Pierre né le 05/01/1712 -il avait 28 ans en 1740
  • Gabriel 1714/1715
  • Antoine né en 1717 -il avait 23 ans en 1740
  • Jean né en 1721- il avait 19 ans en 1740

Reynaud Sieur de la Vidalie, Sieur de Giverzat

 21 décembre 1740

Archives Départementales 2 E 1816/76-6

Joseph Reynaud Sieur de Giverzat Bourgeois de Périgueux achète « par contrat du 21 décembre 1740 du sieur Desmaison »le repaire noble de  La Cotte.

29 mars 1753, un document de Guillaume Delpy de Saint Geyrac nous apporte une précision : il indique que les Reynaud ont acheté à un Jean Desmaison…

A  St Geyrac il y a des Reynaud « au village de la Cotte » avant 1740.

On trouvera l’orthographe de Raynaud.

On a déclaré le décès de 2 Reynal  « du village de la Cotte »

Bertrand †21-12-1669 à l’âge de 20 ans il est noté « sieur de la Cotte » puis « du village de la Cotte ».

Jean Reynal Sieur de la Fouillouze † 6-13-1669 « du village de la Cotte »  fut enterré dans notre église dans la chapelle St Blaise (chapelle disparue) lieu du tombeau de la famille « par le sieur Curé  de Milhac »

            On trouve aussi un Pierre Raynaud °08-01-1681 à St Front  et fils de Charles Raynaud Sieur de la Vidalie Bourgeois (de Périgueux) et de Louyse Claire de Esclafer. Il a pour parrain Pierre de Raynaud et marraine Thoinette de Raynaud. Pierre décèdera à St Geyrac le 17-03-1681.

1735

Le 10 octobre : baptême de Julienne,  fille d’Hélie Reynaud Sieur de Giverzat et de Jeanne de Lapouge. Il s’agit de Joseph   renommé Hélie.

1738

24 décembre : † de Julienne Reynaud  fille de Joseph.3 ans, « ledit enterrement a été fait dans l’église » de Saint Geyrac

28 décembre : † de Joseph 15 j fils de Joseph, enterré dans l’église et dans la chapelle Notre Dame.

Après l’achat du 21/12/1740

Joseph Reynaud Sieur de Giverzat, Sieur de la Vidalie

°ca 1705 (St Front ?) † 21-12-1760 à SG à l’âge de 55 ans.

18 février 1757 Archives Départementales 2 E 1816/76-6

            Une « aimable contestation » éclate entre Guillaume Delpy de Saint Geyrac et Joseph Reynaud au sujet du droit de chasse. Le jugement sera rendu en mai.

17 mai 1757 Archives Départementales  2 E 1816/76-6

            « Nous messire Guillaume Delpit, seigneur de Saint Geyrac et autres, habitant son château de Saint Geyrac d’une part et Joseph Reynaud , sieur de Giverzat, bourgeois de Périgueux habitant actuellement le repaire de la Cotte, paroisse de Saint Geyrac d’autre  pour terminer à l’amiable les contestations sur lesquelles nous étions sur le point d’entrer……».

             Il s’agit du jugement des avocats de ces deux messieurs  à l’occasion des affaires survenues entre Guillaume Delpit et Joseph Reynaud sieur de Giverzat et de la Vidalie pour le « droit de chasse et les fiefs de la métairie de la Cotte » que le sieur de Giverzat aurait acquis de Desmaison de Ladouze.

Jugement : Le Sieur de Giverzat doit l’hommage dudit fief au Seigneur de Saint Geyrac. Il a le droit de chasse

           Joseph Reynaud   a épousé Jeanne Lapouge.

Ils auront 6 enfants tous nés à St Geyrac 

  • François ° ca 1729 qui va suivre et † 03/10/1802 à Saint Geyrac
  • Julienne °10/10/1735 et †le24//12/ 1738 à Saint Geyrac
  • Marie °18/08/1737 et † 04/12/1796 à Saint Geyrac-elle était religieuse
  • Joseph ° ? † 28/12/1738inhumé dans la chapelle Notre Dame de notre église.
  • Catherine °20/02/1741
  • Jeanne °07/11/1742

François Reynaud Sieur de la Vidalie Sieur de Giverzat

°  ca 1729 et †Saint G eyrac03-10-1802.

Le 18-07- 1763 on trouve sur les registres de St Front un acte de consentement pour délocaliser son mariage à Preyssac . Son épouse est Anne Charles-Preyssard .

L’acte de mariage se trouve donc à Preyssac ancien nom de la Commune de Château Lévêque à la date du 19 juillet 1763.

On y apprend que François est avocat en la cours et bourgeois de la ville de Périgueux.

François  sera notre premier Maire ; il sera nommé en janvier 1790.

          Dans la série des AD 2 E 1816/76  on trouve un document attaché à la copie de l’hommage du sieur Jean Desmaison.

            Le marquis de La Douze fit présenter les deux documents  à « François Reynaud, sieur de la Vidalie, avocat à la cour, bourgeois de Périgueux, habitant la paroisse de Saint Front   à son domicile de La Cotte le 19 décembre 1770 ,lui demandant de régler « certains profits des fiefs » et » de lui faire hommage » .

Pourquoi cette requête ?

Le marquis de La Douze se réfèrait au document des son ancêtre Charles de La Douze en date du 3 juin 1737. Il estimait que les actuels propriétaires de La Cotte devaient se plier aux promesses faites par Jean Desmaison le 3 juin 1737 à l’issue de l’hommage et lui payer les profits du fief.

François Reynaud dû faire appel à « Guillaume Delpy , chevalier, seigneur de Saint Geyrac » pour démêler l’affaire. On arriva aux conclusions suivantes : François Reynaud payait des rentes à Guillaume Delpy, il ne pouvait les payer à deux seigneurs à la fois!!

Voici quelques renseignements trouvés sur les derniers membres de cette famille Raynaud :

Joseph †1760 SG est enterré dans sa chapelle (Celle de St Blaise)

Après 1790 on n’enterre plus dans l’église !

Le 16-04-1800, c’est un enfant de 10 jours Etienne fils de François qui rend l’âme.

Le 03/10/1802 c’est François Reynaud  Lavidalie, 73 ans, qui décède il est noté « homme de loi ».

 Après lui plus de trace de la famille, on ne sait pas qui a vendu au propriétaire suivant.

Vitraux de l’église de St Geyrac

En 1626, lors d’une visite canonique, notre église est dans un état lamentable.

En 1688, lors d’une autre visite le sanctuaire est en assez bon état mais pas vitré

Les vitraux ont été restaurés en 1991 grâce à un don anonyme.

Les plus anciens XIXème

Les plus récents XXème

Saint Christophe offert  en 1900 par la famille de Saleneuve (Desmaison de la Taleyrandie)

Saint Joseph offert en 1900  par les familles Vizerie-Millet

Les familles Vizerie- Millet

Joseph Marie François Auguste Laurent Millet achète une propriété sise à Leyssioutet, à Jean Chinour et son épouse Catherine Cruvelier(1) , le 14 juin 1900. C’est cette année 1900 que Joseph Millet et son épouse née Vizerie firent don du vitrail à l’église.

J Millet est Lieutenant au 14ème RI en garnison à Brive . Il est né le 09/10/1865 à Nyons . Il a épousé le 09/10/1892 à Issigeac, Marie Marthe Thérèse Vizerie .

J Millet décède le 17/02/1908 à Brive. Il a fait un testament en faveur de sa femme le 14/11/1895 à Issigeac. Ce testament est accepté par les seuls héritiers réservataires qui sont les parents du défunt.

Cette propriété a été louée en 1911 à Louis François  Sarlandie de la Robertie 1873/1948. Il est le fils de Joseph Georges avant-dernier enfant du couple Guillaume Prosper Sarlandie de la Robertie et Marie Victorine Lacoste Lagélie. Louis François achète  en 1919 le château de la Pommerie à Cendrieux et s’y retire. Il le vend en 1947 à la famille de Mr de Witt descendant du plus jeune frère de Napoléon Ier, Jérôme Bonaparte 1784/1860. Cette famille  en fera un  magnifique musée à la gloire de Napoléon 1er.

Madame Millet vendra ce bien le 28/04/1914 à Jean Augustin Théodore qui sera maire de Saint Geyrac de 1926 à1932.

(1) Catherine Cruvelier ou Crubidier (1831- 1907) épouse en 1859 Sicaire Lacoste. Ils sont les ancêtres de la famille Duvaleix. Veuve en 1871, Catherine épouse Jean Chinour en 1873.

Saint Paul  offert en 1914 par le curé de la paroisse  M P(Paul) L Curé

Sainte Antonia  offert en 1900 à la mémoire de  Marie Antoinette Foulcon Peyly née de Vassal-Rignac (Lauzelie) † 07/02/1900 à Paris

Transformations de l’église au cours des ans

Le christianisme est une religion de la ville. Il n’y a pas d’éléments qui permettent de dater son établissement dans les campagnes jusqu’à l’époque mérovingienne.

On peut penser qu’à partir du VIème siècle, mais plus sûrement  du Xème une église a été construite, mais aucun document ne permet de l’affirmer.

De l’église primitive il reste peu de chose, l’ensemble ayant été remonté et un bas côté ajouté au XIVème siècle.

La plus ancienne mention de l’église remonte au XIIIème siècle : une petite charte de 1263 qui contient « une donation par Arnaud de Bosville sieur de Miremont à l’église de Sengeyrac et au chapelain d’icelle Raymond de Carpinel, de tous ses droits sur ladite paroisse ». Les deux fils du donateur, Arnaud, Archidiacre de Périgueux et de la même église de Sengeyrac et Gaillard (son autre fils) comparaissent dans l’acte et le ratifient. ( BSHAP n°9 p 428)

La paroisse fut unie au chapitre de Saint-Front en 1276.

La paroisse appartenait à deux familles distinctes, les Vals de Périgueux et les Reilhac Barrière. Ce sont les Reilhac  Barrière qui possédaient le bourg et l’église.

Les biens des Vals arriveront dans la famille d’Abzac par l’intermédiaire de Guillemette de Boniface veuve de Pierre Vals et son unique  héritière après le décès en bas âge de leur fils Bozon, et son remariage avec Adhémar d’Abzac à qui elle fera la donation de tous ses biens en 1394.

Ils auront 6 enfants.

L’aîné Olivier d’Abzac de Ladouze épouse le 28 mars 1400, à Notre Dame de Sanilhac, Jeanne de Barrière de Reilhac en Périgord,  fille d’Amalric de Barrière,   chevalier seigneur de Reilhac et de Périgueux ( °1340 †1402), et de Huguette de Guerre (°1345 † ? ).

C’est ce mariage qui apportera aux d’Abzac les biens des Reilhac dans la paroisse de Saint Geyrac dont l’église. Pour se faire accepter de la population Olivier d’Abzac en profitera pour la  rénover et elle perdra son caractère roman. Il y ajoutera ses nouvelles armoiries.

l’Abbé Brugière  nous les  signalera en 1890 lors de sa visite. Il en fera le relevé et consignera dans ses chroniques « Armoiries à l’église de Saint Geyrac (d’Abzac et Barrière) relevées le 27 février 1890 sur une pierre de l’église à l’extérieur de l’abside » puis les « émaux ne sont pas marqués ». Plus haut dans sa description il avait noté « A l’angle N E extérieur au chevet de l’église on remarque à 3 ou 4 m de hauteur les armoiries sculptées des familles d’Abzac de Barrière» (Archives de l’Evêché)

En 1905, Léonard Béchade fait une communication sur  Saint Geyrac, au premier congrès de la société Préhistorique de France à Périgueux. Sur le recueil de ce premier congrés,  on trouve une note sur les armoiries qu’il a pu observer sur le chevet extérieur de l’église. Il écrit ceci :

« On a discuté pour savoir si les trois léopards ont figuré dès le principe des armes des D’Abzac. Les personnes (qui se rendraient à Saint Geyrac), pourront si l’art héraldique les intéressent, observer au chevet de l’église romane de Saint Geyrac le blason des d’Abzac, gravé sur une pierre de taille en saillie. Or, les trois léopards manquent ; la construction de l’église datant du XIIe ou du XIIIe siècle, il me semble logique de conclure ainsi : cette addition aux armes premières des d’Abzac, de ces emblèmes d’origine évidemment britannique, a dû se produire pendant la guerre de cent ans, lorsque les d’Abzac possesseurs de fiefs en Guyenne avaient pour suzerain le roi d’Angleterre »

En 1906 dans le « Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et scientifiques » il fait une nouvelle communication à ce sujet, l’éditeur placera par erreur  Saint Geyrac dans le « Lot ».

La guerre de 100 ans a duré de 1337 à 1453. « Le 11 décembre 1407 Adhémar frère de Guinot d’Abzac, envoie prévenir les maires et consuls de Périgueux qu’un groupe d’Anglais au nombre de 400 chevaux et plus, est dans le pays et cherche à s’emparer d’une place…. »

Voilà ce qui peut nous donner une idée  de la date d’ajout des léopards de Guyenne.

Notre église en 1626

Une visite est faite par Monseigneur de la Béraudière : le verdict est sans appel

Notre église est dans un état lamentable!

On aurait pu croire à une amélioration? Non! Pourquoi?

Les temps sont troublés par la Fronde, l’organisation financière de l’Eglise est déplorable: l’argent est perçu par les gros décimateurs, le vicaire a « la portion congrue ».

Le 24 avril 1685, les d’Abzac se séparent de leurs possessions sur la paroisse, dont l’église, et les vendent à Jacques Delpy, écuyer, Conseiller du Roi, receveur des tailles en l’élection de Périgueux.

Cette famille les conservera jusqu’à la Révolution.

1688

Notre église propriété de Jacques Delpy de Saint Geyrac

Monseigneur Boux ordonne le 04/05/1688 une visite canonique du diocèse de Périgueux dans 422 paroisses. On commence en octobre 1688, dans le but d’établir un état général des lieux et des choses consacrées au culte : église, presbytères, cimetière, mobilier d’église.

Les résultats recueillis sont mis sous forme d’un petit cahier de 40 feuillets. Voici ce qu’on trouve pour Saint Geyrac : « Jean Bourbouze vicaire perpétuel. Custode de cuivre, porte-Dieu et calice d’argent, soleil d’estain. Le sanctuaire vouté, pavé, blanchy, non vitré. Chapelle mal en ordre, appartenant à Jean Reynaud, praticien ; autre de mesme appartenant aux Brassac ; autre de mesme de Jean Montayaud ; autre au Sieur de la Vidalie, idem. Y a maison et jardin et scindiqs. Le chapitre est général et décimateur »

Le XIXème et le XXème apporteront leurs lots de travaux, sans modification.

Travaux  exécutés au XIXème et au XXème  et XXIème

 Registres du Conseil Municipal et Archives Départementales

1840     Un arrêté annonce une adjudication pour la construction du mur de soutènement et l’aménagement de la place devant l’entrée.

1842     On parle de travaux de « couverture, pavé, nouvelle chaire », mais aussi de poursuites judiciaires. Mr Brassat-Lapeyrière est décédé faisant un leg de 50f pour les travaux de l’église et son héritier ne l’a pas versé !           

1881    Réparation des volets du clocher qui sont tombés, et du contrefort à gauche du portail.

1882     Un incendie détruit « l’autel placé à droite » mais la Commune est assurée.

1885     Plans et devis pour refaire la sacristie et le dallage du chœur 2340F de travaux, financés par une souscription dans la Commune.

1886    Demande d’ouverture dans le mur du chevet : demande  accordée

1887     un orage dans la nuit du 15 au 16 août a fortement endommagé la toiture, des réparations   s’imposent.

XXème

1953     travaux urgents sur les contreforts du clocher et les dalles à l’intérieur.

1980 -1990  consolidation du mur de soutènement le long de la D6, maçonnerie intérieure et extérieure de l’église, couverture du clocher, porte d’accès au clocher, abat-sons, porte  d’entrée, restauration des vitraux.

XXIème

2011     Réfection et réinstallation de la grille du chœur (H C P R)

2013     Réfection de la sacristie (Commune et H C P R)

Tableau de J Duss représentant l’intérieur de l’église en 1940. On y remarque la chaire qui a été déposée et attend une restauration.

8 ans loin de sa famille et de la ferme familiale !

Né en 1901, Auguste Beau est mobilisé dès la déclaration de la guerre,  le 1er septembre 1939. Il est affecté au 201e régiment d’artillerie.

L’Allemagne envahit la France le 18 mai 1940 et c’est la déroute de l’armée française. Auguste est fait prisonnier à Epinal (Vosges) le 21 juin 1940 ; il est envoyé en Allemagne dans un camp de prisonniers : le stalag XIII A, près de Nuremberg.

Il ne sera rapatrié en France  que le 18 mai 1945.

Les échanges de courriers durant la captivité étaient extrêmement « réglementés » par l’administration du Reich

Courrier d’Auguste à son épouse Léa du 14 mars 1943 :

Transcription du courrier :

Chère Léa,

Je vous écris 2 mots pour vous donner de mes nouvelles, qui sont toujours bonnes.

Chère Léa, je peux te dire que j’ai reçu tes 2 lettres qui m’ont fait grand plaisir, que vous êtes toujours en bonne santé.

Je vous embrasse tous de grand cœur.

Auguste

Une réponse de Léa datée du 9 janvier 1943 :

Cher Auguste,

Je m’empresse de répondre à ta lettre du 5 novembre. Elle nous fait grand plaisir de te savoir toujours en bonne santé. Pour nous, ça va toujours à peu près,  cher Auguste. Tu me dis que tu ne reçois pas de nouvelles. Peut-être bien. Je ne t’écris pas souvent ; il n’en vaut pas la peine, puisque tu ne les reçois pas.

Je vais bien. Que tu dois trouver le temps long pour ne recevoir ni lettre ni colis. Enfin, ne te décourage pas. Moi aussi je m’embête bien, car pour faire le travail, ton père n’est plus comme avant la guerre ; il ne comprend plus le travail. Enfin, c’est comme ça : la vie est triste. Je te souhaite la bonne année, de bien loin ; je t’embrasse bien fort.

 Léa

Précisions : Auguste avait déjà été convoqué par l’armée française  en avril 1921, après la fin de la guerre de 14-18, dans le cadre de l’occupation de la Rhénanie en Allemagne. Il y restera jusqu’au 30 mai 1923.

Globalement, donc, 8 ans loin de sa famille et de sa ferme familiale.

L’année 1944 à St Geyrac racontée par l’instituteur

Le 4 octobre 1944, l’instituteur, M. Roger Cousty, fait le récit des événements qui se sont produits à St Geyrac pendant l’année de guerre 1944. Ce texte manuscrit est tiré des archives de Josette Galinat.

Pour mieux comprendre ce récit quelques précisions et la transcription de ce témoignage sont apportées à la fin document.

Pour lire un premier commentaire: cliquez ici

N’hésitez pas à nous faire parvenir le vôtre à l’adresse: cis24.association@gmail.com

Des précisions apportées par Jean Duvaleix :

  • Les détachements  » Hercule » et  » Gardette  » étaient des groupes de résistants liés au mouvement FTP (Francs-Tireurs et Partisans).
  • La division Brehmer a été constituée à partir de mars 1944 pour réduire par tous les moyens les forces du maquis dans le département, pour décourager le soutien de la population à la résistance, pour arrêter les juifs non encore déportés.
  • Les GMR, Groupe Mobile de Réserve, unités paramilitaires créées par le gouvernement de Vichy, ont participé à la lutte contre la résistance sous l’autorité de l’armée allemande.
  • L’instituteur, M. Roger Cousty, remplaçait M. Paris, titulaire du poste, prisonnier de guerre en Allemagne.

Transcription du témoignage

Cette photo mise en avant à la tête de l’article a été prise par le photographe Louis Delmarès:

Rouffignac incendié par les Allemands le 31 mars 1944 – Les ruines – Grand’Rue